L'appel des "députés frondeurs" reçu avec tiédeur au PS, chaleur au Front de gauche

 |   |  559  mots
Le projet de loi de Finances rectificative doit être débattu à l'Assemblée du 23 au 25 juin.
Le projet de loi de Finances rectificative doit être débattu à l'Assemblée du 23 au 25 juin. (Crédits : reuters.com)
Les suggestions des "100" députés socialistes en matière budgétaire dévoilées lundi soir ont reçu un accueil mitigé au sein du PS, beaucoup moins au Front de Gauche, tandis qu'à droite, c'est une toute autre proposition que formule l'UMP.

Pour ou contre le "contre-projet"? Une centaine de députés socialistes  (dont Christian Paul, Jean-Marc Germain, Pouria Amirshahi et Laurent Baumel) ont formulé lundi soir une série de propositions pour la loi de budget rectificatives qui doit être votée entre le 23 et le 25 juin.

Dans les grandes lignes, ils proposent de créer 300.000 emplois aidés et de mettre en place d'un taux réduit de contribution sociale généralisée (CSG) pour les ménages des "classes moyennes et populaires". Cette réorientation doit concerner en tout "1 point de PIB". 

  • Division au PS

Des idées qui semblent loin de convaincre l'ensemble de leurs collègues du même bord politique. "Il n'est nul besoin de signer des appels", a ainsi estimé le porte-parole du PS Olivier Faure, ancien conseiller de Jean-Marc Ayrault auprès de l'AFP. "Après les couacs gouvernementaux, on n'est pas obligés d'inventer les couacs parlementaires" a-t-il ajouté. Il précise que le groupe parlementaire PS doit se réunir le 17 juin pour émettre des propositions communes concernant le budget rectificatif. 

De son côté, le responsable des députés PS à la commission des Finances, Dominique Lefebvre, juge qu'une "minorité cherche à imposer à une majorité une position politique qui n'est pas la sienne".

Malek Boutih, quant à lui, qualifie l'initiative de ces députés qui contestent en partie les projets de l'exécutifs de "cinéma". 

En revanche le vice-président PS de la commission des Finances et économiste Pierre-Alain Muet, estime leurs suggestions "réalistes économiquement et politiquement", insistant sur la nécessité de "rééquilibrer le pacte (entre les entreprises et les ménages) tout en respectant la trajectoire de réduction des déficits". Il appartient au groupe de 41 députés de la majorité qui se sont abstenus de voter le pacte de stabilité de Manuel Valls. 

  • Le Front de gauche espère des "convergences"

André Chassaigne, le chef de file du Front de gauche à l'Assemblée, s'est dit, de son côté, prêt à travailler avec les "députés frondeurs" sur des amendements. Il a proposé de les rencontrer mercredi et a affirmé lors d'un point presse:

" Il faut qu'on arrive concrètement à créer des convergences avec tous ceux qui s'opposent, à des degrés divers, à la politique gouvernementale (...) Avec les écolos et certains députés radicaux de gauche, il faut qu'on se retrouve pour montrer qu'on est capable de porter une autre politique de gauche. "

  • Contre-proposition à l'UMP

A droite, en pleine période de crise à la direction de  l'UMP, une contre-proposition de budget a également été suggérée.  Le président UMP de la commission des Finances de l'Assemblée, Gilles Carrez, ainsi qu'Hervé Mariton, le député de la Drôme qui brigue la présidence du parti, proposent "d'atténuer la douloureuse", en créant une franchise d'impôt sur le revenu autour de 130 euros pour tous les contribuables dont le revenu imposable est inférieur à 40.000 euros.

Une mesure qui coûterait  1,8 milliard d'euros, financée par l'abandon de la réforme des rythmes scolaires et de la revalorisation du RSA socle sur l'inflation sur 5 ans. Le projet du gouvernement, lui, est évalué à un milliard d'euros. 

Concernant les fameux députés frondeurs ainsi que les abstentionnistes, Hervé Mariton a ironisé:

"Nous ne rejoignons ni les 100 ni les 41."

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/06/2014 à 13:57 :
d'impot 130 euros dites-vous ?
a écrit le 11/06/2014 à 6:40 :
Économie budgetaire l on peut économiser quelques millions en plafonnant le cumul indemnité de mandat et retraite de nos très chers élus il y a un qui disait qu a partir de 4000 mensuel on est riche...
a écrit le 10/06/2014 à 22:50 :
Il n'est pas très compliqué de comprendre que pour améliorer le sort des pauvres il est préférable d'augmenter au contraire la CSG pour financer l'extension du RSA à l'ensemble des travailleurs...Mais le jour où la gauche de la gauche comprendra l'impôt négatif les poules auront des dents (c'est comme la TVA sociale)
a écrit le 10/06/2014 à 19:55 :
On voit bien qu'ils ne sont pas aux commandes! Pire, il joue contre leur camp et contre le pays.
a écrit le 10/06/2014 à 15:31 :
J'espère qu'ils feront enfin des propositions pour ceux qui payent l'électricité au même prix que les plus aisées. C'est scandaleux de payer l'électricité aussi cher quand on vit dans des habitations mal isolées ou que l'on a pas les mêmes moyens que les français qui surconsomment pour acheter un réfrigérateur classe A+++
L'année dernière j'ai obtenu un financement du mien à la hauteur de 100 euros à peine alors que je gagne juste le smic et ma femme c'est pareil à quelques euros près.
Réponse de le 10/06/2014 à 15:48 :
Avec ce type de raisonnement; il faudrit aussi indéxer le prix de l'air que l'on respire en fonction des revenus.... vous etes vraiment mur pour le communisme... on a vu la brillante réussite de cette idéologie !
Réponse de le 10/06/2014 à 18:26 :
@reformulation: vous avez raison, le France est devenu un pays d'assistés, il faudra du temps pour changer les mentalités.
Réponse de le 10/06/2014 à 18:57 :
Le libre penseur que je suis, s’évertue depuis bien des années à chercher dans les méandres de l’info disponible et sans limitation d’obédience politique, autre chose que cette pensée unique qui lobotomise une grande partie de nos citoyens. Je ne suis pas le seul et si j’avoue trouver chez des économistes comme jean Paul Fitoussi, Fréderic Lordon, Jacques Sapir, Jacques Généreux, Etienne Chouard, Emmanuel Todd une éthique qui me convient, je reste avant tout un humaniste. J’aimerai trouver cette vertu chez nos dirigeants mais je suis un peu désespéré de voir que seule la notion de rentabilité gouverne le monde actuel. Faire croire à la grande majorité qu’on ne peut faire autre chose que d’imposer la rigueur a ceux qui produisent, sans jamais oser s’attaquer vrais problèmes, à savoir l’organisation que je qualifierai de « mafieuse » de la finance internationale ;
La traduction en termes idéologiques à la prétention universelle des intérêts d’un ensemble de forces économiques, en particulier celles du capital international, a été, pour ainsi dire, formulée et définie dès 1944, à l’occasion des accords de Bretton-Woods. Ses sources principales sont les grandes institutions économiques et monétaires ( Banque mondiale, Fonds Monétaire International, Organisation de Coopération et de Développement Economiques, Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, Commission européenne, Banque de France, etc. - qui, par leur financement, enrôlent au service de leurs idées, à travers toute la planète, de nombreux centres de recherches, des universités, des fondations, lesquels, à leur tour, affinent et répandent la bonne parole. Pour tout dire l’ensemble de l’argumentation néo libérale qui nous entraine depuis 25 ans dans les crises à répétition, je cite les principales ;
« Le marché, idole dont « la main invisible corrige les aspérités et les dysfonctionnements du capitalisme », et tout particulièrement les marchés financiers, dont « les signaux orientent et déterminent le mouvement général de l’économie » ;
« La concurrence et la compétitivité, qui « stimulent et dynamisent les entreprises, les amenant à une permanente et bénéfique modernisation » ;
« Le libre-échange sans frontières, « facteur de développement ininterrompu du commerce, et donc des sociétés » ;
« La mondialisation aussi bien de la production manufacturière que des flux financiers » ;
« La division internationale du travail, qui « modère les revendications syndicales et abaisse les coûts salariaux » ;
« La monnaie forte, facteur de stabilisation ; la déréglementation ; la privatisation ; la libéralisation, etc. »
« Toujours « moins d’Etat », un arbitrage constant en faveur des revenus du capital au détriment de ceux du travail ». Et j’ajouterai, bien que très sceptique sur l’idéologie verte, une indifférence à l’égard du coût écologique.
Bref, toute cette argumentation qui glorifie la libre concurrence et le démantèlement des organismes publics devait nous conduire, à de spectaculaires baisses de prix. Tout le monde peut aujourd’hui constater qu’il n’en est rien, et que c’est l’inverse qui est vrai. Le libéralisme galopant nous a amené à une situation catastrophique
Réponse de le 10/06/2014 à 22:55 :
La France de droite n'a absolument rien à voir avec un état libéral. Le libéralisme peut être de gauche ou de droite (quand il est à gauche il distribue à chaque personne de quoi survivre de façon inconditionnelle avec une flat tax de solidarité)...mais en tout cas il n'est pas français.
a écrit le 10/06/2014 à 15:20 :
Droite ou Gauche, tous des incapables...
Réponse de le 10/06/2014 à 16:42 :
D'accord avec vous. Vous pouvez même ajouter les extrêmes gauche et droite, les centristes gauche et droite, les écolos gauche et droite.
Réponse de le 10/06/2014 à 22:58 :
Seul le VRAI libéralisme (de gauche ou de droite) n'a jamais été essayé...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :