"L'échec du Pacte de responsabilité est aussi celui de Gattaz" (Macron)

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Aujourd'hui, il y a très peu d'accords de branche qui sont signés a fustigé Emmanuel Macron.
"Aujourd'hui, il y a très peu d'accords de branche qui sont signés" a fustigé Emmanuel Macron. (Crédits : Reuters)
L'absence d'accord sur l'emploi dans la plupart des branches, dans le cadre du pacte de responsabilité, est un "échec" aussi imputable au Medef qui devrait cesser de réclamer toujours plus. C'est l'offensive lancée mardi 2 décembre par le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron.

La remarque du président du Medef a hérissé le ministre de l'Economie. Alors que le patronat a lancé lundi une semaine de mobilisation, Pierre Gattaz, qui assure défendre l'emploi, a appelé le gouvernement à mettre ses actions en conformité avec "ses belles paroles".

Emmanuel Macron lui a répondu mardi en l'appelant, à son tour, à faire en sorte que les quelque 41 milliards d'euros de réductions de charges et de fiscalité des entreprises trouvent leur contrepartie. Sur l'antenne de Radio Classique, le ministre s'est exprimé clairement.

"Je n'ai pas à qualifier l'attitude de Pierre Gattaz, j'ai simplement à dire que dans le pacte de responsabilité, il y a le mot responsabilité. Aujourd'hui il y a très peu d'accords de branches qui sont signés, c'est un échec et aujourd'hui c'est aussi le sien. L'Etat a pris ses responsabilités et donc je crois qu'aujourd'hui l'urgence pour le patronat, ce n'est pas de réclamer plus, c'est de prendre sa part de responsabilité avec un dialogue social efficace, parce que je veux insister là-dessus avec  vous, le dialogue social quand il est bien mené, et l'exemple allemand est très illustratif, c'est un facteur de compétitivité

Trop peu de négociations engagées

Début novembre, le Premier ministre Manuel Valls avait également haussé le ton en constatant que seules une quinzaine de branches professionnelles sur les 50 principales avaient entamé des négociations.

"Je crois qu'aujourd'hui, l'urgence pour le patronat, ce n'est pas de réclamer plus, c'est de prendre sa part de responsabilité avec un dialogue social efficace parce que (...) le dialogue social quand il est bien mené (...) est un facteur de compétitivité" a remarqué mardi Emmanuel Macron.

Pour justifier les propos d'Emmanuel Macron, le ministère rappelle que la moitié des 50 principales branches professionnelles est engagée dans des négociations : 2 branches ont déjà signé un accord de branche : la métallurgie et la chimie ; 13 branches ont ouvert une négociation, sur des périmètres variables ; 10 branches ont un programme de travail défini pour des négociations à venir ; une vingtaine de branches n'a pas encore ouvert de discussions et enfin, 6 branches n'envisagent pas de négocier sur le pacte

Quand Bercy fait les comptes

Bercy rappelle également que la mise en œuvre du Pacte de responsabilité jusqu'à aujourd'hui a permis de faire progresser le coût du travail en France (+1,8% au deuxième trimestre ) moins vite qu'en Allemagne (+3,6%) ou dans la zone euro (+1,8%). Le coût horaire du travail dans l'industrie est désormais plus bas en France (36,8 euros) qu'en Allemagne (38,5 euros) selon les estimations de COE-REXECODE, ce qui représente une source de satisfaction pour le gouvernement.

Quant au CICE, il sera complété à partir du 1er janvier 2015 par l'entrée en vigueur d'un allègement de cotisations sociales ciblé sur les bas salaires (entre 1 et 1,6 SMIC) pour 4,5 milliards d'euros, qui s'accompagne de la suppression de la distinction entre entreprises de moins de 20 et de plus de 20 salariés ; d'un allègement de cotisations des indépendants, pour 1 milliard d'euros et de la suppression d'une première tranche de contribution sociale et de solidarité des sociétés (C3S). Cette dernière mesure bénéficiera prioritairement aux PME et aux ETI. Son coût est estimé à 1 milliard d'euros.

Le Medef est insatisfait

De son côté, le Medef demande un nouvel effort au gouvernement. Selon ses calculs, les prélèvements sur les entreprises ont progressé de plus de 30 milliards d'euros entre 2011 et 2014. Malgré le CICE.

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Commentaires
a écrit le 03/12/2014 à 14:36 :
Le problème c'est que l'état s'imagine que les entreprises n'on que ça a faire : démêler les textes pondu par le gouvernement. Faire simple on connait plus? La plupart des boites sont petites et n'on pas de cellules dédiées a faire de l'analyse quantique sur les textes pondu tout les 3 jours. + d'emplois = droit du travail, salaires et fiscalité suisse (n°1 mondial en compétitivité).
a écrit le 03/12/2014 à 9:36 :
de toute façon on ne tirera rien du MÉDEF. La seule solution c'est de les taxer encore plus les patrons iront moins souvent jouer au golf. Il y a encore beaucoup de marge.
Réponse de le 03/12/2014 à 14:29 :
Il en reste en France? Ils ne sont pas déjà tous en Suisse?
a écrit le 03/12/2014 à 4:46 :
Le jeune Macron apprend très très vite sa partition dans la pièce. Comme ses collègues du Gouvernement, comme le MEDEF, comme les économistes, il sait très bien ce qui empêche ou freine l'embauche : l'absence de vision et de confiance à court/moyen terme , la pauvreté des carnets de commandes et la rigidité des règles sociales !
a écrit le 02/12/2014 à 14:38 :
mr MACRON se cache encore derrirre ce dialogue social impossible avec une dictature syndicale. qu'il supprime l'exclusivité et laisse les patrons negocier avec la MAJORITE REPRESENTIVE DE SES OUVRIERS
a écrit le 02/12/2014 à 14:22 :
finalement, il est très comme les autres socialistes: toujours la faute des autres !
a écrit le 02/12/2014 à 14:22 :
Ce gouvernement trouve toujours un coupable en dehors de ses rangs pour justifier la suite ininterrompus de ses échecs....
a écrit le 02/12/2014 à 14:10 :
La dialectique des politiciens est de renvoyer la faute sur les autres. Ils ne sont jamais responsables des échecs, problèmes, mauvaises gestions etc ... ni des dépenses luxueuses de l'état etc ... bref pourquoi sont ils là ?
Réponse de le 03/12/2014 à 18:26 :
Pour pomper notre impôt quand ils sont au pouvoir et continuer de le faire quand ils le quitte en organisant des Sarkoton...
a écrit le 02/12/2014 à 13:40 :
Sans de profondes réforme structurelles, la confiance des agents économiques ne reviendra pas...les belles paroles ne suffisent plus, il faut passer aux actes....
a écrit le 02/12/2014 à 13:00 :
J'hallucine, Mr Macron est-il devenu si rapidement politicard demogogue qu'il deja oublie que l'emploi ne se decrete pas ??!!!
Pour relancer la machine il faudrait bien plus que les mesurettes cosmetique de ce gouvernement qui le connait rien a l'economie. Taxez les Francais plutot de reformer la fonction publique (clientele electorale du PS) et vous paralysez la consommation du pays. taxez les entreprises et ce sont leurs investissements qui se reduisent, complexifiez le droit du travail et vous decouragez la moindre embauche.
J'ai 5 salaries et je concerne par toutes ces causes : je prefere refuser des contrat qu'embaucher, et suis loin d'etre isolé.
Réponse de le 02/12/2014 à 14:07 :
L'emploi ne se décrète pas, mettre dans la balance du CICE des emplois était stupide... mais c'est une proposition du MEDEF illustrée par un superbe pin's. Dans une négo quand on fait des mauvaises propositions, il faut les assumer.
La c'est mauvais, le MEDEF ne s'engage sur rien alors qu'ils l'avaient proposé ce qui donne des arguments aux gauchistes pour dire que c'est un cadeau aux entreprises alors que les prélèvements sur les entreprises augmentent continuellement depuis 5 ans.
Bref, mauvaise mesure (baisser les charges y compris des salariés aurait été beaucoup plus clair) doublée d'une com catastrophique pour le MEDEF. Tout le monde est perdant.
a écrit le 02/12/2014 à 12:57 :
La cour des comptes preconise en urgence a partir du 01 01 2015 des mesures pour eviter la mise sous tutelle de la france : smic maxi 7, 75 euros heure, cnav carence de 18 mois sur les nouvelles retraite, prise en charge des frais de soins a partir de 85 ans par des assurances prives
Réponse de le 02/12/2014 à 16:40 :
La France est déjà sous tutelle mais on cherche encore a nous le cacher pour en faire une menace!
Réponse de le 03/12/2014 à 9:34 :
vous avez oublié dans votre panoplie stupide les taxes pour les patrons, il faut absolument augmenter les tranches d'impôts les tripler par exemple pour les patrons et les riches et alors le budget de la France sera sauvé. Enfin, votre formulation pour les personnes âgées de plus de 85 ans est à vomir, je reste poli pour éviter de me faire sencuré.
a écrit le 02/12/2014 à 12:20 :
M. Macron vient du privé et a raison de fustigé le comportement de M. Gattaz. Les grands patrons français sont prompts à reclamer - non sans une certaine raison - mais sont peu enclins à balayer devant leurs portes. Les systèmes d'apprentissage, la co gestion et toutes les autres bonnes pratiques qu'on connait outre rhin sont aussi l'oeuvre des patrons allemands qui considèrent le dialogue social et leurs employés sans doute d'une autre manière que les membres du MEDEF qui il faut le rappeler 1- n'est qu'une des organisations patronales 2- n'est pas représentatifs des PME françaises qui sont celles qui souffrent le plus et ont le plus besoin d'un nouvel environnement.
Réponse de le 02/12/2014 à 12:55 :
Et pas mal de reformes demandees par le MEDEF beneficient aussi aux PME et TPE, comme la mis en sommeil des seuils sociaux.
Réponse de le 03/12/2014 à 18:28 :
Lesquelles? heu pardon j'ai mis au pluriel, laquelle?
a écrit le 02/12/2014 à 12:12 :
Tout le monde a raison !
Macron , Gattaz, Lepaon, sont tous d'accord sur deux choses : d'abord, que rien ne change pour moi , et deuxièmement que ce soit l'autre qui enfin fasse un effort.
Jeu de dupes et de mensonges dans lequel tout le monde sait depuis le début que le Pacte de Solidarité est une vaste connerie, inapplicable et compliqué comme seul un fonctionnaire sait mettre en place le principe Shadok : "pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? "
Tout le monde s'en porte bien; car dans l'immobilité obligatoire, chacun garde son fromage et rien ne bouge.
Ah, si seulement on redonnait la parole aux citoyens ; nous voyons à quel point le bon sens s'exprime lorsque l'on observe les votations de nos voisins Helvètes
a écrit le 02/12/2014 à 11:38 :
Le souci de Mr MACRON comme tous nos hommes politiques c'est qu'ils pensent connaître comment fonctionne une entreprise, mais ce n'est pas parce que l'on a travaillé dans une banque d'affaires que l'on sait comment une entreprise sur le plan opérationnel fonctionne. Même s'il vient du privé il ne comprends pas les difficultés pour faire fonctionner une PME. Dans la banque il y a une armée de collaborateurs qui travaillaient pour lui alors qu'un chef d'entreprise est seul à décider. Alors c'est facile de sortir de grandes phases - décidément Mr MACRON est passé du côté des Politiques mais il ne durera pas longtemps à ce poste - lui aussi sera broyé par le système et il retournera dans le privé (une place qu'il a gardé bien au chaud à mon avis)
a écrit le 02/12/2014 à 11:32 :
Dans la vraie vie les usines à gaz ça ne fonctionne pas
Comme la loi sur la pénibilité et autres ......
Resultat de notre super école l'ENA
Machine à fabriquer des technocrates qui plantent le pays depuis des années
a écrit le 02/12/2014 à 11:16 :
Et pendant que le ministre cause, on envoie 1000 personnes par jour de plus à Pole Emploi.
a écrit le 02/12/2014 à 11:04 :
Le patron du medef est comme son père toujours plus . M. MITTERRAND a "tapé" sur la table un moment ça suffit.
a écrit le 02/12/2014 à 10:05 :
Ca alors c'est étonnant !

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