La rentrée désastreuse de Valls et Hollande

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La rentrée est un désastre pour l’exécutif, que les Français, parfaitement informés, sanctionnent en permanence par un vote virtuel. Toute la classe politique est comme déclassée... Jean Christophe Gallien, Professeur associé à l'Université de Paris 1 la Sorbonne

C'est la rentrée des records négatifs pour l'exécutif de notre pays. Valls 1, gouvernement kleenex, le plus bref de la cinquième république, records d'impopularité partagée avec 13 % d'opinions favorables pour François Hollande, 30% pour Manuel Valls soit moins que Jean Marc Ayrault Premier ministre carbonisé au bout de six mois ! Et nous ne sommes même pas à la moitié du quinquennat ! L'équipe Valls 2, elle aussi, décroche sa citation ! Le secrétaire d'état au Commerce extérieur, Thomas Thévenoud, proche de Laurent Fabius, député de Saône-et-Loire désigné comme le meilleur « d'entre nous » par Arnaud Montebourg lui même quitte l'équipe Valls 2 au bout de neuf jours de mandat pour oublis de déclaration fiscale. Il devient le ministre le plus éphémère de la cinquième république !

Il était le porte parole du groupe socialiste à l 'Assemblée et s'était mis en lumière par sa sévérité à l'encontre du ministre Cahuzac alors qu'il était vice-président de la mission d'information sur la fraude fiscale et vice-président de la commission d'enquête sur ladite affaire Cahuzac !

Un désastre qui nourrit la crise politique

Autre record en cours, le démarrage en trombe des livresques confessions intimes de l'ex du Président Valérie Trierveiller. Grand déballage de 320 pages "Merci pour ce moment" prend la forme d'un véritable règlement de comptes. Le livre écrit et édité dans le plus grand secret, Hollande et ses services n'en savaient rien officiellement, par son ancienne compagne vient en terminer avec les 13% qui restait de confiance et de crédibilité présidentielle.
Ce désastre exécutif et gouvernemental vient nourrir la profonde crise politique qui enfle depuis des mois et des années. Affaire Cahuzac, UMP en mode champ de bataille, ex Président de la République en garde à vue, abstention généralisée ... l'effondrement démocratique et républicain guette et la crise devient morale.

Des élites en décomposition

La défiance est partagée par tous les mouvements politiques. Les français s'éloignent de semaine en semaine, aucun ne dépasse les 30% d'opinions favorables : Europe Ecologie-Les Verts à 30%, l'UMP à 27%, le PS à 23%, et même le FN à 21% ...
La fracture s'élargit et la débâcle de l'exécutif ne profite pas non plus aux personnalités des droites. Alain Juppé qui a blogué pendant l'été sa candidature aux primaires UMP pour la présidentielle de 2017 reste en tête avec ... 39% d'opinions favorables ! Nicolas Sarkozy et François Fillon sont respectivement à 30% et 28% et Marine Le Pen à 26%.  Pas de plébiscite en vue !

Désastre politique pour Hollande, Valls et les autres, crise morale pour la France

Un divorce profond s'est installé entre la république des citoyens et celle des élites quelles qu'elles soient. A l'heure des réseaux et du 2.0, il y a comme une absence de conversation véritable. Pourtant les français aiment la politique et tous nos écrans, omniprésents, sont pleins de politique. Une croissance exponentielle qui révèle en fait l'impuissance des politiques face aux changements du Monde eux-mêmes déversés en flux continu dans lesdits écrans. C'est dans la rue, « bonnets rouges » ou autres et dans les communautés digitalisées que l'on retrouve la rupture entre société civile et élites dirigeantes.

Un vote virtuel permanent, profondément informé

Comme dans un vote virtuel permanent qui loin d'être simplement réactif et ignorant, comme beaucoup voudraient le décrire, est profondément informé et relié à la fois aux expériences de vie quotidiennes : chômage généralisé, école déclassée, fiscalité illimitée, insécurité banalisée, avenirs individuels et collectifs bouchés ... mais aussi à une compréhension des nouveaux enjeux du Monde où la France et surtout ses leaders ont du mal à se situer.

Une confiance disparue? On peut encore promouvoir un avenir riche

Et c'est ainsi que la confiance a disparu de l'expérience France. Pourtant à travers nos capacités humaines, jeunes et moins jeunes, demeure un avenir riche qu'il faudrait savoir promouvoir et orienter dès l'école et sans cesse, à tous niveaux vers le haut, entre progrès, créativité et expansion plutôt que vers le bas de la dépression contrôlée et partagée du déclin individuel et collectif.

Jean Christophe Gallien, Professeur associé à l'Université de Paris 1 la Sorbonne, Président de j c g a, Membre de la SEAP, Society of European Affairs Professionals

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Commentaires
a écrit le 09/09/2014 à 10:06 :
C'est une rentrée dans le lard.
a écrit le 05/09/2014 à 16:52 :
Quand tu veux noyer ton chien... Caresser le lectorat dans le sens du poil en déclarant l'électorat parfaitement au fait des choses du monde, c'est se f... Le seul enseignement qu'ont retenu les français, depuis 2008, c'est que les politiques nationaux sont des guignols; voire des pantins dans le cas de Sarkozy qui ne faisait que gesticuler, aux ordres de ses mandants. Et ce n'est pas la sortie, dans un magazine de droite, d'extraits d'un brûlot d'une quasi Deviers-Joncour, à quelques jours de la déclaration du gnome: "c'est moi (60 ans) que j'reviens pour vous sauver"... qui va les aveugler. Qui ignorait la vie particulière de J. Chirac ? D'ailleurs la France n'existe plus; ce n'est plus qu'un satellite d'une puissance dominante mais (heureusement, ça la fera agir) en déclin. L'avenir des français, pour autant qu'ils en aient un, c'est de se fondre dans une Europe agissante. Celui des politiques nationaux qui en sera le héraut est encore à trouver.
a écrit le 05/09/2014 à 16:45 :
Une excellente analyse. Mais il ne suffit pas d'excellemment analyser les causes, il faudrait aussi proposer une solution.
Si les partis politiques ne sont pas à la hauteur, assurément, d'où la solution peut-elle venir ?
Réponse de le 05/09/2014 à 17:04 :
@riri41
De Jean-Christophe Gallien, voyons !
Réponse de le 05/09/2014 à 18:53 :
"d'où la solution peut-elle venir"?Quelques solutions simples:changement des institutions,présidence collégiale tournante,mandat unique,plafonnement et imposition des aides sociales,baisse de toutes les fiscalités etc...y a t il une seule de ces mesures pour laquelle Hollande serait favorable?aucune bien sur,il est ce qu'il y a de pire .
Réponse de le 06/09/2014 à 9:41 :
Les solutions sont connues : dénationaliser l'économie, développer le secteur privé, dérèglementer, limiter la redistribution aveugle du revenu, etc. En bref diminuer le contrôle inégalitaire socialiste et rendre la Liberté aux français.

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