L'accord sur l'emploi salué comme un succès (relatif) dans les médias étrangers

 |   |  592  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : Reuters)
Le compromis sur le marché du travail en France n'est pas totalement passé inaperçu dans la presse étrangère. Pour ces médias à la tendance plutôt libéral, cet accord serait plutôt un succès. Revue de presse économique.

Au "forceps", "à l'arraché", "in extremis"... dans les médias français les qualificatifs associés au compromis sur la réforme du marché de l'emploi conclu vendredi soir par le patronat et la plupart des syndicats (sauf FO et CGT) traduisent les difficultés rencontrées pour aboutir à un accord sur la "flexisécurité". A l'étranger, ce dernier fait aussi parler de lui. Certes, bien moins que l'intervention militaire au Mali lancée au même moment, ou que la mort d'un otage français en Somalie. Il a toutefois suscité quelques commentaires plutôt laudateurs dans la presse chez les principaux partenaires économiques du pays. Même s'il faut encore un projet de loi puis un vote pour que cet accord se traduise concrètement, il est déjà présenté comme un relatif succès pour François Hollande et son gouvernement. Rapide tour d'horizon. 

Un "grand succès pour le gouvernement"

En Allemagne, le Handelsblatt décrit ce compromis comme un "grand succès" et ce, "non seulement pour l'économie française mais aussi pour le gouvernement".  Le quotidien économique pointe en particulier les mesures visant à permettre aux entreprises de jouer sur la durée du travail ou les rémunérations pendant une durée de deux ans en cas de difficultés. Des conditions qui se rapprochent des celles qui existent outre-Rhin où les entreprises peuvent pratiquer le "Kurtzarbeit", sorte de chômage partiel. L'assouplissement des conditions pour restructurer une entreprise sont également considérées comme un point favorable pour les entreprises. Côté salarié, c'est surtout les dispositions relatives à la santé ainsi que la taxation des contrats courts qui est saluée. 

Hollande a "suivi le modèle allemand"

De son côté, le quotidien Die Zeit, un peu moins enthousiaste, tacle les deux syndicats qui rejettent cet accord. Il "a sans doute été un grand soulagement pour François Hollande", est-il écrit dans l'article publié sur son site internet. Mais le résultat n'en resterait pas moins "empoisonné" dans la mesure où seuls trois syndicats sur cinq l'ont validé. Sur la méthode, Die Zeit relève que le président français a choisit se "suivre le modèle allemand" en réunissant syndicat et patronat autour d'une table. Mais, selon le quotidien, FO et la CGT n'étaient pas "mûrs" pour cela. 

"Eclipser les critiques"

En Grande-Bretagne, le quotidien libéral The Financial Times décrit ce compromis comme une "percée majeure" dans un système qualifié de particulièrement "rigide". Les retombées pour le gouvernement n'en seraient que plus fortes dans la mesure où cet accord permettrait "d'éclipser les critiques amères" provenant du monde de l'entreprise après les hausses d'impôts. A ce sujet, le "FT" va jusqu'à citer le cas de Gérard Depardieu. 

Contre-productif pour l'emploi?

Enfin, outre-Atlantique, le Wall Street Journal y voit une "victoire" pour les employeurs français dans la mesure où il permet d'assouplir le temps de travail et les rémunérations. Il tempère cependant en notant que la baisse du chômage, promise par François Hollande, n'est pas pour autant assurée. Les perspectives plutôt sombres en matière de croissance risqueraient même de l'aggraver. Aussi le quotidien libéral conclue-t-il: "bien que le fait d'ajuster les règles du marché du travail peut soutenir la création d'emploi à moyen-terme, cela ne créé pas nécessairement des emplois à courts terme, et peut même avoir l'effet inverse, préviennent des économistes."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 14/01/2013 à 11:43 :
La signature de la CFDT avant d'être apposée doit d'abord être avalisée après débat par les syndicats internes si je ne m'abuse, cet accord s'appliquant à l'ensemble des branches dans le privé. A moins que son nouveau secrétaire national s'assoit sur le fonctionnement de l'organisation comme son prédécesseur en son temps ......Et je ne suis pas certains que tous les militants CFDT approuvent la teneur de cet accord et les contre parties obtenues pour les salariés!!!
Réponse de le 14/01/2013 à 18:54 :
entièrement d'accord avec vous grognard...les propos tenus il y a 10 mn sur Itélé... par M Laurent Berger....secrétaire général CFDT.... me conviennent pas du tout...mais pas tout...
il veut signer un accord inacceptable....j'accepte vos critiques....mais mon expérience... et j'espère ..une ouverture d'esprit sur le dialogue social....m'autorise un peu de dire mon mécontentement envers ce syndicat.... comme la CFTC aussi... qui ne consulte pas la base...non plus.. c'est fou ça....ils décident.. les adhérents n'ont rien à dire.... je vais bouder attention...rire
Plaisanterie mise à part.... donnez moi votre avis...pas grave si cela me plait pas...cela me permettra une réflexion... une vision de notre société.....où tout le monde s'en fout.. ou n'agit pas
Pour la presse....y a plus que le Mali.... ou pour/contre... le mariage homosexuel....
tiens....là... ils manifestent...mais le 17/11/2012 contre l'austérité.....on était bien seul....
ceux qui y étaient....vous confirmez?
et le plus rigolo... hm? ben ça concernait tout le monde... se battre contre l'austérité....drôle de société....
gloups
a écrit le 13/01/2013 à 13:14 :
Et si vous écoutiez le scketche du regrette COLUCHE le délégué syndicale, et vous saurez que rien n'a changé.
a écrit le 13/01/2013 à 0:19 :
Que de réaction fortes sympathique de nos partenaires... Franchement, vous pensiez vraiment qu'ils allaient ricanner ou dire( écrire) que cette accord était comme faire pipi dans un violons... verser un verre d'eau dans la mer... ça me rappele aussi l'histoire du colibri...
Vous voulez des mesuresqui ferais avancer le travail en France : permettre au salariés qui le souhaites de travailler autant qu'il le veul et non pas leur obliger à prendre plus de repos qu'ils ne travaillent... Dans la restauration, il y à une 20é d'année, on travaillait 45 heures par semaines plus les heures sup et on gagnait du fric... aujourd'hui, à oui, les 35 h... et les heures sup trés taxées... Il y a encore une 20é d'année, on était pas content, on cherchait un nouveau boulot, on le trouvait, on montrait nos preuvent au nouveau patron et on négociait notre nouveau salaire... sur la base d'une motivation... Il y a encore une 20é d'année, on avait tellement honte d'être au chômage que l'on prenait un boulot même si celui ci ne nous plaisait pas plus que çà, mais au moins, on rammenais notre paye( mérité) à la maison... Qu'est ce qui à bien pu se passer en 20 ans... les patrons ont changés? peut être ? les salariés sont moins motivés ? qui sait? le code du travail est devenu compliqué? au oui, de 600 textes il est passé à plus de 2500 et encore...
J'ai une petite question : qui gagne dans l'histoire??? les salariés ? les patrons?... aucun des deux et même pire, ils y perdent tous les deux... alors pourquoi est il difficile de trouver des accords ou tous le monde y gagne ? c'est certainement que certain n'y on pas d'intérêts... au détriments des 2 premiers
A méditer...
Réponse de le 13/01/2013 à 10:43 :
Il me semble que le chômage atteignait des niveaux records dans les années 90. Mais, à la différence d'aujourd'hui, quand les gens avaient un emploi, c'était majoritairement à temps plein et avec un niveau de rémunération suffisant.
Réponse de le 13/01/2013 à 10:49 :
C'est exactement ce que je vivais, il y a 20, 25 ans environ. Résumé parfaitement réaliste!!!
Réponse de le 13/01/2013 à 14:39 :
Lorsque vous dites que quand "on n'était pas content, on partait et on cherchait un nouveau boulot et on le trouvait" faites vous référence aux début des années 90 (la récession de 1993, un taux de chômage jamais en dessous de 11 ,3 % sur la decennie) ou au plein emploi ( plutôt avant 1975, il y a 37 ans) ?
Réponse de le 13/01/2013 à 20:00 :
Bonjour a tous, je parle d'une période qui a débuté pour moi dans les années 1988... ma volonté de travailler m'ammenais à en touver et à trés bien gagner ma vie... avec un CAP en poche... je ne comptais pas mes heures et personne ne venais ni me le reprocher, ni le reprocher à mes employeurs... Je passais de la cuisine à la salle, au montage démontage de structures métallique... disponible lorsque mon ou mes employeurs me le demandait, il pouvait compter sur moi et me remunérait déjà trés bien en juste retour ...cela faisait la différence... avec certains qui déjà à l'époque souhaitaient des postes en hôtellerie restauration ou on ne travaillait pas le soir, pas pendant les week-end... pas quand un pôte faitait sons anniversaire, pas quand...
Qu'est ce qui à changé??? ceux qui veulent du travail en trouve mais ne peuvent pas toujours travailler autant qu'il le veulent.
Que ce passe t'il chez Bricorama, les salariés veulent travailler les dimanche et les yndicats ne le veulent pas, ils ont d'ailleurs fait condamner l'entreprise à un triste reccord de dommage et intérêt en pareil cas... 53 millions d'Euros ( qui heureusement ne seront pas versés) ... je passe régulièrement devant un de leur magasin et j'y vois des banderolles ou les salariés demande à travailler???
En passant les temps partiel à un minimum de 24 h par semaine, je vais dire quoi aux étudiant qui souhaite travailler les week-end... désolé, je ne peux plus vous prendre puisque je ne peut pas vous faire faire 24 h de travail en 2 jours... Et à la fin, qui c'est qui va fermer son restaurant le week-end pour manque de personnel... un grand nombre de restaurateurs puisqu'avec ce système une équipe travaillait du lundi au vendredi et une autre le week-end... Mais c'est pas grave, cela fera moins de pib, moins de marges, mois d'impôts, moins de travilleurs, plus de chomeurs ou de jeunes qui arrêterons leurs études manquant de moyens pour continuer...
Qui c'est qui va être pénalisé??? ceux qui ont envi de bosser et heureusement, il en reste tous comme dans les années 1990, mais ça devient de plus en plus difficile pour eux.
A bientôt
a écrit le 12/01/2013 à 22:50 :
C'est n'importe quoi, aucun de ces médias n'a dû lire cette soupe qui est dans la droite ligne de la tradition d'usines à gaz de ce type d'accords. Et ils sont naïfs, ils pensent que ce qu'on leur raconte doit être vrai. Puis ils réaliseront que ce n'était que du pipeau...
a écrit le 12/01/2013 à 18:33 :
Bizarre de voir les américains réalistes sur les mesures libérales. Oui le risque a court terme est un agravement du chômage. Mais cet accord est majeur le MEDEF et la majorité des syndicats sont tombés d'accord ! Le rejet par FO et CGT est un faux problème dans la mesure où ils ne sont aptes a aucune négociation ou accord avec qui que ce soit d'autre qu'eux.
a écrit le 12/01/2013 à 18:16 :
Il est évident que les retombées en terme d'emplois seront minimes à court-terme, puisque n'importe qu'elle chef d'entreprise censé et exposé à la concurrence ne prendra le risque d'embaucher en CDI tant qu'il n'aura pas constater que les conditions de cette nouvelle flexibilité ne sont pas une nouvelle usine à gaz pour cabinets de conseil.
Par ailleurs, la méthode employée permet clairement de distinguer parmi les syndicats ceux qui acceptent maintenant l'idée d'un véritable "marché" du travail où l'offre et la demande se cherchent et s'ajustent de façon autonome, de ceux qui préfèrent une "administration " central" du problème "travail".
Enfin, j'ajoute qu'une brèche a été faite dans l'administration du travail, et certains bastions collectivistes, peu soucieux de prospérité et de bien-être, vont peut-être commencer à trembler sur leurs fondations.
Réponse de le 12/01/2013 à 21:33 :
le medef juge cet accord bon ,pourquoi seriez vous plus crédible que lui ?
Réponse de le 14/01/2013 à 15:27 :
Parce que le Medf représente les grandes entreprises, pas les petites qui sont pourtant les seules à pouvoir résorber le chômage à moyen terme.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :