Le Medef sonne le tocsin sur la situation des entreprises

Le Medef a publié son deuxième "carnet de santé" sur l'Etat de la France... Pas bon. Le taux de marge des entreprises s'est fortement dégradé depuis 2007.
Jean-Christophe Chanut
Le président du Medef, Pierre Gattaz, souhaite que le gouvernement aille plus loin dans les économies de dépenses publiques
Le président du Medef, Pierre Gattaz, souhaite que le gouvernement aille plus loin dans les économies de dépenses publiques (Crédits : reuters.com)

Le Medef s'y était engagé: publier tous les deux ou trois mois un "carnet de santé" de la France. L'organisation a publié ce 17 juin une nouvelle livrée de ce carnet de santé. Et, le moins que l'on puisse dire, c'est que le patient ne se porte pas très bien.  

S"appuyant sur des données officielles de l'Insee et de la Dares (service statistiques du ministère du Travail), le Medef constate que "notre économie est toujours en panne et la production industrielle stagne sur un niveau inférieur de plus de 15% à celui de 2007"

523.000 emplois salariés perdus depuis 2007

Même constat sur le front de l'emploi. L'organisation patronale remarque - ce qui est vrai - que la:

 "dégradation est très marquée puisque depuis le 4ème trimestre 2007, plus de 523.000 emplois salariés ont été perdus. Plus inquiétant, sur les 6 dernières années, le chômage de 2 ans et plus a augmenté de 600.000 personnes et culmine à 1,1 million de personnes"

L'organisation patronale a l'honnêteté de publier des données remontant à 2007, soit l'année d'avant crise qui coincide avec l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. On voit donc bien que la dégradation de l'emploi n'a pas commencé en mai 2012 avec l'arrivée de François Hollande et d'une nouvelle majorité. 

4 points de taux de marge perdus depuis 2007

La même analyse prévaut si l'on se concentre sur la compétitivité des entreprises. Depuis 2007, les rémunérations salariales et les prélèvements obligatoires ont augmenté plus vite que la valeur ajoutée, au prix d'une contraction sensible des marges et des profits avant distribution. La situation a continué de se dégrader en 2013. Ainsi, depuis 2007, les entreprises ont perdu près de 4 points de taux de marge, avec 29,7% de la valeur ajoutée, niveau le plus bas depuis 1985.

Limiter davantage les dépenses publiques

Le Medef compte arriver à la conférence sociale des 7 et 8 juillet avec ce carnet de santé   "pour partager avec les organisations syndicales un constat objectif de la situation". Certes, mais si les organisations patronales et syndicales seront sans doute d'accord sur le diagnostic, il en ira tout autre s'agissant du remède.

Le Medef veut aussi profiter de ce carnet de santé dégradé pour interpeller le gouvernement et l'enjoindre d'aller a-delà de ce qui est prévu en matière de limitation des dépenses publiques (54 milliards d'euros entre 2014 et 2017, soit plus de 2,5 points de PIB tout de même)

Il suggère également de se fixer un objectif de garder les dépenses publiques à leur niveau de 2014 sur 4 ans, soit 1.200 milliards d'euros. Un objectif finalement pas si éloigné de celui du gouvernement. 

En attendant, le président du Medef, Pierre Gattaz voit dans le pacte de responsabilité un "début de révolution culturelle . Pour autant, il juge "fondamental" que les "deux trajectoires" de baisse du coût du travail et de baisse de la fiscalité "soient intégrées dans la loi dans les deux prochaines semaines", qualifiant ces deux éléments "d'épouvantails" de la France.

Jean-Christophe Chanut

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Commentaires 43
à écrit le 18/06/2014 à 9:40
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Il nous fait de la peine ce pauvre Gattaz, ses parents grands parents lui ont laissé un héritage exceptionnel, et il se sent incapable de développer, il peine à maintenir son héritage, Gattaz et son Medef ont la larme à l'oeil tel des allergiques au ...

à écrit le 17/06/2014 à 22:48
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Le gouvernement parle de mobilisation générale, c'est en mob pour la question du mot-teur dans l'économie? On entend dire fier d'être français, c'est du chômage ou des 40 ans de pib sous la moyenne? Même le pape parle d'un manque d'humanisme en Europ...

à écrit le 17/06/2014 à 21:20
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9a c'est certain que quand des patrons comme ce "monsieur Gattaz" s'augmente d'autant, l'entreprise y perd... Mais plus grave encore, tous ces employé y ont aussi perdu comme tous les citoyens Français par l'augmentation de la différence entre les ri...

à écrit le 17/06/2014 à 20:10
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elles vont quitter la France .

le 18/06/2014 à 7:31
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Et alors on se débrouillera autrement. Arrêtez d'essayer de nous faire peur. Les patrons actuels se foutent de l'intérêt du pays ils ne pensent qu'à leur compte en banque. Arrêtons d'être naïf et réveillons nous. Regardez Gattaz il augmente son salai...

le 30/06/2014 à 19:18
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@entreprises D'autres verront le jour, qu'ils partent !

à écrit le 17/06/2014 à 19:15
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Nous proposons aux français qui en ont marre des pleurnicheries du MEDEF de lui envoyer leurs mouchoirs usagers, certains qu'au MEDEF ils en tireront profits.

le 17/06/2014 à 20:46
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Proposez donc plutôt aux chômeurs d'aller manifester devant les locaux de la CGT et compagnie, pour exiger qu'ils facilitent les créations d'emploi, qu'ils fassent supprimer les seuils sociaux qui maintiennent les chômeurs dans la précarité... non ?

le 17/06/2014 à 21:58
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Surtout pas ça il va détourner la loi des 60% de réduction d’impôts pour déduire le prix des mouchoirs de ces impôts.

le 17/06/2014 à 22:01
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Pour les pleureuses le papier de chiote devrait leur convenir.

le 17/06/2014 à 23:05
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@ mieux Pour savoir comment les nouveaux emplois industriels ne sont pas créés, il suffit de proposer aux énarques des projets industriels créateurs d'emplois, vous êtes assurés de leur indifférence absolue. Pour le reste, les larmes de crocodiles...

le 18/06/2014 à 7:26
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Il faut dire en France les patrons se sucre en première et s'ils ont le temps ils pensent à investir. Pour l'embauche c'est un mot qu'ils ont sorti du dictionnaire, il pré faire inventer le mot debaucher.

le 30/06/2014 à 20:36
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@mieux On s'en fiche de la CGT ! Les demandeurs d'emploi de 2014 n'ont rien à voir avec ces vieilleries ...

à écrit le 17/06/2014 à 16:53
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Pendant les 30 glorieuses,le taux de marge des entreprises se situait environ au taux actuel de 29,7% (même un peu moins) mais à l'époque, les actionnaires se contentaient de 4% de retour sur investissement. aujourd'hui il leur en faut beaucoup plus,...

le 17/06/2014 à 17:20
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Vous lirez sûrement avec intérêt le livre de Thomas Piketty "le capital au 21 ième siècle". Au delà de ses propres interprétations, il apporte une somme de données qui vont dans le sens que vous mentionnez.

le 18/06/2014 à 12:59
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Dans les colonnes de la Tribune, ce jour, il y a un article justement sur la privatisation du système de santé. Privatisation=Précarisation. Néo-libéralisme à tous les étages.

à écrit le 17/06/2014 à 16:23
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L'offre des entreprises Françaises en qualité et en prix n'est donc pas adaptée à la demande. Le Medef devrait se poser des questions avant de tout demander à l'Etat.

à écrit le 17/06/2014 à 16:01
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Tout est lié à l'énergie; il y a le travail, il y a le capital qui correspond à du travail déjà effectué, et il y a l'énergie qui remplace le travail grace à l'outillage( le capital). Que les chefs d'entreprises expriment leurs conception du role de ...

le 17/06/2014 à 16:08
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Le cout de l'énergie est à peu près le même pour tout le monde, sauf en France ou l'electricité est subventionnée. On devrait donc être plus performant qu'ailleurs et ca n'a pas l'air d'être le cas. En France un chef d'entreprise est forcément un voy...

le 17/06/2014 à 18:29
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" En France un chef d'entreprise est forcément un voyou qui vole les gens, ailleurs c'est un créateur d'emploi, il faudra une grosse thérapie de groupe pour que cela change. " --> Mais non, ca c'est dans votre tête, ou plutôt c'est ce qu'ils (nos ...

le 17/06/2014 à 23:27
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Et bien montez votre boite, payez les charges, les impots, faites tout réglo, servez de banquier au fisc en avancant des impots que vous ne devez pas, et prenez vous un controle fiscal ou le type vous regarde droit dans les yeux et vous dit avec un g...

le 18/06/2014 à 7:38
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Vous n'êtes pas encore parti, c'est dommage.

le 18/06/2014 à 7:49
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Comme vous voulez partir tirez vous on ne vous retient pas. La France va continuer de tourner sans vous.

le 18/06/2014 à 8:17
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Vous avez le droit de devenir chinois.

à écrit le 17/06/2014 à 15:28
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Depuis Mitterand la Fance a commencé à se mettre en déséquilibre économique (exemple les 35 heures) et cela a continué avec Chirac, Sarkosy et aujourd'hui cela empire avec Hollande au moment ou il y a de vraies réformes à faire pour un pays qui est e...

le 17/06/2014 à 16:07
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Les politiques n'y sont pour rien, ce sont les Français qui refusent d'aborder le problème lié au prix de l'énergie: il faut répartir les charges sociales sur le travail et sur l'énergie.

le 17/06/2014 à 17:27
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C'était avant Mitterrand, c'est sous Giscard que les principaux déséquilibres et les outils de financement qui vont avec ont été mis en place. C'est un X, inspecteur des finances et ancien ministre des finances qui a modernisé le mode de financement ...

le 17/06/2014 à 18:34
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"un pays qui est en retard sur le reste du monde " Bonjour, en retard sur quoi ? sur l'esclavagisme moderne qui se profile a l'horizon et vers lequel effectivement, tous les autres pays sont en avance sur nous ? Qui est en retard, qui est e...

le 17/06/2014 à 22:03
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oui et ce boulet essai de revenir au pouvoir. Vu se qu'il a fait d'un pays sain, imaginez ce qu'il ferait de notre vie actuelle !

le 17/06/2014 à 23:48
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Cherchez la réponse..

à écrit le 17/06/2014 à 14:46
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pas confondre petit patron qui se démène pour faire tourner la boutique (70% des patrons qui touchent en moyenne meme pas 3500 euros) et les 30% autres qui exploitent. Malheureusement, ceux affiliés au capital sont ceux qui ont la voix qui porte l...

le 18/06/2014 à 7:40
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Ce que vous avez en commun c'est que vous pleurnichez comme eux. Même gènes.

à écrit le 17/06/2014 à 14:43
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Ils pleurnichent nous dit M. Rebsamen... Ou mais Bob quand ils seront tous partis faire recvonnaître leurs talents à l'étranger qui paiera tes allocs?

le 17/06/2014 à 22:04
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Tirez vous on va pas pleurer de toute façon en France il n'y que des services et en plus je n'achète plus français. On a connu des guerres et on en est sorti.

à écrit le 17/06/2014 à 14:15
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Les pov patrons, rentiers et vendeurs de soupe qui demandent encore encore plus a un pays essoré par les subventions et aides publiques. Autant d'argent publique gaspillé pour voir la rente gonfler pendant que ceux qui triment se font assommer. C'est...

le 17/06/2014 à 14:45
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Les patrons ne demandent ni subventions et aides publiques. Ils demandent seulement qu'on les laisse travailler et que l'état leur foute la paix.

le 17/06/2014 à 16:35
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il faut arrêter avec ces "riches patrons". Bien souvent, ils gagnent moins que leurs propres salariés. un amie expert comtable s'inquiétait du nombre de patrons qui ne peuvent même plus se tirer un salaire, voire comblent les trous de la boite avec l...

le 17/06/2014 à 22:06
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Ce type de patrons majoritaire, pour moi ils sont assimilé à des travailleurs. Les patrons qu'ils parlent tous sont ceux qui né une cuillère d'argent dans la bouche prennent la direction d'entreprise moyennant des salaires faramineux juste parce qu'i...

le 17/06/2014 à 22:07
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Vous le faites pleurer j'attends la suite avec impatience. Mon patron pleurniche tous les jours et il roule en Porsche. Diminuez votre salaire au lieu de pleurnicher pour eux.

le 30/06/2014 à 20:40
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@nadia Certes, mais vous avez déjà vu un patron dire qu'il est riche ?

à écrit le 17/06/2014 à 13:27
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C'est intéressant, 600 000 emploi perdu depuis la crise des subprimes (nous ne sommes pas les seuls...), déclenchée par les banques, et qui paye les pots cassé ? la population bien sur. Ne surtout pas remettre en cause le principe des banques mast...

le 17/06/2014 à 14:06
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et comment svp? que peut on faire?!

le 17/06/2014 à 15:02
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merci monsieur , je suis heureux de voir , que vous faite le distinguo entre Liberaux et Neo libéraux . je me sans moins seul ! les banques effectivement on une grande responsabilité dans la dépression actuel .

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