Entre bonheur et frustration, le paradoxe du salarié français

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Parmi les motifs d'insatisfaction, on compte le manque de reconnaissance (52%) et le manque de respect (43%). Enfin, ils sont une grosse majorité à s'estimer sous-payés. (Photo : Reuters)
Parmi les motifs d'insatisfaction, on compte le manque de reconnaissance (52%) et le manque de respect (43%). Enfin, ils sont une grosse majorité à s'estimer sous-payés. (Photo : Reuters) (Crédits : reuters.com)
Les Français sont insatisfaits par leurs salaires et le manque de reconnaissance au travail. Et pourtant, ils se disent heureux.

Minés par les insatisfactions, les salariés français n'ont pas le moral. C'est ce que montre le dernier baromètre Ipsos-Endered sur "le bien-être et la motivation" des salariés européens publiée mardi.

Moral en berne et frustrations

L'enquête, menée auprès de 8.800 salariés de huit pays (dont la France, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, le Royaume-Uni) montre que pas moins de 38% des salariés français reconnaissent avoir le moral en berne, contre 29% en moyenne dans l'ensemble des pays de l'étude.

Seuls 59% de ces salariés français ont confiance dans l'avenir de leur entreprise. Un niveau équivalent aux Portugais ou aux Italiens. Alors que 80% des Allemands ont confiance dans l'avenir de leur entreprise.

Parmi les motifs d'insatisfaction, figure le manque de reconnaissance (52%) et le manque de respect (43%). Enfin, ils sont une grosse majorité à s'estimer sous-payés.

Le bonheur est au travail

Et pourtant, simple n'est pas français. Car 88% des personnes interrogées dans l'Hexagone se disent... heureux au travail, un niveau proche de la moyenne européenne. Même si l'estimation qu'ils font de leur qualité de vie au travail reste inférieure à des pays comme l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Suède et la Belgique.

En fait, l'étude montre à quel point la France se trouve entre deux mondes. Celui de l'Europe du Sud, en plein marasme économique, et celui de l'Europe du Nord, où les effets de la crise ont été plus limités.

Plus de frontière entre vie privée et vie professionnelle

Enfin, l'étude montre aussi un phénomène qui touche tous les pays d'Europe : la disparition progressive de la frontière entre vie privée et vie professionnelle à cause des nouvelles technologies. Aujourd'hui, 67% des salariés européens disent être sollicités par leur employeur en dehors de leurs horaires de bureau. Mais 62% d'entre eux reconnaissent aussi régler des problèmes personnels de leur lieu de travail.

Un phénomène encore plus fort chez les cadres dirigeants. 90% des cadres dirigeants sont sollicités hors du travail. Par ailleurs, 77% des tops managers et 78% des managers sont amenés à régler des problèmes personnels pendant leurs heures de travail.

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Commentaires
a écrit le 21/05/2014 à 20:12 :
Il n’y a que l’état qui souhaite que nous dissocions vie professionnelle et vie privée, pour pouvoir justifier le prélèvement de taxes sur notre travail.
Vouloir dissocier la vie professionnelle de la vie personnelle est une erreur trop répandu.
Le Travail est une part pleine et entière de la vie. L’activité professionnelle est une des actions de la mise en œuvre de la vie personnelle. C’est notre société moderne qui nous donne l’illusion de la dissociation de ces activités de la vie, dans le passé les 2 activités étaient indissociables. L’important est de rythmer sa vie de toutes les actions qui la composent, travail à la maison, à l’extérieur, avec ses enfants, son conjoint, ses amies et d’autres…
Que le travail a ou n’a pas de revenu monétaire, ne doit jamais nous faire perdre le plaisir et le côté ludique de nos actes, sinon nous sommes malheur soit au travail « Professionnelle » ou au travail non « professionnelle » ou les deux.
a écrit le 21/05/2014 à 14:28 :
Je ne connais pas trop ce qu'il se passe ailleurs, quoique chez les Allemands c'est plutôt cool, c'est notre management qui laisse à désirer, sans doute le cadre totalement incompétant la plupart du temps pour valider sa place se croit obligé de jouer au garde chiourme.
a écrit le 21/05/2014 à 14:20 :
Au terme d'un congé de convalescence, j'ai du être libéré des obligations militaires 5 mois au delà des un an normal. J'ai interrompu des études supérieures, on m'a infligé des médicaments pour les nerfs, j'ai finalement attaqué l'Etat sur ses deniers sans pouvoir prétendre à droit à pension, je voulais y voir plus clair. Une procédure de trente ans mais avec avocat commis d'office, une investigation pré-période, une suite ininterrompu de commentaires, dont entre autres "Problèmes professionnels et privés", j'aurai pu attaquer au pénal, mais ça coute trop cher.Plus de frontière entre vie privée et vie professionnelle, oh que OUI

Enfin, l'étude de mon dossier montre aussi un phénomène qui touche tous les pays d'Europe : l'arsenal juridique : la disparition progressive de la frontière entre vie privée et vie professionnelle à cause des nouvelles technologies est une cause flagrante. A l'armée, vous êtes sollicités par les gradés en dehors de vos horaires
Ils sont loin de reconnaitre qu'ils aiment i régler leurs problèmes personnels de leur lieu d'affectation sur le dos des" bleus."

Un phénomène encore plus fort chez les grades au-delà d'adjudant. Par ailleurs, les psychiatres tops managers sont amenés à créer encore plus de problèmes , plus personnes comprend
a écrit le 21/05/2014 à 13:54 :
Le Français est très paradoxal : plus de social (gratuit), plus de fonctionnaires (déjà 5.200;000 mal payés), plus de règles pour se protéger du monde ( des dizaines de milliers de pages de Lois, règlementations diverses de pages, et son corollaire 5.500.000 chômeurs), plus de liberté d'entreprendre (et il veut être fonctionnaire), plus de concurrence ( et refus de la concurrence pour la SNCF), plus de médecins (et depuis 20 ans, leur effectif diminue), manger mieux ( les produits bas de gammes avec l'huile de palme se vendent très bien), des études supérieures gratuites ou quasi gratuites ( et des enfants d'ouvriers n'y ont pas accès, faute de vraies Bourses), travailler très peu ( 35 heures que certains Politiques dans l'opposition dénoncent et ne les annulent pas une fois au pouvoir), gagner beaucoup ( le SMIC revient réellement à environ 2.000 euros. charges patronales et exonérations payées par l'impôt inclues)....
Réponse de le 08/07/2014 à 5:10 :
Bonne analyse !!!

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