L'accélération des prix en France ne justifie pas l'immobilisme de la BCE

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L'effet de récupération après les soldes explique l'accélération de l'inflation en février
L'effet de récupération après les soldes explique l'accélération de l'inflation en février (Crédits : reuters.com)
En France, les prix ont progressé en février de 0,9 %, contre 0,6 % en janvier. Mais la tendance de fond reste faible, comme partout en Europe.

En février, la hausse des prix a, à nouveau, accéléré en France. Selon l'Insee, les prix ont augmenté de 0,9 % sur un an. En données corrigées des variations saisonnières, c'est une accélération notable puisque l'inflation se situait à 0,6 % en janvier. En données harmonisées européennes, le taux d'inflation passe en un mois de 0,6 % à 1,1 %. Voilà qui expliquerait en grande partie la stabilisation de l'inflation à 0,8 % enregistrée au niveau de la zone euro alors même que les prix ont décéléré en février en Allemagne (1 % contre 1,2 %), en Italie (0,5 % contre 0,6 %) et en Espagne (0 % contre 0,3 %).

Comme la BCE, la semaine dernière, s'est dissimulée derrière cette stabilisation pour expliquer son attentisme, il importe donc de connaître les causes de cette accélération des prix en France. Est-ce là un vrai tournant capable de jouer positivement sur les marges des entreprises ? Le détail des chiffres de l'Insee ne permet pas de répondre réellement positivement.

La hausse après les baisses

La hausse de février s'explique surtout par un effet de rattrapage après des soldes de janvier marqué par des rabais notables. Du coup, le secteur de l'habillement et des chaussures a vu ses prix grimper en février de 6,2 % après un recul de 15,4 % le mois précédent. Celui de l'ameublement a connu en février une hausse de 1,9 % après -2,5 % en janvier, tandis que les prix des « gros appareils ménagers » ont progressé le mois passé de 0,8 % après -2,2 % en janvier.

On le voit, ces hausses de février ne permettent pas de récupérer entièrement la baisse de janvier, loin de là, mais elles expliquent le rebond des prix des produits manufacturés (+1,3 % sur un mois). Selon les calculs des économistes de BNP Paribas, le seul secteur de l'habillement et des chaussures aurait apporté les 30 points de base de plus enregistré en février par l'inflation française. Ce qui, par contraste, signifierait que l'inflation est demeurée stable par ailleurs.

Tendance faible

A cela s'ajoute l'impact des hausses de TVA décidées le 1er janvier et qui ne se diffusent que progressivement. BNP Paribas estime que l'impact de cette hausse est de 0,25 point et que, en comparant le taux d'inflation de février (1,1 % harmonisé) à celui de décembre (0,8 %), on retrouve cette hausse. Mais là encore, ceci signifie que, par ailleurs, l'inflation demeure stable. « La tendance sous-jacente demeure très faible », expliquent les experts de la banque française. Autrement dit, cette reprise de l'inflation française ne change pas l'essentiel : la hausse des prix demeure extrêmement faible du point de vue des entreprises.

L'attentisme injustifié de la BCE

Du coup, on conçoit combien l'estimation flash d'Eurostat pour la zone euro justifiait peu l'immobilisme de la BCE. Un peu partout, le processus de désinflation se poursuit. Dans certains pays, comme l'Espagne ou le Portugal (où l'inflation est en février devenu négative à -0,1 % sur un an), la situation est préoccupante. Car, même sans recul évident des prix, une période longue de faible inflation pèse sur les marges et, à terme, sur l'investissement. Or, dans les pays les plus fragiles de la zone euro, il n'y aura de reprise durable que si les exportations se traduisent in fine par un mouvement d'investissement.

Sans compter un autre effet : la faible inflation de la zone euro renchérit les taux réels de la zone euro relativement aux Etats-Unis. Et cet écart alimente à son tour une fermeté de l'euro qui nuit évidemment à la reprise des pays périphériques et d'autres pays comme la France et les Pays-Bas. Si cette fermeté se poursuivait, elle conduirait à la nécessité de nouvelles dévaluations internes et donc à l'affaiblissement des demandes internes. Ceci ne manquerait pas de tuer la reprise naissante. Décidément, il est temps d'agir pour la BCE.

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Commentaires
a écrit le 14/03/2014 à 8:16 :
on part d une conviction et on habille le raisonnement....methode coué.
a écrit le 13/03/2014 à 16:43 :
Le PIB de l'Irlande a baissé de 2,3% au 4e trimestre. Ben quoi alors ça va mieux, parait-il, pour les pays à économie bancale de la zone euro ! La France, elle aussi est dans le piège à C.. de l'euro dans lequel elle s'est mis et devrait être en mesure de rééditer les mêmes exploits dés-inflationnistes que L'Espagne ou le Portugal. Patience ça arriver puisqu'il lui faut respecter le pacte budgétaire européen qu'elle a signé.
a écrit le 13/03/2014 à 14:57 :
L'article est assez alambiqué, et par conséquent difficile à comprendre. Il est dommage aussi qu'il ne mette pas en perspective l'information économique de ce matin, à savoir que les salaires continuent d'augmenter plus vite en France que l'inflation, malgré le chômage. Autrement dit, la compétitivité française continue de diminuer. La vraie solution de notre problème n'est donc pas dans les mains de la BCE, mais dans les nôtres ! Et en clair, il est peut-être nécessaire de rééquilibrer le rapport de forces entre salariés et employeurs... En tous cas, il serait temps d'ouvrir le débat !
Réponse de le 13/03/2014 à 16:10 :
les salaires augmentent ????? f ranchement je doute . les statistiques doivent encore venir d'une agence d'état
Réponse de le 13/03/2014 à 16:37 :
On est d'accord. J'irai même dire que les salaires diminuent pour une minorité mais les impôts augmentent pour tous sauf pour les gens vivant sur le dos de la société.
a écrit le 13/03/2014 à 13:58 :
Donc en France , les gens gagnent moins ...sous le gouvernement socialiste et paient plus...
a écrit le 13/03/2014 à 12:26 :
il est evident que gouvernement ne compte que sur l'inflation pour diminuer la dette DEJA avec l'augùmentation de la tva c'est automatique;les droits de mutation plus 20 fait flamber l'immobilier mais les rentrées seront moindre par diminution des transactions
a écrit le 13/03/2014 à 11:53 :
les prix accélère ?????????????????????????????????

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