La croissance à 0,9% en 2014 ? Une prévision prudente...et rusée

Le projet de loi de finances 2014 présenté ce mercredi repose sur une prévision de croissance supérieure au consensus, mais prudente. Le passage dans le vert de certains indicateurs laissent à penser que la reprise entrevue au printemps serait plus forte que prévue. Si cela se confirmait, cette "erreur" de calcul serait vite oubliée pour le plus grand bénéfice du gouvernement...
Fabien Piliu
Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget, a choisit de faire profil bas. On ne sait jamais.
Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget, a choisit de faire profil bas. On ne sait jamais. (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)

C'est un pari ! Alors qu'il visait initialement une croissance de 1,2% en 2014, le gouvernement a finalement décidé d'abaisser sa prévision  à 0,9% pour bâtir son projet de loi de finances présenté ce mercredi à Bercy.

Certes, cette estimation est encore assez largement supérieure à celle du consensus puisqu'en moyenne les économistes visent une progression de « seulement » 0,6% du PIB cette année. Néanmoins, quelques indicateurs, notamment la résistance de la consommation et le redressement du moral laissent entrevoir un éventuel prolongement de la reprise entrevue au printemps. Au deuxième trimestre, le PIB a progressé de 0,5% selon l'Insee.

La violence de la rigueur sera atténuée en 2014

« Il faut aussi avoir à l'esprit que le choc de rigueur sur l'économie impulsé par l'exécutif sera moins élevé cette année qu'en 2013. L'année prochaine, la réduction des dépenses publiques coûtera 0,9 point de PIB après avoir retiré 1,7 point de PIB en 2013 », rappelle Eric Heyer à l'OFCE.

« Si les partenaires de la France desserrent également leur contrainte budgétaire, incités à le faire par Bruxelles qui a reporté à 2015 leurs objectifs de réduction de déficit public, le climat des affaires devrait se réchauffer, au bénéfice des entreprises », poursuit-il, citant également le redressement de la demande intérieure allemande dont devrait profiter l'économie tricolore.

En février, la Commission européenne a reporté de deux ans l'objectif de réduction de déficit public à 3% du PIB de la France, de l'Espagne et de la Slovénie. Les Pays-Bas bénéficient également d'un report, mais d'un an seulement.  En 2014, la demande intérieure allemande - consommation et investissement privé - apporterait 1,6 point de PIB qui avancerait de 1,6% en 2014 outre-Rhin.

Par ailleurs, l'économie française n'est pas condamnée à afficher une croissance molle. Le PIB n'a-t-il pas progressé de 1,7% et de 2% en 2010 et 2011 ? Même si l'austérité était moins forte au cours de ces années qu'en 2013 et en 2014, ce dynamisme relativement récent indique bel et bien que l'économie française possède encore quelques ressorts.

La prévision de croissance, un outil de communication

La prudence de Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie et de Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget, est-elle feinte ? Peut-être pas. Après avoir dans un premier temps imité leurs prédécesseurs à Bercy en utilisant la prévision de croissance comme un instrument de communication, le tandem préfère aujourd'hui faire profil bas. On ne sait jamais.

Si la reprise ne se confirme pas, il pourra mettre en avant sa prudence. Si elle se prolonge, cette erreur de prévision sera vite pardonnée, compte tenu des bénéfices que l'économie française et ses finances publiques retireront d'un rebond inattendu de l'activité, notamment via un gonflement des recettes fiscales.

 

 

Fabien Piliu

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Commentaires 29
à écrit le 25/09/2013 à 14:56
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Oui, oui trés rusée...pour info Le Conseil européen n'accepte pas à l'état le projet de budget 2014 car il est composé d'un déficit structurel trop élevé, déja en retard en 2013, la France souhaite continuer son dérapage bugétaire au delà de ses eng...

le 25/09/2013 à 15:07
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On s'en fout vu que le bazar va s'effondrer ...

à écrit le 25/09/2013 à 14:55
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Ne vous inquiétez pas ils n'ont jamais su ce qui allait se produire après avoir pris leurs décisions et la droite pareille, le bateau France est dans la brume depuis 40 ans , seul compte, occuper les places . Rien ne changera à part le montant de la ...

à écrit le 25/09/2013 à 14:38
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on en reparlera...

à écrit le 25/09/2013 à 13:43
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Une chose est certaine il ne feins aucune réforme de fond comme pour les retraite ou on a eu 7 milliard d impôt pour 22 milliard de déficit il pense au élection et a leur copains

à écrit le 25/09/2013 à 13:40
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pépère......sort du corps et de l'esprit de F Piliu.........!!! Dans le genre "je vous explique.....un peu.... en approuvant.....beaucoup... comment, à juste titre on vous prend pour des quiches", F. Piliu fait très très fort, sauf si il fallait lire...

à écrit le 25/09/2013 à 11:52
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Sur la base toujours aussi foireuse de "croissance", "PIB"... il est consensuel de considérer qu'il faut au moins 2% d'augmentation annuelle pour (commencer à) s'en sortir. Donc à quoi cela sert-il de se glorifier (aujourd'hui) d'un taux à peine supé...

à écrit le 25/09/2013 à 11:39
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Si la croissance repart, les socialistes n'y seront pour rien. Beaucoup de pays commencent à sortir de la crise. En ne réformant pas, le gouvernement Ayrault va contribuer au déclassement de la France. Un État qui prélève 56 % de la richesse national...

le 25/09/2013 à 12:03
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En suivant votre logique, si le chômage augmente actuellement, les socialistes n'y sont pour rien puisque c'est le cas de toute l?Europe actuellement ?

le 25/09/2013 à 12:07
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Ça va vous faite tout drôle quand le grand effondrement financier va arriver ... La croissance mondiale ? Des dettes ?

le 25/09/2013 à 13:15
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@@ hors jeu En 2013, le globe va faire 3,5 % de croissance. A l'aune de l'histoire, un très bon chiffre. Le capitalisme montre sa capacité à se regenerer et à réduire la pauvreté dans le monde ( 1 milliards de pauvres en moins en 20 ans ). Le Grand E...

le 25/09/2013 à 13:23
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Très drôle le second degré !

le 25/09/2013 à 14:12
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Oui ! Jérôme c'est moah, nan je n'ai pas changé comme tu le voaah...

à écrit le 25/09/2013 à 11:24
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le budget 2014 est aussi crédible que le programme économique du candidat Hollande. Juste un rappel : en dépit d'un engagement ferme du PR (interdit de rire !), nous ne serons pas à 3% de déficit cette année, mais au minimum de 4,1 %. Je parie aujour...

à écrit le 25/09/2013 à 10:34
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prevenez moi quand un budget sera realiste et credible

le 25/09/2013 à 11:10
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projet de budget bidon car ils ne savent pas de combien vont augmenter les taux d'interet!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! c'est du pipot ils sont nuls et incompetents....................t

le 25/09/2013 à 11:51
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BEN OUAIS, ALLEZ Y CLADIUS, PROPOSEZ!

le 25/09/2013 à 12:08
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Quant te reverrais-jeuuh, pays merveilleuuuux ...

le 25/09/2013 à 12:10
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@ TATA : ECONOMIES ! (VRAIES) BAISSES DES DÉPENSES ! REFORMES STRUCTURELLES !!

à écrit le 25/09/2013 à 10:20
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Et oui, la droite qui a mis à genoux le pays n'est pas prête de revenir au pouvoir. La politique de la gauche s'avère efficace aussi bien pour relancer la croissance que pour résorber le déficit, n'en déplaise aux imbéciles de droite.

le 25/09/2013 à 10:53
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Le changement, c'est quand ? Mis à part les mesures sociétales, la politique de l'actuel gouvernement s'inscrit dans la logique et la continuité du précédent ! Le déficit est un peu moins abyssal mais la croissance reste plus faible qu'en 2010 et 201...

le 25/09/2013 à 11:46
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..comment pouvez-vous être aussi crédule?

le 25/09/2013 à 13:10
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@ A gauche toute En 2013, le déficit sera de 70 Milliards d'Euros ( chiffres Bercy ), en 2014 il est prévu à 82,2 Milliards d'Euros ( toujours chiffres Bercy ) : une sacrée baisse ! C'est beau le matérialisme dialectique.

à écrit le 25/09/2013 à 10:15
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Le discours gouvernemental, appuyé par l'OFCE, habille une réduction de la hausse des dépenses publiques et des impôts comme un effort budgétaire vertueux. En fait, ils continuent à foncer droit vers le bourbier de la dette, le pied au plancher, à gr...

à écrit le 25/09/2013 à 9:21
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En quoi une prévision de croissance peut elle être rusée ? On leur demande de réduite le déficit et il font comme toujours de la politique

à écrit le 25/09/2013 à 9:19
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ras le bol de tous ces politiques qui comptent les oeufs dans le cul de la poule !

à écrit le 25/09/2013 à 9:13
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le gouvernement justifie l'augmentation en valeur brute par le glissement de l'inflation; cet argument est faux car il ne serait valable que dans la mesure où l'accroissement du PIB en valeur relative serait au moins égal à celui de l'inflation, ce q...

le 25/09/2013 à 10:18
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Votre remarque semble pertinente. Pourriez-vous développer svp ?

à écrit le 25/09/2013 à 9:05
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le gonflement des recettes fiscales n'est que l'argent qui ne sert à RIEN !!!! il part de l'investissement utiles pour aller à la dépense inutile !!

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