"Pigeons" : "Le combat n'est pas fini ! "

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Olivier Mathiot (à gauche) et Jean-David Chamboredon, respectivement porte-parole et initiateur du mouvement des « pigeons » / Photo Marie-Amélie Journel
Olivier Mathiot (à gauche) et Jean-David Chamboredon, respectivement porte-parole et initiateur du mouvement des « pigeons » / Photo Marie-Amélie Journel (Crédits : Reuters)
Un débat passionnant à l'occasion de l’anniversaire des "Pigeons". Face-à-face, Jean-David Chamboredon, le fondateur du fonds de capital-risque Isai, auteur du texte qui a lancé la révolte des « Pigeons », un libéral à l'américaine et Olivier Mathiot, cofondateur du site PriceMinister porte-parole des « Pigeons », version social-démocrate.

LA TRIBUNE - Une mobilisation spontanée des pigeons de même nature que celle de l'an dernier sur les réseaux sociaux serait-elle encore possible un an après ?

OLIVIER MATHIOT - Il y a bien sûr eu un « effet première fois ». Beaucoup de gens ont dit que le mouvement des pigeons avait été orchestré, voire manipulé politiquement. Je peux témoigner que cela n'a pas été le cas. C'est la tribune de Jean-David Chamboredon, « Une loi de finances anti-start-up ? », publiée par latribune.fr, qui a déclenché une mobilisation inédite, à laquelle personne ne s'attendait.

JEAN-DAVID CHAMBOREDON - Les entrepreneurs du Net ne sont pas un groupe organisé. Le mouvement des pigeons n'a pas été « fomenté », mais s'est organisé très rapidement parce qu'il était issu de gens déjà très présents sur les réseaux sociaux. L'idée de Fabien Cohen [PDG de Whoozer] de mettre des photos de pigeons sur la page Facebook et sur Twitter est venue spontanément. Avec le succès que l'on sait.

Ce que l'on a déjà réussi une fois, on pourrait le refaire. On saurait réveiller le mouvement des pigeons de façon immédiate si le besoin s'en faisait sentir. Mais il faudrait que le motif d'un tel mouvement fasse l'unanimité tout de suite. Cela a été le cas avec la nouvelle fiscalité des plus-values, parce que tous les entrepreneurs ont immédiatement perçu l'absurdité et le danger d'une telle mesure pour leur écosystème.

O.M. - Les pigeons n'ont rien à voir avec le patronat traditionnel, qui a été complètement dépassé par le mouvement, tout en tentant maladroitement de le récupérer. Le Medef ou la CGPME se préoccupent assez peu de la fiscalité de l'investisseur en capital. Ce n'est pas leur modèle. Il y avait donc place pour un mouvement nouveau.

Quel est le portrait-robot d'un pigeon et le mouvement existe-il encore ?

O.M. - Sur les réseaux sociaux, le mot pigeon a laissé une trace durable, parce que cela a été un symbole avant l'heure du ras-le-bol fiscal. L'image est plutôt positive, parce qu'il ne s'agit pas de la défense corporatiste d'intérêts individuels.

J.-D.C. - La communauté des pigeons rassemble quelques dizaines de milliers d'entrepreneurs, le plus souvent jeunes, 30 à 35 ans, ayant créé leur boîte depuis peu. Et des investisseurs, principalement des business angels, qui réinvestissent leur patrimoine dans du capital productif, plutôt que dans l'immobilier ou les œuvres d'art. Le fait que les pigeons ou leurs représentants aient été écoutés par le gouvernement, notamment aux Assises de l'entrepreneuriat et que le gouvernement soit revenu en arrière sur la fiscalité des plus-values nous donne une forme de légitimité.

O.M. - Il ne faut pas y voir un mouvement politisé. Au sein de la communauté des pigeons, les individus sont de droite, libéraux ou s'affirment de gauche, comme moi. Ce qui nous rassemble, c'est la défense des entrepreneurs qui ne sont pas valorisés en France, voire suspectés...

Quels sont les nouveaux combats des pigeons en 2013 ?

J.-D.C. - Il y a encore des projets de loi qui posent problème. La loi Hamon met en péril le bon déroulement des transmissions d'entreprise en imposant une obligation d'information des salariés deux mois avant un projet de cession. La réforme Pinel du régime de l'auto-entrepreneur adresse un message catastrophique aux créateurs d'entreprise. La multiplication des contrôles de l'administration sur le crédit d'impôt recherche met beaucoup d'entreprises en situation de précarité parce qu'on n'arrive pas à donner une définition claire de l'assiette concernée. La taxe à 75 % sur les salaires supérieurs à 1 million d'euros par an, que devra payer l'entreprise, est contre-productive. Même s'il n'y a pas de tels salaires dans les start-up, cela rend la France peu attractive vu de l'étranger, pour des rentrées fiscales symboliques.

O.M. - Cette taxe de 75 % ne rapportera que très peu d'argent à l'État. On est là dans une sorte d'entêtement absurde et unique au monde. On vise les patrons du CAC 40 et on prend dans les filets tout ce que l'économie compte de plus dynamique.

L'image des entrepreneurs du Net n'est pas toujours positive. On leur reproche souvent de vendre trop tôt, au détriment du développement des emplois en France.

O.M. - Lors du rachat de PriceMinister par le japonais Rakuten, on a parlé de fast money. C'est tout le contraire. PriceMinister avait plus de dix ans. Le management et les fondateurs sont restés dans l'entreprise, qui a continué de créer des emplois en France tout en ayant un fort développement mondial. Il faut arrêter d'avoir une vision frileuse de l'économie. Le cas de Dailymotion est un peu particulier, mais vu de San Francisco, le blocage du rachat par Yahoo a eu un effet désastreux en assimilant la France à la Corée du Nord.

J.-D.C. - Le sujet principal est de convaincre le gouvernement de légiférer pour le long terme. Il y a beaucoup d'épargne en France, mais on n'arrive pas à prendre des mesures efficaces pour en orienter une partie vers les PME. Si on arrivait à diriger vers le capital productif ne serait-ce que 0,2 % par an des 1 500 milliards de l'assurance-vie, on réglerait d'un coup le problème du financement de l'économie française.

Le deuxième combat de long terme, c'est l'actionnariat salarié. La création, par la majorité précédente, puis l'augmentation par la majorité actuelle, de la contribution sociale a tué cette forme d'association des salariés au capital. Or, c'est un dispositif très utilisé par les start-up qui distribuent une part du capital aux employés pour les associer au succès, par exemple via des actions gratuites. On peut le faire partout dans le monde, sauf en France, où c'est devenu trop coûteux. Pour donner 10 % de son capital à ses salariés, il faut payer 3 % de la valeur de l'entreprise à l'Urssaf. Alors que les titres sont bloqués plusieurs années. On est à la limite de l'abus de bien social. Juste un chiffre : les sociétés cotées au Nasdaq [la Bourse des entreprises de nouvelles technologies à New York] se diluent de 4 % tous les ans au profit de leurs salariés. Dans la Silicon Valley, beaucoup de business angels sont d'anciens employés de start-up ayant fait fortune.

Pourquoi ne pas formaliser la mobilisation des Pigeons en créant un think tank ?

O.M. - France Digitale, dont Jean-David Chamboredon est l'un des administrateurs, s'est invitée dans le débat sur la fiscalité des plus-values, et a su se faire entendre, car le secteur crée des emplois. Cette association des entrepreneurs du numérique est bien organisée et elle a une légitimité à représenter la profession. C'est donc sur elle que les pigeons peuvent s'appuyer. Elle a d'ailleurs a été largement consultée depuis l'émergence du mouvement, il y a un an.

J.-D.C. - S'il y avait une décision à prendre propre aux entreprises de croissance, nous saurions porter nos demandes à la connaissance du gouvernement, et il nous prêterait l'oreille. Reste que nous sommes parfois les victimes collatérales de mesures s'inscrivant dans un contexte plus général. De même que la taxation des plus-values visait les groupes du CAC 40, la loi Hamon sur l'économie sociale et solidaire cible des entreprises qui réalisent peu de profit, dont le dirigeant est très âgé. À nous alors d'expliquer en quoi cette loi peut avoir des répercussions négatives pour l'écosystème des start-up.

O.M. - Nous avons étudié combien d'entreprises ont été reprises par leurs salariés dans les économies en croissance : il n'y en a pas ! J'ai pu m'entretenir à ce sujet avec Christian Eckert [rapporteur de la commission des Finances à l'Assemblée nationale et député PS de Meurthe-et-Moselle], qui m'a répondu : « On ne va pas faire une loi rien que pour vous ! » Bien sûr, au sein de la République, nous devons tous être égaux devant la loi. Voilà pourquoi il convient de mesurer les effets d'une loi sur l'ensemble des acteurs économiques avant son adoption.

J.-D.C. - Les problématiques de l'entreprise restent trop souvent incomprises de l'administration et de la classe politique. En octobre dernier, au début du mouvement des pigeons, un conseiller fiscal de Bercy refusait de me croire quand je lui expliquais que nous, fonds d'investissement, financions des entreprises non rentables. Il lui était inconcevable que nous puissions apporter des capitaux à des entreprises en perte. Aux États-Unis, ce modèle de financement par la levée de capitaux est la norme, alors qu'en France les entreprises qui veulent se développer doivent emprunter. Mais, dans ce schéma, les dettes et les intérêts à rembourser plombent son développement, empêchent de prendre des risques et d'être ambitieux.

Cette méconnaissance du fonctionnement de l'entreprise et de son écosystème est-elle propre aux dirigeants politiques de gauche ?

J.-D.C. - La rupture culturelle avec l'entreprise affecte autant les deux camps. L'entreprise n'est pas un sujet de clivage droite-gauche. D'ailleurs, le ministère de Fleur Pellerin [ministre déléguée aux PME, à l'Innovation et à l'Économie numérique] est bien plus actif vis-à-vis des entrepreneurs que ne l'a été celui d'Éric Besson au sein du gouvernement précédent.

O.M. - Il y a un problème en France dans le rapport à la microéconomie. Regardez la composition du Parlement : des retraités, des fonctionnaires, des médecins..., tous culturellement éloignés des entreprises. En outre, il règne encore au sein de la gauche plurielle une conviction que l'entreprise, c'est l'ennemi. Mais qui crée les emplois ? Ce sont les PME et les collectivités, pas les grands groupes.

J.-D.C. - Il y a tout de même des raisons d'espérer ! Même Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif, commence à assouplir ses positions vis-à-vis des entrepreneurs. Surtout, au niveau local, des liens efficaces se nouent entre les représentants politiques, l'administration et les entrepreneurs. C'est le cas notamment à Lyon ou à Lille. Bien sûr, EuraTechnologies [qui concentre les jeunes entreprises innovantes du numérique dans l'agglomération lilloise] est minuscule comparé au tissu de la Silicon Valley, mais l'idée est là et elle fonctionne.

O.M. - À Toulouse aussi, les entrepreneurs et les politiques ont créé un tissu économique favorable à l'émergence de nouvelles entreprises.

Comment les entrepreneurs peuvent-ils être porteurs des valeurs de gauche ?

O.M. - Je suis un entrepreneur de gauche, et je le revendique. Cela me vaut des critiques de toutes parts : ceux qui votent à droite m'interdisent de me plaindre de la situation actuelle puisque j'ai voté Hollande, et ceux de ma couleur politique me jugent trop libéral. Pourtant, l'entreprise peut porter les valeurs de gauche : d'abord en redistribuant la valeur créée non pas seulement aux actionnaires, mais aussi aux salariés. Et surtout, en jouant le rôle d'ascenseur social, qui n'existe plus autrement. L'entreprise est un vecteur d'intégration. C'est ainsi à l'initiative de trois entrepreneurs que va s'ouvrir cet automne à Montreuil, où vit la plus grande communauté malienne expatriée, une école de codage informatique [Simplon] qui formera des minorités aux métiers de l'informatique et de l'Internet. Le code devrait être enseigné à tous : c'est la nouvelle grammaire...

J.-D.C. - ...voire une nouvelle langue vivante. Je partage cette analyse. Il faut aussi faire connaître les réussites entrepreneuriales de notre pays, pour que la jeunesse moins éduquée ait envie de prendre en main son destin. Des initiatives, comme le prix national du jeune entrepreneur [organisé par La Tribune]ou le fonds d'investissement BAC, Business Angels des Cités, y contribuent. Mais ensuite, il s'agit de garder ces talents en France !

O.M. - On n'est plus en 1981 : il est très facile de quitter le pays pour une jeunesse désormais parfaitement anglophone. Le gouvernement doit veiller à ce que sa politique fiscale ne les fasse pas fuir comme elle rebute les investisseurs et les talents étrangers qui pourraient participer à la croissance de notre pays.

J.-D.C. - Les pigeons et le rapport Gallois ont permis de faire bouger les lignes dans le bon sens, mais il reste un paquet de sceptiques prêts à partir.

Les aides à l'innovation en France ne constituent-elles pas unebonneraison dene pass'exiler ?

J.-D.C. - Comme beaucoup d'entrepreneurs, je préfèrerais que le niveau des charges pour les entreprises soit plus faible, plutôt que de devoir compter sur le crédit d'impôt recherche [CIR]. Mais avec les niveaux de prélèvements actuels, de tels dispositifs sont essentiels pour financer l'innovation. Il faut améliorer la définition de l'innovation et de la jeune entreprise innovante [JEI]. Les critères d'éligibilité à ce statut de JEI sont les mêmes que pour le CIR, qui base l'innovation sur l'ingénierie et la recherche en laboratoire. Or, dans l'Internet, une innovation ne résulte pas nécessairement du développement d'une nouvelle technologie, et l'état de l'art évolue chaque semaine. Les aides pour les entreprises numériques sont donc accordées de façon arbitraire.

O.M. - Élargir la définition de l'innovation, grâce au crédit d'impôt innovation [CII] est, avec le développement de l'actionnariat salarié et la fiscalité du financement des start-up, via le fléchage de la manne de l'assurance-vie, l'un des points majeurs qui restent à améliorer après les avancées réalisées à la suite des Assises de l'entrepreneuriat.

J.-D.C. - Outre les crédits d'impôt et leur périmètre, la stabilité des dispositifs est essentielle. Les entreprises qui bénéficient du CIR voient les contrôles se multiplier depuis quelques mois. Certaines se trouvent soudainement contraintes de rembourser deux années de crédit d'impôt, parce qu'on juge finalement qu'elles ne satisfont plus aux critères d'éligibilité. Et pour toutes, le versement est souvent suspendu le temps du contrôle, qui peut durer neuf mois, bloquant durant cette période les projets de développement, notamment les nouvelles embauches. Si l'on corrigeait cette instabilité et cet arbitraire, la France pourrait devenir un paradis de l'innovation au niveau mondial.


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Commentaires
a écrit le 07/10/2013 à 9:35 :

Le grand mensonge aux français:

Commencer par leur dire que les entreprises ne paient jamais leurs Charges Sociales et les Taxes qui les pénalisent !

Elles les répercutent sur leurs coûts et c'est donc le Salarié Retraité Consommateur solvable qui paie toujours tout !

Ou sont ces actifs qui paieraient tout, à eux seuls ?
a écrit le 30/09/2013 à 6:01 :
Un entrepreneur de gauche, encore une absurdité, une hypocrisie typiquement française . Quand on est entrepreneur on ne ne peut pas soutenir les idées de gauche qui gangrènent la France et annihilent la moindre marge de man?uvre . Vraiment marre de ces charlots .
Réponse de le 30/09/2013 à 14:12 :
Pourtant l'entrepreneuriat et l'authentique création de richesses sont peut-être le meilleur ascenseur social dont on dispose.
Réponse de le 30/09/2013 à 14:12 :
Pourtant l'entrepreneuriat et l'authentique création de richesses sont peut-être le meilleur ascenseur social dont on dispose.
a écrit le 28/09/2013 à 7:38 :
Donner la parole à ceux qui font bouger les choses, bousculer les pseudo élites politiques mortifières, créatrices de chaos pour les entreprises, redonner une plus grande place à la jeunesse éduquée et intelligente de note pays (quelle est la légitimité des vieilles élites sortant de sciences Pipo pour définir ce que sera le pays en 2025 ou 2050 alors qu'elles seront 6 pieds sous terre), s'interroger sur la consommation par le "service public" de 50 pour cent de notre jeunesse la mieux formée, voilà quelques pistes à explorer qui feront bouger les lignes.. Le message est clairement: à tous ceux qui ont contribué au naufrage actuel, asseyez-vous sur votre "expérience" et donnez le pouvoir à une nouvelle génération: la situation ne pourra pas être pire!
a écrit le 27/09/2013 à 19:17 :
La France souffre toujours de l'axiome "argent = mauvais", ce n'est pas des mesures économiques qu'il faut, mais une thérapie de groupe.
a écrit le 27/09/2013 à 19:04 :
Ce qu'il faut c'est bien faire la différence entre la personne morale qu'est l'entreprise et la personne physique qu'est l'investisseur. L'entreprise est un bien social et tout ce qui charge l'entreprise pénalise in fine le consommateur ou le travailleur. L'entreprise a besoin par ailleurs de capitaux pour fonctionner et pour attirer les capitaux il faut les rémunérer et bien sûr ne pas les taxer tant qu'ils restent dans l'entreprise. Après une personne physique quelle qu'elle soit doit d'une part payer les services publics qu'elle consomme (comme les personnes morales d'ailleurs) et d'autre part s'acquitter d'une solidarité inter-personnelle dans une communauté donnée qu'est la citoyenneté française. Pour cela, il faut tenir compte de tout ce que détient ou gagne la personne physique pour elle-même (par exemple si elle revend des actions sans en racheter). Dans ces débats beaucoup mélangent tout (Gattaz parle de l'ISF par exemple alors que c'est hors sujet pour les entreprises) et par exemple considèrent qu'il faut taxer moins le revenu du capital que celui du travail alors que ça n'a aucun sens du point de vue de la solidarité inter-personnelle...Il faut juste préférer l'impôt proportionnel mais s'appliquant à l'assiette la plus large et entièrement redistribué à un impôt très progressif et confiscatoire aux limites mais ne résolvant en rien le problème de la pauvreté...Et en effet il faut favoriser comme le souhaitait de Gaulle le modèle du travailleur actionnaire ou du résident propriétaire y compris pour les plus modestes.
a écrit le 27/09/2013 à 16:49 :
Enfin un excellent article. Pourvu qu'il soit lu / compris et entendu. Developpons l'entrepeneuriat en France !
Réponse de le 07/10/2013 à 9:41 :
Développons un entrepreneuriat respectueux de nos lois et de ses salaries en FRANCE!!!

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