Geoffroy Roux de Bézieux : ce qu'il attend du virage social-libéral de François Hollande

Geoffroy Roux de Bézieux, vice-président délégué du Medef, attend beaucoup du tournant "social libéral" de François Hollande. lnvité ce mardi du club des entreprises La Tribune/CCI de Paris-IDF, il a précisé les conditions qui pourraient faire du pacte de responsabilité un succès pour l'emploi.

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Geoffroy Roux de Bézieux attend beaucoup du virage social libéral de François Hollande, notamment des baisses d'impôts de 100 milliards d'euros grâce à une baisse de la dépense publique d'autant. | La Tribune
Geoffroy Roux de Bézieux attend beaucoup du virage "social libéral" de François Hollande, notamment des baisses d'impôts de 100 milliards d'euros grâce à une baisse de la dépense publique d'autant. | La Tribune (Crédits : Reuters)

Le retour de la confiance selon le Medef. A quelques heures de la conférence de presse du François Hollande, Geoffroy Roux de Bézieux, numéro 2 de l'organisation patronale a précisé ce mardi les conditions d'une réussite du pacte de responsabilité proposé par le président de la République. Invité du Club des entreprises de La Tribune et de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris - IDF, Geoffroy Roux de Bézieux a estimé que "l'économie de marché, c'est avant tout l'économie de la confiance".

Sa recette, donc, pour relancer le pays consiste à redonner des perspectives aux entreprises qui, rappelle-t-il, sont d'abord faites pour "faire des profits", l'emploi et la bonne marche du pays n'étant selon lui qu'une conséquence des marges des entreprises et donc de leur capacité à investir.

Quelques bons points pour l'exécutif...

Suivant cette logique, il a distribué quelques bons points à l'exécutif, lancé dans un pacte de responsabilité à destination des entreprises afin de créer le million d'emplois promis par le patron du Medef, Pierre Gattaz. Premier bon point, l'Accord national interprofessionnel, lancé il y a un peu moins d'un an et qui permet aux entreprises de donner plus de flexibilité en matière d'emploi lorsque la conjoncture n'est pas bonne.

L'accord sur la formation professionnelle, qui rappelons le n'a pas été signé par la CGPME, a lui aussi été qualifié de bon accord équilibrant "liberté pour les entreprises" et "responsabilité pour les salariés," selon ses termes.

Le Crédit d'impôt compétitivité entreprise (CICE) a quant à lui eu droit à un encouragement : "laissons lui sa chance au moins en 2014, nous en verrons alors ses premiers effets". Mais le dispositif n'est pas totalement convaincant selon Geoffroy Roux de Bézieux, car il n'est pas efficace pour les petites entreprises.

... et beaucoup de requêtes

Sa solution, sans surprise, passe plutôt par un vrai allègement des charges, une baisse des impôts... et une "modération salariale".

"L'objectif est surtout de donner une trajectoire de long terme aux entreprises qui doivent savoir combien leur coûtera le salarié qu'elles viennent d'embaucher dans cinq ans," explique-t-il.

Il reconnaît, dans une formule certainement peu audible pour les salariés, une part de responsabilité des entreprises, notamment des grands groupes, dans le décrochage de compétitivité de la France, du fait de la hausse des salaires depuis dix ans, déconnectée des gains de productivité et plus forte qu'en Allemagne. Mais il considère que la balle est surtout dans le camp du gouvernement et des représentants des salariés qui doivent désormais chercher un compromis plus favorable à l'emploi.

Baisser la dépense publique de 100 milliards d'euros

Peu favorable à un transfert du financement de ces baisses de charges sur des impôts d'Etat (CSG ou TVA) ou alors "de façon provisoire", il considère que l'exécutif doit surtout remettre à plat le coût du système social français. A l'approche de la renégociation de la convention Unedic (qu'il a présidé de 2008 à 2010), il plaide par ailleurs pour une assurance chômage moins généreuse, "qui incite à retrouver du travail". Le coût très élevé de l'hôpital public doit aussi amener les pouvoir publics à s'interroger sur l'optimisation de la dépense dans la santé, selon lui. Quant aux retraites, objet d'une "non réforme", selon ses termes, il faudra y revenir.

Et c'est là que le compromis réclamé se transforme en requête à destination de François Hollande. Selon lui, dans la droite ligne des propos de Pierre Gattaz, la baisse des impôts et des charges doit à terme être financée par une réduction de la dépense publique de 100 milliards d'euros au total. "Cela doit se faire avec le temps," concède-t-il toutefois, conscient du rejet qu'une telle idée peut susciter.

Besoin d'un signal urgent

En clair, le numéro deux du Medef attend beaucoup du tournant "social-libéral" annoncé par François Hollande lors de ses voeux pour la nouvelle année. "Les entreprises ont besoin d'un signal urgent" a-t-il insisté. Reste à attendre la conférence de presse du président de la République cet après midi pour savoir s'il a été entendu. 

Un signal qui est selon lui le seul moyen d'en finir avec "l'économie pouf" de la France, selon sa formule, c'est à dire une économie dont la chute n'est jamais douloureuse, mais pour laquelle se relever est toujours plus difficile. Il craint en effet que la reprise en France annoncée notamment par l'OCDE lundi ne soit que le résultat d'une accélération de ses partenaires, et non d'un regain de compétitivité.

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Commentaires 6
à écrit le 16/01/2014 à 11:35
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Il plaide pour une assurance chômage moins généreuse, "qui incite à retrouver du travail". Mais que croit-il ? Que c'est confortable de se retrouver au chômage ? Cela ne suffit pas que des gens se retrouvent en difficultés financières en perdant leur...

à écrit le 14/01/2014 à 18:30
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Tient cet incompétent notoire sort de nouveau de son terrier

à écrit le 14/01/2014 à 17:55
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Roux de mes deuze tout droit sorti d'un livre de courteline

à écrit le 14/01/2014 à 17:55
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Roux de mes deuze tout droit sorti d'un livre de courteline

à écrit le 14/01/2014 à 12:54
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Roux de Bézieux, président du comité de rémunération chez PSA et à ce titre signataire de la retraite de Varin, grand grand stratège !

le 14/01/2014 à 15:54
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Lisez Le Point sur la retraite de JM Ayrault (300.00€/an) et autres, et vous verrez alors différemment les retraites des patrons du privé, puisque les politiques arrivent à avoir autant voire plus que dans le privé. Avec UNE ENORME différence : c'est...

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