Le Portugal de retour sur les marchés sans filet ?

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Pour Steffen Kampeter, secrétaire d'Etat allemand aux Finances, une sortie du programme sans ligne de crédit de précaution serait l'occasion de renforcer encore plus la crédibilité du Portugal auprès des investisseurs, à l'instar de l'Irlande.
Pour Steffen Kampeter, secrétaire d'Etat allemand aux Finances, une sortie du programme sans ligne de crédit de précaution serait "l'occasion de renforcer encore plus la crédibilité" du Portugal auprès des investisseurs, à l'instar de l'Irlande. (Crédits : reuters.com)
Le gouvernement allemand et la Commission européenne ont évoqué lundi pour la première fois le scénario d'une sortie du Portugal de son plan d'aide internationale sans filet de sécurité, à l'instar de l'Irlande.

"Le Portugal est proche de la fin de la mission de la troïka, ce qui veut dire qu'il a une bonne occasion de sortir du plan d'aide sans filet de sécurité", a déclaré Steffen Kampeter, secrétaire d'Etat allemand aux Finances, tout en précisant que la décision finale revenait au gouvernement portugais.

"Il est clair qu'un programme de précaution apporte toujours plus de garanties et de sécurité. Mais si le Portugal était en mesure de s'en passer, ce serait mieux pour tout le monde", a de son côté précisé le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, à des journalistes portugais à Bruxelles.

Appel au consensus sur les mesures à prendre

"Une sortie dans de bonnes conditions" sera facilitée si les partis politiques parviennent à trouver un "large consensus" autour de la rigueur budgétaire qui "ira au-delà du mandat du gouvernement actuel", a estimé le président de la Commission européenne.

Le Parti socialiste, principale formation de l'opposition, a aussitôt rejeté l'appel du responsable européen.

"Il ne faut pas compter sur le PS pour soutenir ce consensus sur l'appauvrissement des Portugais", a souligné le député socialiste Carlos Zorrinho. "Le PS est favorable à un consensus sur la croissance et l'emploi", a-t-il ajouté.

Changement de cap à Bruxelles

Le président de la Commission européenne avait pourtant plaidé en janvier dernier en faveur d'un recours pour le Portugal à un programme de précaution à l'issue de son plan d'aide internationale qui expire le 17 mai prochain.

"La situation a évolué favorablement" depuis, a-t-il finalement souligné. "Quelle que soit l'option choisie par le Portugal, la Commission européenne est prête à la soutenir", a-t-il toutefois ajouté.

Décision en avril

Le gouvernement portugais compte attendre jusqu'en avril pour décider s'il se porte candidat à une ligne de crédit de précaution, à laquelle il pourrait avoir recours en cas de turbulences des marchés, ou s'il se lance sur les marchés sans filet.

Berlin prend l'Irlande en exemple

Pour Steffen Kampeter, une sortie du programme sans ligne de crédit de précaution serait "l'occasion de renforcer encore plus la crédibilité" du Portugal auprès des investisseurs, à l'instar de l'Irlande.

La décision de l'Irlande de s'affranchir en décembre dernier de son plan d'aide sans filet de sécurité a "contribué à améliorer la perception des marchés" concernant le pays, a expliqué le responsable allemand en marge d'un séminaire sur l'Europe à Porto.

"J'espère qu'à l'avenir la perception des marchés concernant le Portugal sera également positive. Je n'ai aucun doute que les mesures mises en oeuvre par le pays renvoient un signal positif", a-t-il commenté.

Promesse de solidarité

La sortie du Portugal de son plan ne "signifie pas la fin de la solidarité européenne", a assuré le secrétaire d'Etat allemand, qui doit rencontrer mardi à Lisbonne la ministre des Finances Maria Luis Albuquerque.

Ces déclarations interviennent alors que le Portugal a obtenu vendredi un nouveau satisfecit de ses créanciers internationaux pour la mise en oeuvre de sa politique d'austérité en échange d'une aide de 78 milliards d'euros accordée en mai 2011.

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a écrit le 04/03/2014 à 8:48 :
Dans la situation normale d’un pays disposant de la souveraineté monétaire, il y a un filet de sécurité qui est apporté par sa banque centrale. Cela a été le cas du Royaume-Uni, en situation économiquement et financière délabrée, lors du déclenchement de la Crise financière de 2007 – 2008. S’il avait été dans la zone euro, il aurait eu un élargissement des spreads (pour l’Etat britannique hausse des taux d’intérêt pour se financer sur les marchés) mais en fait l’ajustement a été fait par la baisse du taux de change de la monnaie britannique et pas par la hausse des taux d’intérêt car la banque centrale britannique achetait les obligations d’État sur le marché. Lors de difficultés économiques, la souveraineté monétaire est une condition nécessaire mais pas suffisante car en cas de gestion calamiteuse, cas de l’Ukraine aujourd’hui, c’est le désastre. Ce pays est aussi confronté à une invasion militaire, ce qui ne facilite pas bien sur le rétablissement de sa situation économique.

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