Pas de reprise en France en 2015, estime l'OFCE

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La baisse des prix du pétrole, tombés sous les 90 ollars le baril, soutient la croissance
La baisse des prix du pétrole, tombés sous les 90 ollars le baril, soutient la croissance (Crédits : reuters.com)
Si la baisse du pétrole et de l'euro vont soutenir la croissance l'an prochain, la politique budgétaire aura toujours un impact négatif. En outre, la désinflation entraîne une hausse des taux d'intérêt réels, préjudiciable elle aussi à l'expansion. Le PIB n'augmenterait donc pas beaucoup plus de 1% l'an prochain,

L'institut de recherche économique OFCE prévoit une amélioration de la croissance économique en France l'an prochain, mais pas à un niveau suffisant pour faire baisser le chômage ou résorber significativement le déficit public.

Selon l'OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques), la France devrait afficher une croissance de 0,4% de son produit intérieur brut cette année, puis de 1,1% en 2015, "grâce à l'atténuation de deux des facteurs négatifs qui ont étouffé la croissance depuis 2010: les conditions de crédit et la réduction des déficits".

La dépréciation récente de l'euro et la montée en puissance du CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) devraient par ailleurs permettre au pays de regagner en compétitivité, "facteur qui aura joué très négativement en 2014".

Du mieux grâce à la baisse du pétrole et de l'euro

Les prévisions de l'institut sont proches de celles du gouvernement, qui s'attend à une progression du PIB de 0,4% cette année et de 1% l'an prochain, tout comme le FMI et l'OCDE.

Mais l'OFCE obtient sa prévision de 1,1% en 2015 avec des hypothèses plus favorables que celles retenues par le gouvernement français pour le prix du pétrole et le niveau de l'euro face au dollar, souligne Eric Heyer, directeur-adjoint du département analyse et prévision . L'institut est donc plus prudent que le gouvernement concernant la performance propre à l'économie française.

En tout état de cause, cette progression serait insuffisante pour enrayer la hausse du chômage, estime Xavier Timbeau, directeur du département analyse et prévision, qui estime à 1,5% le niveau de croissance qui permettrait de "stabiliser" le taux de chômage.

Légère hausse du chômage

L'institut table ainsi sur un taux de chômage de 9,8% l'an prochain, après 9,7% cette année.

Et il estime que le déficit public ne devrait que faiblement se résorber, à 4,3% en 2015 après 4,5% cette année. Des chiffres encore une fois proches des prévisions du gouvernement, qui vise 4,4% en 2014 et 4,3% en 2015.

La zone euro, boulet de l''économie mondiale, notamment en raison de budgets toujours restrictifs

Au-delà des frontières, c'est l'ensemble de la zone euro qui peine à renouer avec la croissance, ce qui en fait "le boulet de l'économie mondiale", souligne M. Timbeau. L'OFCE voit le PIB de cette région augmenter de 0,8% cette année (soit 0,5 point de moins que sa précédente prévision, en avril) et de 1,3% en 2015 (-0,3 point).

Si l'austérité se fait moins marquée, les projets de budget des différents pays de la zone sont toujours "restrictifs", remarque l'économiste. "On est loin de l'expansion budgétaire, notion aujourd'hui enterrée", ajoute-t-il.

La France connaît l'austérité

A cet égard, l'OFCE estime que la France a bel et bien connu l'austérité, d'abord sous forme de hausses d'impôts (de 2011 à 2013), désormais en raison d'un plan d'économies. Ainsi,  les quelques hausses d'impôts que supporteront les ménages en 2015 et surtout la baisse des dépenses, feront plus que compenser l'effet positif de allègements fiscaux en faveur des entreprises (CICE, pacte de responsabilité). Ainsi que le souligne Eric Heyer, "tous les organismes internationaux font  l'hypothèse que des coupes dans les dépenses ont un effet plus restrictif sur l'économie que les hausses d'impôts". Ces coupes joueront donc fortement en 2015, la politique budgétaire amputant la croissance à hauteur de 0,6% (une "impulsion budgétaire négative de 0,56 point, très précisément).

Hausse des taux d'intérêt réels

En outre, au sein de l'Europe, et surtout au sud -Espagne, Portugal-  "le mouvement de désinflation entraîne une hausse des taux d'intérêt réels", c'est-à-dire des taux d'intérêt hors inflation, qui efface les bénéfices de la réduction observée des taux nominaux, soulignent les experts.

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a écrit le 30/10/2014 à 11:09 :
La baisse de l'euro et du pétrole est la conséquence d'une situation, que le moindre frémissement de relance va perturber a la hausse et, ainsi casser l'élan d'une reprise au lieu de l'accompagner!
a écrit le 30/10/2014 à 10:54 :
Toujours dû à notre "incroyable talent", notre "modèle français" (suranné), ou à notre réputation de "cancre" avérée ???????
a écrit le 30/10/2014 à 7:06 :
N'en déplaise aux pseudos économistes fans de l'euro, il ne reste plus que deux solutions, soit faire tourner la planche à billet et inonder le monde d'euros pour faire de la dévaluation compétitive, soit quitter cette monnaie unique (dont le terme unique porte bien son nom, tant elle est destructrice)
a écrit le 29/10/2014 à 21:46 :
Le triomphe des socialistes ; sur leurs mains : le sang des chômeurs , de la jeunesse qu'ils sacrifient , fidèle à leur idéologie
Réponse de le 29/10/2014 à 23:39 :
Merci de mettre en exergue les efforts de l'UMP pour redresser le pays qui sont réduits à néants par ces incompétents notoires de socialos.
a écrit le 29/10/2014 à 20:33 :
C'est clair et vous pouvez ajouter 2016 / 2017 avec la bande d'incompétents qui nous gouvernent!!!!
a écrit le 29/10/2014 à 18:51 :
quel scoop! moi je ne pense pas que ca va repartir vu que toutes les personnes que je connais ont mis en place ce qu'il faut pour reduire la voilure.... ( c'est pas dans les modeles macroeconometriques, alors on constatera ' expost')
pour le reste on ne voit pas en quoi ' seulement +1.9% d'augmentation de la depense publique', c'est de l'austerite !!!!!!!!!
a écrit le 29/10/2014 à 18:39 :
il n'y aura plus jamais de croissance dans cette Europe de la misère qu'il faut quitter avec l'UPR, le reste ne le propose tout bonnement pas.. Je préfère quitter cette Union mensongère que la France qui demeurera quoiqu'il advienne mon pays de naissance, un héritage en somme .. J'ai la France ne héritage mais je me questionne tous les jours, jusqu'à quel point quand je vois de vraies démocraties comme la Russie de Poutine ou le Brésil de Dilma ou l'Equateur, la Bolivie....
a écrit le 29/10/2014 à 18:33 :
L'économie repartirait en 2016 grâce au CICE ? La bonne blague !
Et ce n'est pas le niveau de change de l'Euro, non plus, qui va permettre la reprise puisqu'il faudrait à l'économie française un PEG de 1, voire 1,10 pour quelle soit compétitive, soit bien loin du cours actuel.

Et comme le déficit budgétaire va augmenter mécaniquement du fait qu'on taille dans les dépenses (effet du multiplicateur des dépenses estimé à 1,5/1,6 pour la France), et bien nous serons en récession en 2015 et les années qui suivent car, plus le déficit se creusera et plus Bruxelles nous imposera de baisser les dépenses et plus le déficit se creusera... ainsi de suite ad nauseam !
a écrit le 29/10/2014 à 18:05 :
"tous les organismes internationaux font l'hypothèse que des coupes dans les dépenses ont un effet plus restrictif sur l'économie que les hausses d'impôts". En oubliant de préciser que c'est à court terme...
Réponse de le 29/10/2014 à 18:26 :
@Poppy : ah oui, vous voyez une amélioration de l'économie en Grèce ou en Espagne, par exemple, depuis maintenant 6 ans qu'ils sont dans le trou ?
Réponse de le 29/10/2014 à 18:53 :
la grece devrait renouer avec la croissance, de memoire ( ok, ils ont bien descendu, mais ils etaient bien montes sans raison, hors cheques delors)
pour l'espagne c'est en train de repartir...
( oui oui, ils recuperent les investissements que la france fout dehors ' avec un remerciement taille 45 a la francaise')
vous gemissez comme un francais, mais le pb c'est que vous avez choisi les mauvais pays en guise de critique
a écrit le 29/10/2014 à 17:59 :
Ah bon ? et pourtant fin septembre La Tribune avait titré "La reprise c'est maintenant". Dans le monde du journalisme économique on change d'avis plus vite que l'on imagine...
Réponse de le 29/10/2014 à 18:06 :
Notre président avait vu la reprise bien avant !

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