Avec son "non", l'Alsace fait craindre un coup d'arrêt à la réduction du mille-feuille territorial

Les Alsaciens ont refusé de fusionner leurs deux départements avec la région. Une déception pour ceux qui y voyait la possibilité d'amorcer le, processus de réduction "mille-feuille territorial".

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Copyright Reuters (Crédits : REUTERS/Vincent Kessler)

L'Alsace ne verra pas (encore) ses collectivités territoriales fusionner. Dimanche, les Alsaciens ont répondu "non", par référendum, au projet de fusion entre le conseil régional et les deux conseils généraux. Objectif affiché : diminuer de 10 à 20% le nombres d'élus, et réorganiser les différents services des collectivités, en ne remplaçant pas les départs à la retraite. Si aucun chiffre n'était donné sur les économies qui auraient pu être réalisées, les partisans du "oui" estimaient qu'elles pouvaient atteindre 10% à 20% sur certaines dépenses. Les partisans y voyaient également un moyen de profiter du potentiel économique des régions voisines en Allemagne et en Suisse.

"Comme décentralisateur, je suis assez déçu", réagit Philippe Laurent, vice-président de l'association des maires de France et ancien conseiller auprès des collectivités locales. Dimanche, le rejet était surtout dans le Haut-Rhin. Dans le projet, Colmar ne gardait qu'un conseil exécutif, tandis que le siège officiel et l'assemblée auraient siégé à Strasbourg. "Le Haut-Rhin a eu peur du changement", commente sur Le Nouvel Obs le conseiller écologiste alsacien Jacques Fernique.

Attachés au département

"On parle dans des termes politiques purs, alors que c'est avant tout une question de management", regrette Philippe Laurent. Car le département, les Français y sont attachés. Lorsqu'en 2009, il a été décidé que les nouvelles plaques d'immatriculation ne comporteraient plus le numéro du département, la contestation a étésuffisamment forte pour que les autorités introduisent la possibilité d'y ajouter le département de son choix.

"Je pensais que l'identité alsacienne était plus forte que ça", répond Philippe Laurent. "Qu'on y soit attaché, d'accord, mais le département est une structure qui, sur le plan opérationnel, n'est plus justifié", avance l'élu. Leurs dépenses sont fixées par l'Etat, "ce sont plutot des agences de prestations sociales qui ont la capacité de mener des politiques territoriales".

Coup de frein ?

La grande crainte aujourd'hui, c'est que les autres projets de réduction du "mille-feuille administratif" ne passent pas. "C'était regardé avec intérêt dans le monde territorial", explique Philippe Laurent, "si cela ne passe pas en Alsace, je ne vois pas où cela pourra passer". D'autres régions, comme la Bretagne, sont intéressées. Les deux départements de la Haute-Normandie ont mis en oeuvre une politique de coopération avec la région. Et en Corse, une réforme est en discussion pour fusionner les deux départements. En 2003, un premier réferendum sur le sujet avait échoué. Autre symbole de la volonté politique de réduire ce "mille-feuille", : en 2014 devaient être élus pour la première fois des "conseillers territoriaux", remplaçant les conseillers généraux et régionaux. Mais la réforme a été annulée par François Hollande.

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Commentaires 37
à écrit le 10/04/2013 à 14:34
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ce scrutin reflète simplement l'égoïsme généralisé si une des 2 préfectures devient prépondérante sur l'autre alors les habitants de "l'autre" disent non haut rhin, bas rhin colmar strasbourg c'est aussi bête que ça! et sans explication aux actus na...

à écrit le 10/04/2013 à 10:42
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comme d'habitude, l'état et le domaine public est incapable de réformer, ce sont des ponts d'or pour gérer la paix sociale, des compensations, primes... et là restructuration à effectifs constants !!!!!!!!!! on rationnalise, suppression des doublons,...

à écrit le 10/04/2013 à 10:37
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la justification du département c'était le périmètre où on pouvait aller à la préfecture à cheval et revenir dans la journée !! les temps ont changé, non ? le département n'a que trés peu de prérogatives, et surtout il y a des redondances partout. le...

à écrit le 10/04/2013 à 8:36
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Là aussi il fallait beaucoup plus de transparence et donc de respect de la part des politiques à l'égard des alsaciens, mais cela, ils ne savent pas faire, tout était soigneusement préparé par ces mêmes politiques pour que cela échoue !

à écrit le 09/04/2013 à 17:44
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L'Alsace est un pays, ni allemand, ni français. Comme le pays basque ou la bretagne, ils refusent toute "francisation".

à écrit le 09/04/2013 à 9:32
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L'organisation en districts et les landers donnent toute satisfaction en Allemagne, et la plupart des entreprises françaises à caractére territorial comme EDF et Orange qui sont organisées sur le même modèle. Le département a été défini par la distan...

le 09/04/2013 à 14:54
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Il ne s'agit pas de dire que nous devons renoncer à une réforme profonde de notre organisation territoriale et administrative. Au contraire, elle est de plus en plus nécessaire. Mais il s'agissait ici d'une région transfrontalière à venir, et donc d'...

à écrit le 09/04/2013 à 9:20
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Oui! A qui doit on ce mille feuilles administratif, si ce n'est a l'Europe qui nous a imposé la régionalisation pour affaiblir la notion d'Etat et pour prendre le controle avec sa propre administration "européenne"! Tout cela nous coûte en fin de com...

le 09/04/2013 à 9:52
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La création des régions date de 1954. A l'époque, il est bien évident que l'Europe ne nous a rien imposé du tout. Vous affabulez complètement !

le 09/04/2013 à 11:48
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Quand on pense qu'un certain General De Gaulle a du démissionner en 1959 parce que les français refusaient la régionalisation, il y a de quoi se poser des questions!

le 09/04/2013 à 13:33
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Désolé mais De Gaulle n'a pas démissionné en 1959 mais en 1969.

le 09/04/2013 à 14:30
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Heureusement qu'il y en a qui suive, mea culpa, he oui! c'était bien plus tard et pour la même raison...!

à écrit le 09/04/2013 à 9:10
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L'Alsace qui a une histoire si forte a loupé cette fois ci un rendez vous historique en se repliant sur elle même

à écrit le 09/04/2013 à 9:06
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La création du mille-feuilles a pour origine la décentralisation pour faire plaisir à l'Europe, cela n'a pas été une demande franco-française...!

le 09/04/2013 à 9:55
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Mensonge. La régionalisation date de 1954 et est validée par un décret de 1955. C'est même une initiative franco-française d'initiative privée !!!

à écrit le 09/04/2013 à 5:07
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De qui vous moquez-vous? Les gains de cette opération auraient été nuls, voire négatifs. La réalité, c'est que derrière cette excuse de la réduction du millefeuille se profilait la possibilité pour les tenant d'une Europe contre les nations, de faire...

à écrit le 08/04/2013 à 22:28
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Vous voulez vraiment supprimer un étage du « mille-feuilles » ? Alors soyez pragmatique et demandez la suppression des régions. Qui s'y intéresse à part les régionalistes/indépendantistes/autonomistes/ barons féodaux ? Les départements, c'est une ce...

le 09/04/2013 à 9:49
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Les départements sont le rélais de l'Etat pour préserver les intérêts de l'oligarchie parisienne. Les régions sont le début d'un contrepouvoir démocratique dont l'Etat centralisateur a cruellement besoin.

le 09/04/2013 à 9:49
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Raisonnement de franchouillard, le département c'est trop petit et sans aucun poids par rapport à nos partenaires étrangers. Quant à parler d'égalité entre par exemple les Hauts de Seine et la Corrèze, vous dites cela pour rigoler ou pour troller ? C...

le 09/04/2013 à 11:55
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Pour les europeistes le département semble trop petit et pour les régionalistes, il est trop grand mais dans le cadre de l'Etat Français il est a la bonne dimension!

à écrit le 08/04/2013 à 22:12
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+1... On en reparlera quand les caisses seront (entièrement...) vides !

à écrit le 08/04/2013 à 20:03
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Les politiques ont mis moins d'enthousiasme à défendre cette mesure, que lors de leur élection. Dommage si la population avait été informé correctement, ce fiasco ne se serait peut-être pas produit. Donc on va continuer à payer des fonctionnaires qui...

à écrit le 08/04/2013 à 19:47
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Ce "non" à la suppression de deux départements présentée par Richert ressemble au "non" français à l'Europe présentée par Chirac. Projet volontairement flou. Dire que tout va se déciser à Strasbourg , (resp à Bruxelles), sans véritable contrepouvoir ...

à écrit le 08/04/2013 à 19:22
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la France est composée DE 25 %de fonctionnaires 70 % souhaitent le devenir . donc LE CHANGEMENT ce n est pas pour demain

à écrit le 08/04/2013 à 19:12
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je trouve ce choix décevant pour l'alsace et les alsaciens ! l'histoire des 2 régions est la même et l'individualisme triomphe encore ! comment faire avancer le territoire national avec la crise quand une région se divise ! dommage pour l'alsace , d...

le 08/04/2013 à 19:58
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Plus que déçu! D'autant que j'habite en Alsace et vais continuer à engraisser nos élites

le 08/04/2013 à 19:58
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Ce choix a surtout été orchestré par nos politiciens car la majorité des élus PS s'est prononcé pour différentes raisons pour le non et ont organisé des meetings par l'intermédiaire des syndicats et du parti de gauche pour réduire à néant cette idée...

à écrit le 08/04/2013 à 18:39
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a priori la volonte des politiques de faire du bien general, tres clairement exprimee dans les recents evenements en france n'y est pas pour rien.... c'est cool ca bloque le reste de la france ( pour ce qui n'etait pas encore bloque, je veux dire) ;-...

à écrit le 08/04/2013 à 18:23
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L'exercice de la démocratie exige que le citoyen se donne la peine de réfléchir un peu plus loin que le bout de son nez ! Évidemment, ça demande un effort qui dépasse les possibilités de beaucoup, et là on était loin du compte...

à écrit le 08/04/2013 à 18:20
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Pétition à signer pour un référendum de moralisation de la vie politique : Il faut que soit mis un terme à l?habitude prise en France de gouvernements pléthoriques, comportant jusqu?à 40 ministres et ministères, des Assemblées pléthoriques, près de 6...

à écrit le 08/04/2013 à 17:59
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Ouf! On pourra continuer à engraisser nos braves fonctionnaires du 67 et du 68. Quand on s'attaque à leur gamelle, ils sont tous copains pour défendre la soupe! Bel exemple de solidarité interdépartementale.

à écrit le 08/04/2013 à 17:53
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Croire à la réduction du mille-feuille territorial,c'est croire au père Noel.Vive les complications administratives,les dépenses,le RSA.

à écrit le 08/04/2013 à 17:48
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On se moque de qui ? Le non est passé par absence de votants (tout juste 25%) et entre Haut et Bas Rhin, a peu près 50/50. Y a-t-il eu une campagne aux informations sur ce sujet ? Non. Y a-t-il eu un engament de politiques pour ce sujet ? Non ! Le ré...

le 08/04/2013 à 18:12
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Il faut bien avouer que la campagne n'a absolument pas existé! Rien du tout! A croire qu'on s'est débrouillé pour faire croire aux Alsaciens qu'il y avait mieux à faire qu'aller voter...Et en plus il y avait du beau temps et ça faisait longtemps qu'...

à écrit le 08/04/2013 à 17:43
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Tout ce que notre administration est capable de produire c'est du gâchis! Ce regroupement devrait être élaboré par un groupe indépendant des politiques et de l'administration !!

à écrit le 08/04/2013 à 17:28
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les alsaciens ont tout de suite compris que c'était bidon: maintien de 2 poles décisionnels et surtout presque pas de diminution du nombre des conseillés territoriaux. Du coup l'economie éspérée était minime

le 08/04/2013 à 19:14
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Pour l'exemple ils auraient pu sortir et aller voter ! pour l'Alsace unie, et puis après ! d'autres comme les 2 savoies ?

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