Matthieu Pigasse dénonce "le triomphe de la France des ronds points"

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Le moins que l'on puisse dire, c'est que Matthieu Pigasse en veut au président de la République. Dans "Éloge de l'anormalité" (Plon), le banquier de gauche à la tête de la banque Lazard et coactionnaire du Monde démonte d'une plume acérée l'(in)action de François Hollande. En voici quelques extraits publiés par les Echos.
"La normalité est devenue le déguisement de la passivité. Quand on est normal, on ne fait pas grand-chose parce qu'on ne peut pas grand-chose. On ne va pas déplacer des montagnes, ni soulever des océans, ni remuer ciel et terre. Impossible ! On est normal", s'indigne Matthieu Pigasse, qui déplore l'absence de cap fixé par le président de la République. Pourtant, "'le courage est la première de toutes les vertus politique', disait Hannah Arendt", rappelle-t-il.
Son premier sujet d'agacement est sans surprise l'économie: "quels sont nos objectifs et les moyens mis en œuvre pour les atteindre?" s'interroge-t-il. "Cherchez, vous ne trouverez pas," tranche-t-il. Nostalgique de la gauche des années 1980, Matthieu Pigasse prend en exemple le tournant de la rigueur auquel s'était astreint François Mitterrand en 1983.
Le banquier critique le "triomphe de la France des ronds points, celle qui tourne en rond". "Six milliards d'euros engloutis chaque année dans les ronds points", s'indigne-t-il encore, dont "deux sont consacrés à la seule décoration".
Le message à l'adresse de François Hollande est sans équivoque: la France aurait confondu dette et pouvoir d'achat pour se voiler la face. La fin de l'illusion devrait permettre, selon lui, de s'intéresser au vrai problème: la productivité.
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Pour lui, "le contraste entre la réalité et les discours est frappant".
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"Ce qui est en cause aujourd'hui, c'est l'existence même de notre système démocratique," affirme Matthieu Pigasse. La faute à "l'incapacité à faire face à la crise, à lutter contre la pauvreté et le chômage, la croissance explosive des inégalités, la dégradation continue des grandes infrastructures, la recherche du profit immédiat, la médiocrité des dirigeants, leur manque de souffle, de vision, d'ambition, les scandales à répétition (et à) l'absence de grand dessein collectif".
Enfin, le patron de la banque Lazard conclut :
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