Imperial Tobacco, des bénéfices en hausse dans le monde, une usine qui ferme en France

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Imperial Tobacco se place en deuxième position sur le marché de la cigarette en France, derrière Philip Morris, en termes de chiffres d'affaires. (Photo : Reuters)
Imperial Tobacco se place en deuxième position sur le marché de la cigarette en France, derrière Philip Morris, en termes de chiffres d'affaires. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
L'ex-Seita, filiale du groupe britannique a confirmé la fermeture prochaine de la plus importante usine de cigarettes de France, située à Nantes, qui produit des Gauloises. Sa production sera délocalisée en Pologne. Le plan de restructuration compromet près de 900 emplois.

Les Gitanes "Made in France", c'est (presque) fini. La maison-mère britannique de l'ex-Seita, Imperial Tobacco, a confirmé ce mardi un vaste plan de restructuration qui prévoit la fermeture de son usine de Nantes. Une information qui a filtré dans Le Figaro lundi et confirmée après un comité central d'entreprise extraordinaire. En voici les principaux points. 

  • Fermetures à Carquefou et Notthingham

L'usine de Carquefou, dans la banlieue de Nantes, produisait 75 millions de cigarettes par jour en 2012. Principal site de production de l'ex-Seita, la filiale d'Imperial Tobacco depuis 2008, cette usine emploie 327 personnes. 

Environ 35% de sa production est destinés au marché français. Le reste est exporté, notamment en Allemagne ou vers les pays du Moyen-Orient. Elle devrait, selon Le Figaro, être délocalisée en Pologne. 

La Grande-Bretagne n'est pas épargnée par ce plan. Le producteur de cigarettes a en effet l'intention de fermer son usine de Nottingham, au Royaume-Uni, qui compte 570 salariés.

  • Du centre de recherche et développement

L'un des deux centres de recherche d'Imperial tobacco en France, situé à Bergerac, fermera également ses portes. 

Le groupe conserve un autre centre de recherche et développement près d'Orléans (Loiret),  l'usine de Riom (Puy-de-Dôme), où travaillent 224 personnes, une filiale en Corse et une plate-forme logistique au Havre (Seine-Maritime).

  • Une trentaine d'emplois menacés?

En France, toujours d'après Le Figaro, le nombre de postes supprimés au total atteint 502 auxquels il faut retrancher les postes vacants (58), et les 78 créés dans l'organisation commerciale. Les syndicats avancent le chiffre de 30 emplois nets menacés. 

La CGT s'inquiétait déjà fin mars d'un possible fermeture de l'usine de Carquefou, comme le rapportait Ouest-France

La direction de Seita "comprend et partage l'émotion que peut susciter cette annonce (...). La société s'attachera à identifier puis à mettre en oeuvre des solutions d'accompagnement adaptées à chacun des salariés concernés, en concertation avec les partenaires sociaux", a-t-elle déclaré dans un communiqué publié ce 15 avril. 

  • Tendance à la baisse des ventes pour le numéro deux Français

Dans un communiqué publié ce mardi, l'ex-Seita justifie ainsi sa restructuration: 

"Le projet de réorganisation vise à sauvegarder la compétitivité et assurer la pérennité d'Imperial Tobacco et de Seita face aux difficultés rencontrées sur les marchés européens et français. Il intervient dans un contexte marqué par un important ralentissement de la demande de tabac, l'accroissement de la pression réglementaire et l'explosion de la contrebande et de la contrefaçon".

De fait, comme ses concurrents, le groupe souffrirait d'un essoufflement des ventes en Europe. En France, depuis 2005, les vents ont ainsi diminué de 20% selon une étude du cabinet Xerfi datant d'octobre 2013.  

D'après cette étude, Imperial Tobacco se place en deuxième position dans l'Hexagone sur le marché de la cigarette, derrière Philip Morris. La fermeture de l'usine de Carquefou au profit d'une ouverture en Pologne viserait à renforcer les ventes sur les marchés du Moyen-Orient et de l'Europe de l'Est, selon Le Figaro. 

  • Mais des bénéfices en légère hausse l'an dernier

Son dividende par action a toutefois augmenté de 10% l'an dernier à 116,4 livres, comme il le met en exergue sur son site. Son bénéfice net total en 2013 s'élèvait à 2,25 milliards de livres contre 2,19 l'année précédente soit une augmentation de 2%. En revanche, sa part de marché a reculé de 40 points de base. Dans son rapport sur ses résultats, il précise:

"Nos marques ont réalisé des performances robustes, notamment Gauloises Blondes, qui a terminé l'année avec des partes de marché stables, et News qui a gagné des parts."

  • Bientôt des cigarettes électroniques? 

La restructuration n'est pas la seule arme qu'a choisie la compagnie pour tenter de rattraper des parts de marché. Fin novembre, comme l'ont également fait certains de ses rivaux, le cigarettier a par exemple annoncé son intention de produire des... cigarettes électroniques. 

   >> La cigarette électronique est-elle à l'origine de la baisse du tabagisme ?

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Commentaires
a écrit le 29/05/2014 à 16:30 :
Ces grévistes égoïstes ont-ils autant d'intérêt pour les gens qu'ils tuent, les familles endeuillées, les millions d'euros que leur travail coûte à la Sécurité Sociale. Vont-ils aux enterrements des gens qu'ils ont tués. Pensez à vous reconvertir, c'est gratuit, et faites un métier honnête et propre vis-à-vis des concitoyens. On ne peut pas pleurer sur vous.
a écrit le 29/05/2014 à 16:26 :
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a écrit le 15/04/2014 à 21:47 :
Le mieux serait de produire en Chine des produits contrefaits pour les vendre au prix français pour optimiser les bénéfices :-)
a écrit le 15/04/2014 à 20:29 :
Au delà du côté humain , il conviendra de rappeler qu'en France ,le tabac tue tous les jours 200 personnes soit l'équivalent d'un AIRBUS qui s'écrase quotidiennement.Je ne parle pas du coût pour la sécurité sociale alors ...
a écrit le 15/04/2014 à 17:19 :
Le montant du Smic au 1er janvier 2014 :France 1 445,38 €
Pologne 387,31 €
Il faut baisser alors les salaires
Réponse de le 15/04/2014 à 18:37 :
est-ce qu'on aligne aussi les revenus du patronat français sur celui du patronat polonais ? il me semble que cela signifie une déflation, puisque si des gens gagnent moins, ils consomment moins( et empruntent moins).
logiquement il faudrait mettre des taxes entre les pays, taxes reliées directement au niveau de vie par une sorte d'automatisme mathématique, plus les niveaux de vie se rapprochent et plus les taxes baissent.
a écrit le 15/04/2014 à 17:15 :
On ne peut pas, d'un coté se féliciter de la baisse de la consommation de tabac, et de l'autre, pleurer qu'une usine de fabrication de cigarette ferme !
a écrit le 15/04/2014 à 16:52 :
PSA aussi fait de bénéfices dans le monde et pourtant avait menacé de fermer son usine d'Aulnay-sous-Bois. Dès qu'on devient une multinationale les intérêts avec la maison-mère deviennent très relatifs, chaque usine (et n'importe où elle se trouve) possède sa propre vie.
a écrit le 15/04/2014 à 15:11 :
Heureusement que l'euro et l'Europe nous protègent de la mondialsation. Sinon nous serions isolés comme la Suisse ou la Norvège.
Réponse de le 15/04/2014 à 19:00 :
Et l'usine qui ferme en Angleterre, c'est aussi à cause de l'Euro ???
a écrit le 15/04/2014 à 14:36 :
et un plan social de plus
merci la politique de taxes, on aura plus de protection, mais pas de travail

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