La flexisécurité, une arme (fatale) anti-chômage ?

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Alors que la négociation sur l'emploi est en passe de se terminer, selon une étude à paraître réalisée par le cabinet de consultants Roland Berger, il existe une corrélation forte entre le niveau de flexi-sécurité et le taux de chômage". Selon cette étude, la France est le seul pays a ne pas voir vraiment se flexibiliser son marché du travail depuis 20 ans. Le cabinet propose des axes de flexibilité interne et externe.

C'est le sujet du moment. Alors que les partenaires sociaux devraient conclure (ou échouer à conclure), au plus tard demain vendredi 11 janvier, un accord sur l'emploi donnant davantage de flexibilité aux entreprises tout en sécurisant certains aspects de l'emploi, le cabinet de consultants Roland Berger est en passe de finaliser une analyse sur le marché de l'emploi. Cette étude, qui sera publiée d'ici la fin janvier, met en évidence "une corrélation de plus en plus forte entre niveau de flexisécurité et taux de chômage dans les différents pays", selon Dominique Gautier, Senior Partner chez Roland Berger et co-responsable de l'étude.

Quasiment tous les pays ont flexibilisé leur marché du travail... sauf la France

Selon les conclusions de cette analyse , "sur les 20 dernières années, tous nos voisins européens ont fait évoluer substantiellement leur modèle de marché du travail. Tous ont davantage flexibilisé les contrats de travail. La très grande majorité a amélioré le niveau de sécurité des parcours professionnels en augmentant les dépenses publiques pour l'emploi (active et passive). Seules la Suède, l'Allemagne et la Finlande ont réduit le niveau de sécurité pour revenir à un niveau comparable à la France. Les pays anglo-saxons (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni) restent dans un modèle à très fort niveau de flexibilité".

Quant à la France, selon l'analyse de Roland Berger, elle semble atypique dans ce mouvement d'adaptation du marché du travail, en restant immobile, tant sur la flexibilité que sur la sécurité L'indice de flexisécurité conçu par Roland Berger (un indice composite qui tient compte de divers éléments permettant tant une flexibilité du travail qu'une certaine sécurité de l'emploi) montre que la France se situe maintenant dans le bas du tableau, rattrapée par l'Espagne, le Portugal et dépassée par l'Italie. Pour le cabinet Roland Berger, il est impératif de "préparer la flexibilisation des contrats de travail en 2013 pour une mise en oeuvre lorsque l'économie française repartira fin 2013 / début 2014. L'objectif est d'encourager les entreprises à recruter plus fort et plus vite au moment de la reprise".

Pour ce faire, le cabinet émet des propositions pour développer à la fois la flexibilité interne (recours au temps partiel, facilité la mobilité professionnelle et géographique des salariés, meilleur recours au chômage partiel, etc.) et la flexibilité externe, de manière à accélérer les mouvements d'entrées-sorties dans l'entreprise pour réduire l'exclusion du marché du travail d'une part de la population en chômage de longue durée). A cet égard, l'étude constate qu'il y a 40% de rotation en plus de la part des salariés dans les pays à forte flexi-sécurité.

Accroître le nombre de demandeurs d'emploi en formation

L'étude propose aussi de "maintenir le niveau de sécurité (dépenses publiques pour l'emploi par chômeurs), en réorientant, dès 2013, une partie significative des dépenses passives pour l'emploi (ex : indemnisation chômage) vers les politiques actives pour l'emploi (ex : formation professionnelle, aide à la création et à la reprise d'entreprise, ...). L'objectif est de rendre plus efficace la mise en ?uvre de la politique pour l'emploi en augmentant significativement le nombre de chômeurs bénéficiaires d'une formation".

A cet égard,  parmi les pistes préconisées figure notamment le retour à une certaine dégressivité des allocations chômage après X mois d'indemnisation "pour inciter, encourager et responsabiliser les chômeurs". Il conviendrait aussi que les pouvoirs publics musclent la formation professionnelle des demandeurs d'emploi. Ainsi, le cabinet de consultants propose qu'à l'issue d'un bilan de compétences, les demandeurs d'emploi aient le choix entre soit une indemnisation chômage classique, soit une véritable formation professionnelle de plusieurs mois (avec des périodes en entreprise) accompagnée d'une indemnisation moins élevée.

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a écrit le 12/01/2013 à 6:46 :
Une mesure immédiatement efficace serait d'autoriser les pays déficitaires de l'Union Monétaire a introduire une TVA différentielle ; élevée pour les produits importés (25%) et réduite pour les produits locaux (15%), ceci devrait freiner les importations en provenance de pays comme la Chine, l'Allemagne, la Corée et autres pays excédentaires et encourager les entreprises à investir dans les pays déficitaires pour ne pas perdre ces marchés. - - Cette TVA différentielle ne serait autorisée que tant qu'il y a déficit de la balance commerciale. Il n'y a aucune raison pour qu'une voiture de luxe pour le directeur de banque madrilène soit construite en Allemagne par des Allemands et non pas en Espagne par des Espagnols. - - Grâce cette règle de la TVA différentielle et les investissements dans les pays déficitaires qui en suivraient, le chômage des jeunes (plus de 50%) devrait être rapidement réduits dans ces pays. Tout déficit équivaut à une fuite de capital, à une augmentation des dépenses sociales tel allocations chômage, à une diminutions des recettes fiscales du pays, puisque les chômeurs par définition ne payent ni impôts sur le revenu salaire, ni cotisations sociales, d'où déficit budgétaire. - - La campagne de dénigrement contre les pays déficitaires, savamment orchestrée par les médias à la solde du gros capital, ayant pour bût de faire porter le chapeau par les victimes du système "Euro" tel qu'il est. C'est à dire qu'il avantage les pays les plus fort économiquement (un paradoxe selon moi) ce qui renforce les divergences économiques internes de l'Union.
a écrit le 11/01/2013 à 17:31 :
Ok, alors on passe à la flexisécurité. Et comment j'argumente le jour ou je dois négocier un prêt pour accéder à la propriété? Si plus aucun emploi n'est solide pérenne on sera tous des mauvais payeurs en puissance, autant pour les locataires que pour les futur-propriétaires. ça va être pratique pour faire des projets d'avenir tiens.
a écrit le 11/01/2013 à 12:26 :
redit aussi ailleurs, les pays qui sont souples ont peu de chômage, l'autriche a supprimé toute contrainte au licenciement et a 4% de chômage, et les pays qui croient sécuriser l'emploi par des artifices contraires aux besoin des entreprise ont un chômage élevé. C'est évident, il faut écouter les patrons de pme pour savoir de quoi ils ont besoin, et non décider "ce qui est bon pour eux" par des administratifs qui ne connaissent rien au monde des entreprises. ce sont les entreprises qui créent l'emploi et la richesse, pas les administratifs
Réponse de le 11/01/2013 à 14:49 :
Vous oubliez juste que ce taux masque en réalité une explosion des contrats "précaires et atypiques"...Et c'est le cas dans tous les pays riches d'Europe que l'on nous présente comme des modèles.
Le chômage est totalement déguisé comme en Allemagne ( 12 millions de pauvres et plus de 25% de contrats précaires) ou dans la majorité des pays scandinaves. Le super modèle de la flexisécurité, à savoir le Danemark, se retrouve lui-même piégé dans un système qui montre de plus en plus ses limites même si le gouvernement de ce pays vient de relancer le principe moyennant des investissements très importants dont le succès n'est pas du tout garantie.
Je m'amuse également de la situation des Pays-Bas ou l'an dernier s'est opérée une chute spectaculaire et folle du nombre de CDI (du jamais vu).
Et je rigole lorsque je vois le modèle Suédois tant venté se retrouvé parmi les pays riches ou les inégalités sociales sont parmi les plus importantes en Europe.
Le résultat est la dégradation des services publics de l'éducation et de la santé (les dépenses d'éducation sont aujourd'hui à la charge des communes) et seules les communes riches peuvent s'en sortir...Le résultat social est tellement pathétique que le pays se retrouve à des niveaux d'inégalités historiques. La hausse est nettement visible au travers du coefficient de Gini. Même la hausse de la concentration des richesses dans les mains des 10% les plus riches est en nette hausse par rapport aux années 1980.
La seule recette que ces messieurs dames proposent c'est la "précarité" !
a écrit le 11/01/2013 à 11:28 :

N'importe qui peut créer un indice composite pour faire dire exactement le contraire de cette étude.Il suffit de privilégier certains éléments dans le calcul. Un indice composite n'est jamais objectif.
a écrit le 11/01/2013 à 8:41 :
La flexi-sécurité encore un mot valise pour habiller le bébé....dumping social pour tous et salaire horaire à 3E comme en Allemagne pour les travailleurs très flexibles....n'ayant pas la chance de travailler dans des grandes entreprises!!!!
Réponse de le 11/01/2013 à 14:38 :
Absolument. Lorsque l'on se réfère au phénomène du "chômage" et à ses chiffres en particulier, on ne parle jamais de 2 problèmes qui sont "cachés" derrière : 1) les chiffres du chômage sont les chiffres officiels, jamais les chiffres réels. Et plus les critères pour être retenu dans le système sont sévères, plus les chiffres officiels sont bas ... et plus le chômage réel est élevé. Exemple la Grande-Bretagne et son soit disant modèle avant la crise. Il y avait des gens cherchant du travail mais refusant d'entrer dans le système des petits boulots, qui de fait étaient automatiquement sortis des chiffres du chômage ! 2) avoir un boulot n'est pas tout, encore faut-il avoir les moyens d'en vivre. Ainsi, il semblerait que l'Allemagne et son fabuleux système ait moins de chômeurs que la France ... mais plus de pauvres et en particulier de travailleurs pauvres (enfin d'esclaves du système, quoi !). A quand la fin de l'hypocrisie ?!
Réponse de le 11/01/2013 à 14:47 :
ah bon ? tu donnes 500e au dépanneur qui vient à la maison et t'en demande 300 parce qu'il a bac +4 ? ce ne sont que les clients qui votent pour la précarité, la délocalisation des entreprises... en achetant chinois, low cost.... les entreprises ne font que répondre aux attentes du consommateur. si le consommateur achète français, il y aura de l'emploi en france, mais chacun achète chinois mais vote socialo pour se donner bonne conscience et donner des leçons aux autres, accuser les entreprises... la vie n'est pas un long fleuve tranquille sauf pour les politiques et ls fonctionnaires, on n'a que ce qu'on mérite
a écrit le 11/01/2013 à 7:45 :
Ça sert à rien !
a écrit le 11/01/2013 à 1:53 :
En clair, toujours plus de liberalisation, deregulation, de pauperisation, d accroisselent de la precarité, de recul de l etat de droit..se mettre dans la main mise de nos nouveaux seigneurs, les patrons et leurs actionnaires.. se mettre au service de l economie alors qu elle devrait etre a notre service...
a écrit le 11/01/2013 à 0:12 :
si c'est l'Etat qui assure financièrement la flexibilité c'est tout bénéf pour le MEDEF. Et est ce que vous croyez sérieusement q 'un salarier se sachant sur un siège éjectable puisse être loyal vis à vis de son entreprise (culture d'entreprise mon cul oui) ou de l'Etat qui ne lui apporte plus de protection, parce que financièrement il ne pourra pas assumer ? J 'en doute
a écrit le 10/01/2013 à 22:34 :
2 fautes d'orthographe dans un texte aussi court, il y a effectivement un besoin urgent de formation professionnelle à La Tribune.
a écrit le 10/01/2013 à 22:15 :
Avant que la CGT et le MEDEF se mettent d'accord alors qu'ils sont tous les deux aussi retrogrades et englués dans leur lutte des classes façon 18ieme siecle ... On aura changé de siècle.
a écrit le 10/01/2013 à 19:27 :
Les Centrales Syndicales en France devraient s'inspirer de leurs collegues en Allemagne pour trouver des pistes d'amelioration dans leur mode de fonctionnement avec les Entreprises au lieu de rester bloquer sur de vieux mode d'actions.
Réponse de le 11/01/2013 à 10:00 :
Certes, mais il faut alors qu'il y ait de syndicats dans toutes les entreprises...Ce que ne sont pas prêts à accepter les patrons français qui pensent encore comme au XIXème siècle...
Réponse de le 11/01/2013 à 10:00 :
Certes, mais il faut alors qu'il y ait de syndicats dans toutes les entreprises...Ce que ne sont pas prêts à accepter les patrons français qui pensent encore comme au XIXème siècle...
Réponse de le 11/01/2013 à 11:13 :
Généralement les syndicats ne prennent pas comme modèle un pays où le salaire minimum n'existe pas .
a écrit le 10/01/2013 à 18:38 :
En attendant l'arbitrage des partenaires sociaux sur le niveau de sécurisation / flexibilité des relations contractuelles du travail, Isodev recrute ! Cette année, pour accompagner son récent lancement, la société, née d'entrepreneurs pour soutenir le financement des PME, étoffe ses équipes.
Découvrez les offres sur http://isodev.fr/carrieres/nos-offres/
a écrit le 10/01/2013 à 18:18 :
C est impensable que les syndicats cherchent à acquérir de nouveaux avantages sociaux pour ceux qui ont un emploi au lieu de s occuper des sans emploi
Honte à la CGT ET à FORCE OUVRIÈRE les syndicats de la fonction publique avec leurs titulaires à vie
Réponse de le 10/01/2013 à 19:07 :
DE nouveaux avantages ou plutôt d'en faire perdre. Opposer les sans emploi aux titulairex d'un CDI relève de la mauvaise foi ou bien d'une méconnaissance totale du milieu du travail !
Réponse de le 10/01/2013 à 22:06 :
Des lors que l'on "partage" ... il y en qui en auront moins ! Faut-il que ce soient les sans emploi ????

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