Pacte de responsabilité : Gattaz (Medef) adepte du "toujours plus"

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POur Pierre Gattaz, le pacte de responsabilité doit devenir concret et doit être accentué
POur Pierre Gattaz, le pacte de responsabilité doit devenir "concret" et doit être accentué (Crédits : reuters.com)
Le président du Medef demande rapidement du "concret" au gouvernement s'agissant du pacte de responsabilité. Selon lui, il faudra aller beaucoup plus loin que les 30 milliards d'euros d’allègements de cotisations et de la fiscalité pesant sur les entreprises. En contrepartie, il faudra davantage couper dans les dépenses publiques.

Pierre Gattaz a de la suite dans les idées. Cela fait des mois qu'il martèle le même message, en substance : « Nous au Medef, nous sommes dans l'action, alors que les engagements du gouvernement sont flous et tardifs ». Le président de l'organisation patronale n'en démord donc pas : le pacte de responsabilité et ses 30 milliards d'euros d'allégements de cotisations sociales patronales et de baisse d'impôts sur les sociétés c'est bien, mais ce n'est pas suffisant, il en faut plus.

Une fois encore, devant la presse, ce mardi 13 mai, le président de Radiall a justifié sa ligne de conduite intangible. Le Medef toujours dans l'action ? La preuve, l'organisation patronale lance sa campagne « Beau travail » destinée, via des clips qui passeront sur les chaînes TV du service public, à valoriser et faire connaître les 400.000 emplois actuellement non pourvus. Coût de l'opération : 4 millions d'euros.

Pacte de responsabilité: du concret, vite !

Les insuffisances du pacte de responsabilité ? Pierre Gattaz se dit inquiet de ne rien voir venir de « concret ». Il espère que le projet de loi de Finances rectificatif - qui doit être présenté en Conseil des ministres le 11 juin - « ancrera la trajectoire de baisse du coût du travail et de la fiscalité ». Il préconise même une accélération car le différentiel entre ce qui pèse sur les entreprises françaises et allemandes en termes de ponctions fiscales et sociales « était auparavant de 116 milliards d'euros. Même avec, au mieux, les 40 milliards d'euros du pacte de responsabilité, on n'aura fait que le tiers du chemin ».

Au contraire, Pierre Gattaz exprime des « inquiétudes » qui pèsent sur « la confiance » des entreprises. Ainsi, il craint que la taxe carbone vienne alourdir de 2,5 milliards d'euros la fiscalité sur les entreprises en 2015. Il redoute également que le futur compte pénibilité qui devra être ouvert pour chaque salarié ne décourage les entreprises, surtout les TPE. Même charge contre l'idée d'instaurer, à compter du 1er juillet, un plancher minimum de 24 heures hebdomadaires pour les salariés à temps partiel. Pour lui, cela « va nuire à l'emploi »

Aller plus loin dans les coupes dans les dépenses publiques

In fine, pour Pierre Gattaz, le pacte de responsabilité doit non seulement enter rapidement dans les faits mais de toute façon, il ne suffira pas à rétablir la compétitivité des entreprises françaises. Il faut aller plus loin, surtout que, selon lui, « il n'y a pas de redémarrage de l'activité clair et précis ».

Et pour le Medef, la seule façon d'accentuer le pacte c'est, en contrepartie, d'aller beaucoup plus loin que les 50 milliards d'économies prévues dans les dépenses publiques. On distingue nettement ce que va être le nouveau cheval de bataille du Medef : toujours plus !

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Commentaires
a écrit le 14/05/2014 à 13:24 :
La contrepartie est l'augmentation du prix de l'énergie pour réduire les charges sociales. Pas de salut sans cette mesure.
a écrit le 14/05/2014 à 6:44 :
Tant qu'il y a des gens pour croire que les entreprises font l'emploi on est mal. C'est la conjonture économique, la totalité des interactions de tous les agents économiques, qui fait l'emploi. Une entreprise sans commandes ne va pas embaucher. Un nouveau marché pour une entreprise c'est juste un marché perdu,pour une autre. Pour vendre à l'international, il faut souvent délocaliser la production sur le territoire ciblé (personne n'est aussi con que l'UE Bruxelloise dans ce domaine). Bref, donnez leur tout ce qu'ils demande et, losque tout le monde constatera que cela n'améliore rien pour les gens, il sera trop tard pour revenir en arrière.
Réponse de le 14/05/2014 à 13:41 :
vous avez raison , une entreprise c'est d'abord un marché potentiel avant de créer de l'emploi , si l'entreprise se devloppe bien elle créera de l'emploi , sinon elle patinera et si elle est exposée internationalement avec des pays qui peuvent vendre chez vous avec une monnaie de singe et des droits sociaux a portion congrues pas étonnant de voir un tel marasme et la quête du graal aux charges les moins lourdes , enfin l'électeur lui sera bientôt en colère contre ce cinema sur l'emploi , cela dure depuis 40 ans et une aide annuelle qui est passée de 120 milliards a près de 200 .. heureusement qu'il y'a la crise sinon on aurait vu encore plus fort ..
a écrit le 13/05/2014 à 22:36 :
Sacré Gattaz, bientôt il demandera la suppression du peuple .
a écrit le 13/05/2014 à 22:27 :
Il faut complètement défiscaliser l’entreprise et même subventionner le travail faiblement qualifié. Bien sûr il faut aussi cesser de l’aider : le sevrage des subventions et autres crédits d’impôts remettrait les yeux en face des trous. Ce sont les personnes physiques qui doivent supporter les dépenses publiques qui doivent elles-mêmes être compétitives : payer vraiment les services publics au juste tarif comme n’importe quel service marchand et organiser un transfert rationnel, universel et juste des riches (qui thésaurisent souvent en immobilier et assurance vie) vers les pauvres qui pourront ainsi consommer des produits français sans solliciter plus leur entreprise. Ainsi la France se redressera.
a écrit le 13/05/2014 à 21:17 :
Gattaz Parisot, ce sont les mêmes, leurs pleurnicheries sont incessantes et déshonorent les entrepreneurs français qui ne se reconnaissent plus du tout dans cette secte MEDEF.
a écrit le 13/05/2014 à 17:02 :
J'imagine que si on ponctionne trop les gens en impôts divers (la pause fiscale 2015, c'est plutôt en 2115) et que les entreprises arrivent à zéro charge, ça n'ira pas mieux en embauches (surtout pas plus de 1% de mieux sur les salaires par an, sinon catastrophe). Il faut bien des gens pour acheter. Peut-être emprunter pour cela ?
Il a raison de demander toujours plus, ça serait dommage de dire que maintenant, c'est tout bon, ça ne l'est et le sera jamais (vu que c'est une question de réglage de taux, de volumes, de redistribution).
Réponse de le 13/05/2014 à 22:30 :
Il faut obliger les gens riches à déstocker leur épargne et faire des gains de productivité dans l'administration : ces deux sources permettent de soutenir les bas revenus qui consomment tout en baissant les coûts des entreprises
Réponse de le 14/05/2014 à 11:50 :
"Il faut obliger les gens riches à déstocker leur épargne"...Pour en faire quoi? Acheter des I-phone? Des voiture allemandes, japonaises ou coréennes? Des produits Chinois dont la qualité médiocre et l'obsolescence programmée concourent à une dégradation de l'environnement accélérée? Pas question.
a écrit le 13/05/2014 à 16:48 :
Ce n'est pas en signant un pacte avec le patronat que les entreprises pourront embaucher.
Tant que le gouvernement n'augmentera le pouvoir d'achat de la "plèbe" la situation actuelle
perdurera.
Pour moi, c'est l'ABC la plus élémentaire.
Le reste n'est que du vent, et je ne comprend pas la position de M Gattaz.
Réponse de le 13/05/2014 à 19:48 :
Ce n'est pas en augmentant le pouvoir d'achat à crédit qu'on résoudra le problème. Surtout pour acheter des marchandises produites à l'étranger. La France a (avait) un magnifique outil productif, il faut le relancer, améliorer son rendement pour qu'il redevienne efficace, donne du travail et dégage de solides bénéfices. On s'en sortira que comme ça mais étant donné l'état d'esprit dans notre pays, je suis réservé quand aux chances de succès.
a écrit le 13/05/2014 à 16:43 :
Mr Gattaz voyons un peu de sérieux , vous devenez ridicule vous avez voulu le beurre ,vous l'avez obtenu, et maintenant vous voulez l'argent du beurre et après la crémière
Réponse de le 13/05/2014 à 17:49 :
Pour l'instant le gouvernement se nourrit de promesses en l'air. Moi je vois mes charges continuer à augmenter et je vais devoir licencier eco rapidement. Nota: zéro salaire pour moi depuis 2 ans...
Donc gattaz a raison le gvnt soit réformer en profondeur et prouver par des actes réels et rapides la réduction des charges
Réponse de le 14/05/2014 à 11:53 :
@@DAN
Peut-être que votre entreprise n'a plus de raison économique. C'est malheureux (ça m'est arrivé), j'ai fait autre chose et j'étais plus tout jeune.
a écrit le 13/05/2014 à 15:47 :
Que M. Gattaz lise la note n°6 du conseil d'analyse économique. La baisse du cout du cout du travail compense la hausse du prix de l'énergie.
a écrit le 13/05/2014 à 15:45 :
il a raison: pour l'instant les entreprises n'ont rien vu venir qui puisse compenser les hausses diverses.
Ce qui est amusant ce sont les commentaires des lecteurs de la tribune qui se laissent prendre par la propagande anti-Gattaz: pas une semaine sans un article à son encontre.
Réponse de le 13/05/2014 à 18:23 :
Non il n a pas raison , il ne défend qu' une facette du cout du travail , ignorant superbement le prix de l argent .Par quel tabou peut il refuser la diminution de l euro si vous savez dite nous .Apprendre est toujours valorisant pour le professeur .
Réponse de le 13/05/2014 à 20:37 :
Ce que Gattaz cherche c'est son augmentation magistral pour 2015 ! Il a avoué que son augmentation était faite grâce aux bénéfice de son entreprise; combien ces salariés ont eu comme augmentation ? 400 000 euros chacun aussi ? Ce type est une crapule et le restera !
a écrit le 13/05/2014 à 15:30 :
Attendez que l'on revienne au franc et il n'y aura plus de problème avec le "pacte de responsabilité"!
a écrit le 13/05/2014 à 15:30 :
Il devient amusant , c est un DSK de l argent . Combien de temps les autres le supporteront ils ? A moins que comme lui , ils aiment se moquer et s amusent ainsi de notre sidération.
a écrit le 13/05/2014 à 15:04 :
pour augmenter encore davantage son salaire, cet homme est indécent

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