Quels sont les enjeux du vote de confiance de Manuel Valls ?

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La démission de Valls est très peu probable si l'on en croit Christian Paul, député PS frondeur, prévoit quelques dizaines d'abstentions socialistes, probablement une trentaine.
La démission de Valls est très peu probable si l'on en croit Christian Paul, député PS "frondeur", prévoit "quelques dizaines" d'abstentions socialistes, "probablement une trentaine". (Crédits : reuters.com)
Rituel de la vie politique. Le Premier ministre se prête pour la deuxième fois à l'exercice du vote de confiance devant les députés. Quels en sont les enjeux ? Décryptage.

Cinq mois après avoir obtenu la confiance de l'Assemblée nationale, Manuel Valls répète l'exercice ce mardi 16 septembre. Le Premier ministre doit s'exprimer à 15 heures devant les députés, à l'Assemblée nationale, où il tiendra son discours de politique générale avant un vote en fin d'après-midi.

La confiance ou la démission de Valls

C'est la gravité de la situation - crise gouvernementale fin août, indicateurs économiques et financiers dans le rouge, chômage au plus haut, brûlot de Valérie Trierweiller, affaire Thévenoud, sondages qui le voient s'approcher de François Hollande dans l'impopularité - qui a conduit Manuel Valls à rechercher une nouvelle légitimité auprès des députés, alors que la Constitution ne l'y oblige pas.

Mais maintenant qu'il a enclenché le processus, la même Constitution prévoit que s'il n'obtenait pas la confiance, il devrait démissionner, une hypothèse très peu probable mais qui n'est pas totalement à exclure.

Quelle majorité ?

Lors de sa première déclaration de politique générale, le 8 avril, Manuel Valls avait obtenu une large majorité: 306 voix pour, 239 contre, 26 abstentions et 6 députés ne prenant pas part au vote. Qu'en sera-t-il cette fois-ci ?

Le groupe socialiste, après l'expulsion de Thomas Thévenoud, compte 289 membres et apparentés, soit exactement la majorité absolue des 577 députés. Mais ce chiffre n'a pas grande signification, car il faut y ajouter les radicaux de gauche et des élus divers-gauche, et en revanche retrancher les socialistes frondeurs.

Une trentaine d'abstentions socialistes

Si seulement onze députés socialistes de l'aile gauche du PS se sont abstenus le 8 avril, les socialistes frondeurs, 30 à 40 députés, ont annoncé s'orienter cette fois vers l'abstention. De même, les trois députés chevènementistes, apparentés au groupe socialiste, s'abstiendront cette fois-ci alors qu'ils avaient voté pour en avril dernier.

Quant aux 18 écologistes, dont la majorité avait voté pour le gouvernement en avril, ils ne choisiront mardi qu'au dernier moment entre les trois options: vote pour, vote contre, abstention. Pour que Manuel Valls soit en danger, il faudrait qu'au moins une dizaine de députés écologistes se joignent à l'UMP, à l'UDI, au Front de gauche et à quelques non-inscrits pour rejeter la confiance, et que le nombre d'abstentionnistes de gauche dépasse la cinquantaine. Christian Paul, député PS "frondeur", prévoit "quelques dizaines" d'abstentions socialistes, "probablement une trentaine".

En tout état de cause, le score qu'obtiendra le chef du gouvernement sera bien inférieur à celui réalisé il y a cinq mois. Lundi 15 septembre, lors d'un séminaire du groupe socialiste en présence de Manuel Valls, socialistes frondeurs et légitimistes campaient sur leurs positions respectives.

Eviter "un risque institutionnel majeur"

Une opinion paradoxalement partagée par l'UMP Benoist Apparu qui, bien qu'il votera contre Manuel Valls, "espère" que celui-ci obtiendra la confiance pour éviter un "risque institutionnel majeur", une dissolution, voire la démission de François Hollande.

La course d'obstacles qui attend ensuite le couple exécutif est impressionnante: conférence de presse du président de la République jeudi, annonce en fin de semaine de la candidature de Nicolas Sarkozy à la présidence de l'UMP -qui peut avoir l'avantage de fournir une diversion-, avant de difficiles débats budgétaires à l'automne.

A cet égard, pour tordre le bras à sa majorité, Manuel Valls n'exclut pas de recourir à l'article 49.3 de la Constitution qui permet au gouvernement de faire passer un texte sans amendement, à la seule condition d'avoir engagé sa responsabilité et de ne pas être battu par une motion de censure.

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Commentaires
a écrit le 16/09/2014 à 14:56 :
."..ce soir , il remet la tête sur le billot..", eh! bien, qu'il la laisse !
a écrit le 16/09/2014 à 13:48 :
Je me propose afin de lui faire perdre la tête définitivement.
Réponse de le 16/09/2014 à 14:25 :
et allez.....!!!!!!! il y aura du travail, car il y en a toute une escadrille !
a écrit le 16/09/2014 à 13:45 :
Le changement de 1er Ministre c'est maintenant, Valls n'a pas l'envergure d'un 1er MInistre ;
Par contre
il sera un excellent commentateur de l'actualité en France et plus encore en sont Espagne natale.
Si les socialistes veulent réussir la fin de leur quinquennat, il est grand temps de donner de l'élan en changeant de gouvernement dès ce soir.

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