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ÉconomieFrance

Baisse du chômage, pas avant 2016... au mieux

Photo de Jean-Christophe Chanut

Jean-Christophe Chanut

Publié le 10 septembre 2014 à 13:01 - Mis à jour le 10 septembre 2014 à 13:50

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En annonçant une croissance limitée à 0,4% cette année et à 1% en 2015, le ministre des Finances a tué tout espoir de voir intervenir une baisse du chômage avant 2016.

Cette fois, c'est quasi certain, il n'y a rien à attendre de positif sur le front du chômage avant au moins... 2016. En présentant ce 10 septembre les nouvelles prévisions de croissance pour la France en 2014 et 2015, le ministre des Finances a tué tout suspens... Si suspens il y avait. Michel Sapin a en effet estimé que le PIB ne progresserait que de 0,4% cette année et de 1% en 2015. Initialement, lors du vote du budget 2014, les prévisions de croissance atteignaient 1% en 2014 et 1,7% l'année prochaine. Ce n'est donc plus du tout à l'ordre du jour.

Conséquence sur l'emploi de la croissance faible

Les conséquences sur l'emploi et le chômage de cette révision vont être terribles. Sauf miracle Il ne faut plus s'attendre à une baisse du taux de chômage avant 2016. En effet, grosso modo, grâce à ce que l'on appelle « l'enrichissement de la croissance en emplois », la France parvient maintenant à créer des emplois lorsque la croissance du PIB atteint environ 1%. Mais pour que le chômage commence réellement à baisser, ce taux de croissance doit plutôt tourner autour de 1,5%. Pourquoi cette différence ? Outre les gains de productivité réalisés, c'est surtout en raison de l'évolution démographie du pays. Grande différence avec certains pays à l'économie comparable - l'Allemagne notamment -, la France connaît une croissance démographique active. Et c'est une chance. Mais en terme d'emplois, cela rend les choses plus difficiles : il faut créer autant de postes qu'il y a de nouveaux arrivés sur le marché du travail pour ne pas aggraver le chômage.

Pas assez de créations de postes pour absorber l'augmentation de la population active

L'exercice est d'autant plus délicat que les différentes réformes des retraites intervenues depuis 1993, ont tendance à retarder l'âge de cessation d'activité des « seniors ». Ainsi, selon l'Insee, la population active devrait s'accroitre de 124.000 personnes cette année. Très concrètement, cela signifie qu'il faudrait créer autant d'emplois. Or, toujours selon l'Insee, faute de croissance, la reprises de l'emploi dans le secteur marchand devrait être très limitée, sans doute autour de 25.000 à 30.000 créations de postes. Pour sa part, l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) table sur un taux de chômage à 9,9% pour la fin de l'année puis à 9,8% à la fin 2015, soit une maigrelette diminution de 0,1 point.

Un effet pour le pacte de responsabilité ?

Le gouvernement espère que son pacte de responsabilité avec les 40 milliards d'euros en trois ans d'allègements des prélèvements pesant sur les entreprises va avoir des conséquences sur l'emploi. Rien n'est moins sûr, du moins dans de vastes proportions. Il faudrait que les carnets de commandes se remplissent et, surtout, les entreprises sont capables de produire plus sans embaucher. En effet, comme le note Eric Heyer, économiste à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), « nous avons calculé qu'il y avait actuellement un sureffectif d'environ 215.000 personnes dans les entreprises ». Et ce parce que les entreprises, depuis le début de la crise en 2008, n'auraient pas réduit leurs effectifs autant que la conjoncture l'imposait...

Le bon vieux recours aux contrats aidés

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Dans ce contexte, pour limiter les dégâts, il restera au gouvernement la bonne vieille recette des contras aidés. Dans le budget 2014, 380.000 contrats aidés (essentiellement dans le secteur non marchand) avaient été budgétés. Puis une rallonge de 60.000 postes a été récemment accordée. Il faudra au moins un montant équivalent dans le prochain budget 2015 pour éviter un retour à la hausse du chômage des jeunes.
Mais une chose est certaine, plus personne au gouvernement ne se risquera l'année prochaine à prédire « un retournement de la courbe du chômage ».

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Jean-Christophe Chanut

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