C'est un pari ! Alors qu'il visait initialement une croissance de 1,2% en 2014, le gouvernement a finalement décidé d'abaisser sa prévision à 0,9% pour bâtir son projet de loi de finances présenté ce mercredi à Bercy.
Certes, cette estimation est encore assez largement supérieure à celle du consensus puisqu'en moyenne les économistes visent une progression de « seulement » 0,6% du PIB cette année. Néanmoins, quelques indicateurs, notamment la résistance de la consommation et le redressement du moral laissent entrevoir un éventuel prolongement de la reprise entrevue au printemps. Au deuxième trimestre, le PIB a progressé de 0,5% selon l'Insee.
« Il faut aussi avoir à l'esprit que le choc de rigueur sur l'économie impulsé par l'exécutif sera moins élevé cette année qu'en 2013. L'année prochaine, la réduction des dépenses publiques coûtera 0,9 point de PIB après avoir retiré 1,7 point de PIB en 2013 », rappelle Eric Heyer à l'OFCE.
En février, la Commission européenne a reporté de deux ans l'objectif de réduction de déficit public à 3% du PIB de la France, de l'Espagne et de la Slovénie. Les Pays-Bas bénéficient également d'un report, mais d'un an seulement. En 2014, la demande intérieure allemande - consommation et investissement privé - apporterait 1,6 point de PIB qui avancerait de 1,6% en 2014 outre-Rhin.
Par ailleurs, l'économie française n'est pas condamnée à afficher une croissance molle. Le PIB n'a-t-il pas progressé de 1,7% et de 2% en 2010 et 2011 ? Même si l'austérité était moins forte au cours de ces années qu'en 2013 et en 2014, ce dynamisme relativement récent indique bel et bien que l'économie française possède encore quelques ressorts.
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La prudence de Pierre Moscovici, le ministre de l'Economie et de Bernard Cazeneuve, le ministre du Budget, est-elle feinte ? Peut-être pas. Après avoir dans un premier temps imité leurs prédécesseurs à Bercy en utilisant la prévision de croissance comme un instrument de communication, le tandem préfère aujourd'hui faire profil bas. On ne sait jamais.
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Si la reprise ne se confirme pas, il pourra mettre en avant sa prudence. Si elle se prolonge, cette erreur de prévision sera vite pardonnée, compte tenu des bénéfices que l'économie française et ses finances publiques retireront d'un rebond inattendu de l'activité, notamment via un gonflement des recettes fiscales.
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