Valls, Macron, Cambadélis : haro sur le Medef !

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Pierre Gattaz, président du Medef, dans le collimateur des leaders socialistes qui lui reprochent de ne pas jouer le jeu.
Pierre Gattaz, président du Medef, dans le collimateur des leaders socialistes qui lui reprochent de ne pas jouer le jeu. (Crédits : Reuters)
Manuel Valls, mais aussi Emmanuel Macron et Jean-Christophe Cambadélis! Tous reprochent au patronat en général et au Medef en particulier sa politique du "toujours plus", alors que 41 milliards d'euros sur trois ans sont accordés aux entreprises.

C'est peu de dire que le gouvernement et le Parti socialiste n'ont pas du tout aimé que les trois mouvements  patronaux, Medef, CGPME,  UPA, organisent une semaine d'actions pour exprimer leur "ras le bol" sur la ponction fiscale et sur certaines décisions du gouvernement, comme l'instauration d'un compte pénibilité pour chaque salarié.  Plusieurs ténors socialistes comme Bruno Le Roux, président du groupe socialistes à l'Assemblée nationale, Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, mais aussi le Premier ministre Manuel Valls ainsi que le le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, ont dénoncé l'attitude du patronat et notamment du Medef.

Ainsi, Jean-Christophe Cambadélis accuse le Medef d'avoir "pris la tête de l'opposition au gouvernement à la place de l'UMP", dans une interview aux Echos.fr.

"Il y a une politisation du Medef qui se conduit comme un parti politique et non comme un syndicat. Depuis deux ans, le Medef a pris la tête de l'opposition au gouvernement à la place de l'UMP. Ce n'est pas son rôle. Je regrette le manque de culture du compromis chez les organisations patronales : elles veulent leur gain tout de suite indépendamment de l'intérêt général. Ce qui rend très difficile toute politique contractuelle".

Il estime également que "le compte pénibilité", mesure phare de la réforme des retraites honnie par le patronat, "n'est pas négociable car il s'agit de justice sociale et de santé publique". Selon lui, "le Medef le sait et c'est précisément pour cela qu'il en fait son étendard".

Pour Cambadélis: aucun gouvernement n'a fait autant pour les entreprises

Et pour enfoncer le clou le premier des socialistes lance: "Aucun gouvernement de la Ve République n'a fait autant pour la compétitivité des entreprises - 50 milliards de baisses de cotisations, excusez du peu - mais pour les organisations patronales, ce n'est jamais assez. Je peux partager l'idée que tout cela prend du temps et qu'il faut de la constance, de la confiance et de l'efficacité pour que les mesures que nous avons votées déploient leur effet".

"Mais le patronat a aussi un rôle à jouer dans le rétablissement de la confiance. Or son côté jamais content est propre à décourager toute personne qui aurait dit publiquement + j'aime l'entreprise+", dit-il, faisant référence à la formule du Premier ministre Manuel Valls en août lors de l'université d'été du Medef.

 Valls dénonce les "provocation" du patronat

Pour sa part, le Premier ministre, Manuel Valls, a dénoncé à nouveau devant l'Assemblée nationale les "provocations" de certains "dirigeants du patronat", qui ne sont "pas à la hauteur" de leurs "responsabilités".

"Quand la Nation, à travers le Parlement, consent et va consentir un effort de 40 milliards d'euros pour les entreprises, pour la compétitivité, pour baisser la fiscalité et pour baisser les charges, chacun doit être à la hauteur de ses responsabilités".

Comme la veille, en déplacement à Nantes, le chef du gouvernement a dit ne pas vouloir "confondre (...) les entrepreneurs de ce pays, les chefs d'entreprises qui se battent, les salariés (...) avec un certain nombre d'organisations patronales".

S'en prenant à l'ex-majorité UMP aux affaires, il a lancé: "quand on a laissé le pays dans cet état ( ...) quand on n'a pas fait de la compétitivité, des efforts, on est un peu plus modeste et on soutient un gouvernement qui, lui, s'engage pour la croissance, la compétitivité et l'emploi".

Macron incombera au patronat l'échec du pacte de responsabilité

Quant à Emmanuel Macron,  interrogé sur Radio Classique, il estime que le faible nombre d'accords de branches signés dans le cadre du pacte de responsabilité représente un "échec" pour le Medef:

"Dans +pacte de responsabilité+, il y a le mot +responsabilité+. Aujourd'hui, il y a très peu d'accords de branches qui sont signés. C'est un échec et aujourd'hui, c'est aussi le sien (...) Si le dialogue social n'avance pas, il y aura un échec. Personne ne veut d'un échec, c'est pour ça que je demande au Medef de s'engager à la hauteur des enjeux et de l'effort que la nation a consenti", a ensuite précisé le ministre dans une déclaration à l'AFP.

On est loin des grande déclarations d'amour entre le patronat et le gouvernement de la fin de l'été... Mais les esprits devraient s'apaiser.

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Commentaires
a écrit le 15/12/2014 à 13:53 :
RENDRE LES 40M aux entreprises n'rst pas un cadeau mais un trop percu de l'etat
d'où les faillites '50% dans les trois premieres années et le manque de competitivite (simple constat)
a écrit le 15/12/2014 à 11:06 :
pour etre juste je pense que nous ne pouvons ecrire le gouvernement a donné 40 m mais a rendu 40m.dans le cas contraire les enteprises seraient en bonne sante et nous aurions moins de depots de bilan
a écrit le 02/12/2014 à 21:26 :
Ils est temps de vous en rendre compte !!! Au lieu d'aider les grandes entreprises qui figent les salaires des employés à cause de la crise et qui en même temps augmente celui des patrons grâce aux bénéfices; entreprises qui pour toujours augmenter la valeur de leurs actions finiront de toute façon par délocaliser; dépensez notre argent à aider celle qui resteront en France. Aidez ceux qui cherche à créer des PME, il y en a beaucoup trop qui ferment aux bout de quelques années par manque de chantiers, cette aide pourrait juste être un site internet permettant aux entreprises et clients de se trouver; d'une campagne de pub local financer par l'état; en gros il existe beaucoup d'aides possible s'en pour autant dilapider l'argent publique.
a écrit le 02/12/2014 à 19:50 :
Les 40 milliards du CICE pour l'instant ont été distribués à 5% , ce n'est donc pas ce que dit le gouvernement.Les 21 milliards d'augmentation de charges elles sont bien supportées par toutes les entreprises depuis 2 ans.. Depuis 4 ans, cela fait en fait 40 milliards environ en plus.
Facile d'accuser son chien d'avoir la rage quand on veut l'abattre.
Sauf que c'est le chien qui gènère l'emploi.
Si j'ai quelque chose à reprocher au Medef, c'est de ne pas avoir bougé quand la taxation sur dividendes a frappé les SARL et exploitants agricoles, mais de s'en préoccuper uniquement pour les SAS et SA.
Pour le reste le gouvernement devrait réaliser que les TPE, PME , celles qui créent aussi de l'emploi n'ont pas forcément de CICE à récupérer qui revient à la Poste ou à Airbus.....mais générent aussi de l'emploi avec des charges augmentant sans rapport avec l'inflation..
Pour ceux qui payent de l'impôt société sans employés, pas de CICE .Simple. Punis.
N'oublions pas non plus les auto-entrepreneurs qui assument leur dignité du droit au travail en se débrouillant comme ils peuvent . Mais ceux ci ne rentrent pas dans les comptes macro économiques qui sont les seuls que tous les gouvernements regardent..
a écrit le 02/12/2014 à 19:21 :
Et bah....
On est dans la m**de avec tous ces politiciens.
La révolution serait-elle la solution?
Les ets donnent du travails. Avec nos payes on raque taxe et impôt.... Donc?
What else comme dit la pub?
a écrit le 02/12/2014 à 19:18 :
ils sont vraiment NULS ces Enarques Socialistes . Ils ne devraient être autorisés à gouverner qu'après avoir passé 1 ans dans une PME .Ils sauraient ce qu'est une entreprise et leurs contraintes .
Réponse de le 02/12/2014 à 21:29 :
Je ne crois pas que Mr Gattaz face quelque chose en faveur des PME. Bien au contraire si il pouvait les faire disparaitre pour gagner 0.00......1 point d'action, il n'hésiterait pas! Ce type est néfaste pour les travailleurs et le pays; il mériterais de tout perdre et d'être viré de notre pays comme un malpropre !

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