A qui profite l'absence d'inflation ?

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L'indice des prix n'a progressé que de 0,4% en août sur un an
L'indice des prix n'a progressé que de 0,4% en août sur un an (Crédits : reuters.com)
Sur un an, les prix à la consommation n'ont augmenté de 0,4% en août. Pour le gouvernement, cette hausse des prix très limitée explique en partie ses difficultés à réaliser les économies programmes. Il se réjouit en revanche de son impact sur le pouvoir d'achat des ménages. Quels sont ceux qui en profitent le plus ? La hausse du pouvoir d'achat peut-elle durer ?

Pour Michel Sapin, le ministre des Finances, l'absence d'inflation explique en partie les difficultés du gouvernement à réaliser les économies budgétaires programmées. " Moins de croissance, c'est moins de recettes, mais c'est aussi moins d'économies réalisées. Certaines économies prévues ne rapportent pas autant qu'elles l'auraient dû ", a expliqué mercredi le ministre des Finances juste après avoir annoncé le dérapage du déficit public tricolore, citant le gel des retraites complémentaires et le gel des pensions au-dessus de 1.200 euros par mois.

" Certains y verront une bonne nouvelle pour les consommateurs. Et il est vrai que cette faible inflation a un impact sur le pouvoir d'achat des ménages puisque, pour la première fois depuis trois ans, le pouvoir d'achat progresse à nouveau ", s'est paradoxalement réjoui Michel Sapin. En effet, ces deux mesures d'austérité n'avaient-elles pas objectif de faire porter aux ménages le coût de l'austérité, sapant ainsi leur pouvoir d'achat, au risque de saper la consommation, le dernier pilier encore un peu vaillant de la croissance française ?

Les ménages les plus aisés moins touchés par l'inflation

Tous les ménages peuvent-ils se réjouir ? Loin s'en faut. Selon une étude réalisée par l'Insee, ce sont les ménages les plus modestes qui ont été le plus impacté par la hausse des prix entre 1998 et 2013. En moyenne, les prix à la consommation ont augmenté de 27,18% sur la période. Pour les ménages de la première tranche, c'est-à-dire les 10 % de ménages ayant le niveau de vie le plus modeste, et de la deuxième tranche, les prix ont respectivement augmenté de 29,15% et de 29,62%. En revanche pour les tranches intégrant les ménages les plus aisés, le niveau de l'inflation a été plus faible. Ainsi, pour les 10% des ménages les plus aisés, les prix à la consommation n'ont progressé que de 24,81%.

Pour l'Insee, ces écarts d'inflation mesurés selon le niveau de vie des ménages trouvent principalement leur origine dans la structure de consommation, propre aux différentes catégories de ménages. Ainsi, les dépenses de consommation de logement, eau, gaz, électricité et combustibles liquides sont, en proportion de leur budget, plus de deux fois plus élevées pour les ménages les plus modestes que pour les ménages les plus aisés. " Or, les prix de ces services ont été parmi les plus dynamiques depuis 1998, augmentant de 49,9 % contre 27,2 % en moyenne pour l'ensemble des prix à la consommation. En outre, les dépenses de consommation en boissons alcoolisées et en tabac pèsent plus lourdement dans le budget des ménages les plus modestes que dans celui des ménages aux niveaux de vie supérieurs. Or c'est pour ce groupe de produits que les prix ont le plus fortement augmenté au cours des quinze dernières années (+84,5 %) ", explique l'Institut.

En revanche, les ménages aisés consomment relativement plus de biens et services dont les hausses de prix ont été parmi les plus modérées depuis 1998. Il s'agit notamment des services de loisirs et culturels, des biens d'ameublement, d'équipement, d'entretien courant de la maison et de la santé.

Le pouvoir d'achat progressé au premier semestre

L'indice des prix ne progressant que modérément, le pouvoir d'achat des ménages progresserait donc actuellement, après avoir baissé de 0,9% en 2012 et stagné en 2013 ? C'est effectivement le cas. Selon l'Insee, il était en hausse de 0,8% à la fin juin. Mais cette tendance peut-elle se prolonger ? Pour compenser les deux milliards d'euros « évaporés » par la faible inflation, Bercy songe sérieusement à faire payer la note à la Sécurité sociale, via notamment la baisse de certaines prestations familiales et de nouvelles coupes dans les dépenses couvertes par l'assurance -maladie qui pèseront mécaniquement sur le pouvoir d'achat des Français.

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a écrit le 03/10/2014 à 23:50 :
Une augmentation "dynamique" : les tarifs publics et parapublics augmentent chaque année X fois plus que l'inflation et ne rentrent pas justement en compte dans les calculs de l'INSEE,
Résultat tout le monde s'appauvrit en réalité...
a écrit le 12/09/2014 à 19:28 :
Quand on parle de déflation , il faut donner la liste des produits de références . Car pour le petit peuple tout augmente nourriture logement sauf les salaires , les retraites . Faudrait pas tout mélanger .
a écrit le 11/09/2014 à 23:17 :
la masse salariale de la fonction publique : voilà la cible n° 1 pour le drone du redressement !
Réponse de le 12/09/2014 à 16:35 :
Savez vous que le salaire des fonctionnaires et agents de la fonction publique est bloqué depuis juiller 2010 ?
Que voulez vous de plus ? Une baisse des rémunérations dans la fonction publique ?
Pour les médecins, les enseignants,les policiers ?
Réponse de le 03/10/2014 à 23:55 :
Quand il y a en France plus de deux fois plus de fonctionnaires par habitant qu'en Allemagne -et le nombre le plus élevé d'Europe- il ne faut pas s'étonner de nos déficits. La sphère publique a tellement enflé que c'en est devenu insupportable pour notre économie et nos finances. Je propose moins pléthorique, plus efficaces et mieux payés, au mérite bien sûr (c'est-à-dire quand cela est justifié et non automatique).
a écrit le 11/09/2014 à 23:01 :
Complètement d accord . Action réforme urgente . Du courage et pensez à la France pour une fois et pas vos postes . Thevenoud dehors .. Le ménage
a écrit le 11/09/2014 à 18:30 :
Sans lire l article ma réponse est...........aux riches. Ai je bien répondu ?
Réponse de le 11/09/2014 à 19:54 :
Oui très bien !Champagne pour le diplôme
a écrit le 11/09/2014 à 17:42 :
aux fonctionnaires qui vont demander 5% d'augmentation de salaire, et aux syndicalistes des grands groupes qui menaceront d'une n ieme prise d'otage en cas d'insuffisance de revalorisation ( disons 10%)
Réponse de le 11/09/2014 à 18:27 :
Les fonctionnaires n'ont pas vu d'augmentation depuis plus de 5 ans déjà par contre la baisse de leur salaire dû aux prélèvements et la baisse du pouvoir d'achat dû aux augmentation de tout ce qu'on achète ça ils connaissent.. La plupart se barrent car ils sont sous payés.
Réponse de le 11/09/2014 à 18:54 :
Et bien qu'ils se barrent de la fonction publique, on en a 500 000 de trop; on ne demande que ca! 1 fonctionnaire = 3.5 millions de charge pour l'Etat, en comprenant la "carrière" et le régime spécial. Combien d'impot pour nourrir un seul fonctionnaire? Plus on créé de fonctionnaire, plus on pénalise le privé, qu'ils se cassent au plus vite!

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