Et si la courbe du chômage s'était inversée en 2013 ?

Corentin Dautreppe

Corentin Dautreppe
Paradoxal. Alors que le nombre d'inscrits à Pôle emploi a continué à grimper fin 2013, le taux de chômage en France a, selon l'Insee, baissé de 0,1 point au 4e trimestre 2013, à 9,8% de la population active en métropole (10,2% avec les Dom).
L'Insee, qui mesure le chômage selon les normes du Bureau international du travail (BIT) a indiqué que, "sur l'année, le nombre de chômeurs au sens du BIT est stable" :
Mesuré grâce à une enquête effectuée chaque trimestre auprès de 110.000 personnes, le taux de chômage est le seul indicateur reconnu au niveau international. Il est souvent préféré par les économistes aux chiffres de Pôle emploi, soumis aux aléas administratifs (inscriptions, radiations, etc).
L'amélioration mise en évidence par l'Insee concerne notamment les 15-24 ans (-1,1 point sur un trimestre, -2,6 points sur un an). Leur taux de chômage atteint toutefois encore 22,8% au 4e trimestre 2013.
Nouveauté importante dans les chiffres publiés jeudi, une révision à la baisse de 0,5 point de tous les taux de chômage, présents et passés, due à une "rénovation" de l'enquête menée auprès des ménages.
L'Insee a notamment revu la formulation de certaines questions, afin d'améliorer leur compréhension. In fine, avec ce nouveau questionnaire jugé plus pertinent, les résultats font apparaître un taux légèrement inférieur à celui obtenu avec le précédent. L'Institut a donc décidé d'abaisser l'ensemble de ses chiffres, afin de permettre les comparaisons dans le temps, et avec les autres pays. "Personne n'a mis son nez là-dedans au gouvernement, ni au ministère du Travail, ni à Bercy", affirme-t-on au ministère du Travail à propos de cette nouvelle méthode.
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Il y a en effet plusieurs méthodes pour apprécier l'étendue du chômage. On peut se concentrer sur le taux de chômage, qui mesure le nombre des chômeurs par rapport à la population active. Ce que font donc l'Insee et le Bureau international du travail (BIT) pour les comparaisons internationales.
On peut aussi décompter le nombre des demandeurs d'emploi inscrits dans telle ou telle catégorie(de " A" à "E ") à Pôle emploi. Or, c'est sur ces dernières données que le gouvernement et le Président se fondent pour apprécier l'évolution de la courbe du chômage.
Plus précisément, c'est même la catégorie " A " qui sert de baromètre, c'est-à-dire celle où s'inscrivent les demandeurs d'emploi n'ayant exercé aucune activité le mois précédent. A la lettre, l'objectif d'inversion de la courbe n'est donc pas atteint. Bercy s'est d'ailleurs refusé à tout excès de triomphalisme dans son communiqué.
Dans un communiqué commun les ministres des Finances et du Travail mettent en avant la stabilisation de la situation de l'emploi :
Sur i>Télé, dont il était l'invité, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a toutefois affirmé :
Le deuxième "thermomètre" du chômage en France, le nombre d'inscrits à Pôle emploi, a lui au contraire continué à grimper fin 2013, contredisant l'engagement présidentiel d'"inverser la courbe du chômage" à la fin de l'année dernière.
Avec une hausse de 0,3% du nombre des demandeurs d'emploi en décembre, le chef de l'Etat avait raté son pari. Mais le ministre du Travail s'était consolé avec le net ralentissement de la hausse: 177.800 chômeurs de plus (catégorie "A") en 2013 contre 283.000 supplémentaires en 2012.
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