Quel avenir pour l’économie française dans un monde de plus en plus globalisé ?

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La prospective est un art difficile
La prospective est un art difficile (Crédits : DR)
Alors que l’industrie française cherche un nouveau souffle, le Commissariat à la stratégie et à prospective ébauche plusieurs hypothèses pour dessiner l’économie française de demain.

Le présent est-il si peu radieux pour que l'avenir de l'économie française soit ainsi au centre de toutes les attentions ? Après le ministère du redressement productif et ses 34 projets industriels, la Commission Lauvergeon dont on attend toujours le compte-rendu des travaux, et le Medef, c'est au tour du Commissariat à la stratégie et à prospective, affichant pleinement sa mission, de plancher sur le futur.

Décrochage progressif

Cet engouement pour la prospective n'est guère surprenant. Nombreux sont les économistes qui expliquent en partie le décrochage progressif de l'industrie française par l'absence de vision stratégique de long terme.

Jeudi, lors d'une série de débats organisés, le Commissariat dirigé par Jean Pisani-Ferry a tenté d'esquisser ce que pourrait être demain pour les entreprises tricolores et leurs salariés dans un monde davantage encore internationalisé.

« De quelle manière la France doit-elle s'insérer dans le commerce mondial ? Si la France n'a pas tranché cette question, d'autres pays tels que l'Allemagne et le Royaume-Uni l'ont fait. Ces deux pays constituent des exemples opposés d'insertion internationale », explique le Commissariat dans une note introductive aux débats.

L'Allemagne a enregistré un excédent commercial de 188 milliards d'euros en 2012

En effet, l'Allemagne s'est intégrée dans la chaîne de valeur ajoutée mondiale à travers une puissante industrie manufacturière. Comment ? En délocalisant les segments à plus faible valeur ajoutée du processus de production pour concentrer ses efforts sur les segments à forte valeur ajoutée.

Grâce à cette stratégie, elle affiche un excédent de la balance commerciale particulièrement enviable, tiré par des exportations nettes de biens qui font plus que compenser les importations nettes de services. En 2012, l'Allemagne a enregistré un excédent commercial de 188 milliards d'euros quand la France affichait un déficit de 67,2 milliards…

Une stratégie différente au Royaume Uni

Le Royaume-Uni a adopté une stratégie radicalement différente, centrée sur les services échangeables. Résultat, si sa balance commerciale reste déficitaire, celle des services est largement excédentaire comparée à celle de la France.

« Par exemple, pour l'année 2012, la balance des services présentait un surplus de 4,5 % du PIB, contre un excédent de 0,9 % pour la France », observe le Commissariat qui constate également que le Royaume-Uni s'attache aussi à attirer des talents et les capitaux du monde entier, à l'image des États-Unis.

Au regard de ces deux exemples, une stratégie à l'allemande est-elle envisageable pour la France, comme l'espèrent certains experts qui vantent le modèle outre-Rhin reposant sur la puissance du Mittlestand, son tissu de moyennes entreprises ?

Copier nos amis anglais ?

Pour y parvenir, de nombreux chantiers doivent être menés, notamment pour favoriser le développement des entreprises. Le modèle britannique serait-il duplicable en France, sachant que les services qui représentent 60 % de l'activité économique globale mais seulement 20 % du commerce international « sont appelés à se développer de façon à la fois intensive et extensive », note le Commissariat, rappelant que l'Union européenne et les États-Unis étaient entrés dans des négociations sur le commerce de services pour accroître ceux susceptibles d'être échangés, ouvrant la voie à une croissance extensive.

« Dans le même temps, le rattrapage économique des pays émergents s'accompagne d'un rapprochement des standards de consommation de services, comme en témoignent déjà les évolutions de leurs importations de services », poursuit la note.

Dans ce contexte, miser sur les services intensifs en savoir, où la France semble posséder un avantage, est-il la solution ? Le Commissariat ne tranche pas. Il tranche d'autant moins que, comme il le rappelle, certains services se développent en symbiose avec l'industrie, les consommateurs demandant des solutions complètes et des produits industriels sur-mesure qui incorporent une proportion croissante de services.

Un modèle français hybride

« Doit-on choisir entre un mode d'insertion internationale tourné vers les services ou les biens, ou délibérément opter pour un modèle hybride avec comme principal critère les sous-secteurs où les gains de productivité sont les plus élevés ? L'enjeu central n'est-il pas au final celui de l'innovation et de la créativité, que ce soit dans l'industrie ou dans le secteur des services ? », s'interroge le Commissariat. La réponse est probablement en partie dans la question.

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Commentaires
a écrit le 28/09/2013 à 16:29 :
les delocalisations de savoir et de production ont fragilisse l economie francaisse. il et claire qu il faut attire de nouveaux producteur de richesse en france a force de le repete ont va peut etre y arriver ???
Réponse de le 29/09/2013 à 19:59 :
Pour attirer il faut donner aux biens et services que nous vendons hors de nos frontières leurs vrais valeur et pour cela comprendre ce qui suit
Galilée dans "Galilée récidive" nous dit que la richesse à deux composantes une réelle une imaginaire, comme les nombres complexe en mathématique.
La richesse réelle est celle qui est constituée par tous les biens et les services produits par nos actifs.
La richesse imaginaire est constituée par les valeurs données à ces biens et services. Etre pragmatique c?est comprendre que cette valeur qui constitue notre richesse imaginaire ne peut exister sans que n?existe la richesse réelle c'est-à-dire nos biens et services que nous allons nous partager et qui sont produits par nos seuls actifs.
Donc : dans la réalité nous ne redistribuons pas la richesse, mais nous partageons la richesse réelle faite de biens ou de services produits par nos actifs et la richesse imaginaire, la valeur donnée aux choses, n?est pas un but mais le moyen de procéder à ce partage des biens entre les actifs eux mêmes mais aussi entre les inactifs. Ce qui fait que l?actif à un devoir de solidarité envers l?inactifs parce qu?il a été ou sera inactifs pendant certaines périodes de sa vie.
Cette vision réaliste n?est pas partagée. Une majorité de citoyen imagine vivre dans une société des droits acquis par les inactifs.
Nous nous trouvons aujourd?hui au niveau du choix identique à celui de l?opposition entre le soleil qui tourne autour de la terre et la terre qui tourne sur elle-même.
Il faut bien comprendre que suivant la vision adopté il est privilégié, dans un cas, la production des richesses à se partager et, dans l?autre, la redistribution sous forme de droits acquis des charges et impôts prélever soit sur la consommation soit sur les revenues soit aussi sur les entreprises alors que celles-ci ne font que collecter pour autrui ce que les usagers ou consommateurs de leurs productions payent.
Dans ces conditions il est simple de comprendre que ces charges et impôts affectent la valeur (la richesse imaginaire) des biens et services (la richesse réelles) produits par les seuls actifs qui en finalités ont été produit pour être partagé entre les actifs et les inactifs de notre nation. Etre pragmatique consiste donc à dire : puisque les actifs produisent tous les biens et les services que nous nous partageons : il suffit donc que ces actifs partagent dans les mêmes proportions leur valeur de production avec les inactifs pour qu?ils puissent user ou consommer la part de richesse réelles qui revient au actif dans le partage et l?autre partie est partagée entre les inactifs équitablement.
Ce choix (trop simpliste) n?a pas été fait si bien que la valeur donnée en récompense à nos actifs et seuls producteurs de richesse réelle ou imaginaire, n?est pas le prix de production du bien ou du service. La valeur des choses est à bien au dessus de son coût. Il est à un prix majoré pour pouvoir avec la majoration faire ce partage entre actif et inactifs dans notre nation.
Etre pragmatique c?est comprendre que la valeur de la chose que nous allons exporter n?est pas celle de sa production (échanges de biens et de service entre nation) mais un prix pollué par un système mathématique imaginé à partir des droits acquits qui consiste à faire payer aux étrangers notre modèle social, c'est-à-dire la consommation de nos retraités par exemple. Dans ces conditions notre déficit de la balance commerciale et notre manque de compétitivité n?est pas un problème de productivité mais un problème des mathématiques retenues par nos gouvernances pour procéder au partage des biens et des services antre actifs et inactifs. Ce n?est pas la seule erreur mathématique que nous faisons dans les nations.
Cette vision sur la détermination du prix de la chose devrait définitivement clore le chapitre sur le coût du travail qui est celui qui récompense les actifs qui participe à la production des biens et services que nous nous partageons qui ne doit plus être pollué par la mathématique du partage de solidarité ou du partage en usage de nos biens ou services dont nous allons parler.
Notre vie sociétale se réduit à deux types de partage celui que nous venons d?évoquer le partage entre actifs et inactifs, de 100% des biens et services produits mais aussi celui du partage de ces 100% de biens et services produits en usage soit individuel soit mutualisé soit collectif.
Etre pragmatique c?est de demander respectivement aux actifs et inactifs, à partir du partage de la richesse imaginaire, de payer sa côte part pour ces usages ou consommation. Ce n?est pas fait et là encore : en ajoutant charges et impôts au prix de la chose : quand nous exportons nos produits nous faisons payer aux étrangers nos dépenses de santé et nos dépenses collectives. Cela démontre encore que nos problèmes ne sont pas notre capacité productive mais une erreur mathématique structurelle lors de la détermination de la valeur de la chose produite à cause de l?idéologie de l?Etat providence. Résultat : la partie imaginaire de notre richesse nationale réelle est une élucubration issue de l?idéologie marxiste avec la bénédiction de la civilisation judéo chrétienne qui a, elle aussi, horreur des riches et de la finance.
C?est cette élucubration décidée depuis des générations et enseignée par notre éducation nationale qui est cause de notre régression économique.
a écrit le 27/09/2013 à 21:03 :
L'avenir de la FRANCE ? La sortie de l'Europe, pour dévaluer comme l'a fait la Suède de 25 %, Suède pays HZE et qui va bien, nous devons sortir et dévaluer de 30 %, le salut est là, sinon mort économique assurée.
a écrit le 27/09/2013 à 19:11 :
Si nous continuons sur notre esprits enferme nous serons dans seconde zones économiques.
Réponse de le 29/12/2014 à 16:08 :
nous le somme déjà reveiller vous
a écrit le 27/09/2013 à 15:28 :
Où serait l?intérêt de la France de faire comme ses voisins, alors que faire différent donne de la plus-value! Le label France avait beaucoup plus notoriété avant d'être noyer dans cette Europe!
Réponse de le 27/09/2013 à 17:21 :
Bof...! Votre propos ne manque pas de pertinence effectivement.
a écrit le 27/09/2013 à 14:45 :
Ah les clubs de réflexions de la cinquième république,ça nous rajeunis pas tout ça.Tout cela sera bien vite enterré comme d'hab.Remettre en cause les intérêts des lobbys qui ronronnent depuis des lustres (il faut avant tout mettre de la concurrence entre autre,cela crée de l'émulation), "De quelle manière la France doit-elle s'insérer dans le commerce mondial" non c'est une vanne,les Pisany-Ferry and Co n'ont pas encore compris que l'on est jusqu'au cou dans la mondialisation Airbus,ESa,etc...Ils ont deux guerres de retard et ils parlent de prospective .Anne ne vois-tu rien venir ?
a écrit le 27/09/2013 à 14:40 :
Certainement pas brillant avec gestion socialo.
a écrit le 27/09/2013 à 14:31 :
que de fric dépensé pour rien !!!!!
a écrit le 27/09/2013 à 13:56 :
Plutot que de chercher à imiter nos voisins il me semble que nous devrions exploiter notre façade maritime en developpant l'activité portuaire .En effet comment expliquer que le seul port de Rotterdam réalise un trafic supérieur à celui de l'ensemble de nos ports ? Géne ou Barcelonne ont fait + 200% en quelques années alors que Marseille n'a fait que +25 % .
Il me semble que nous avons là un "gisement" d'emplois et d'activités directes et induites ( réparation de bateau, transformation etc...)
Curieux que cela ne soit jamais , vraiment jamais évoqué ????
Réponse de le 27/09/2013 à 14:32 :
La France a choisi de développer les acquis sociaux des dockers et pas l'activité portuaire.
Réponse de le 27/09/2013 à 17:17 :
il est bien trop tard pour miser sur le portuaire, sauf peut etre centrer sur 3 ports maxi et guère plus

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