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ÉconomieFrance

Philippe Martinez un métallurgiste en acier trempé à la tête de la CGT

Photo de Jean-Christophe Chanut

Jean-Christophe Chanut

Publié le 04 février 2015 à 15:39 - Mis à jour le 04 février 2015 à 16:07

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Philippe Martinez succède à Thierry Lepaon à la tête de la CGT. Pour autant, la première centrale syndicale française ne compte pas infléchir sa ligne. Elle prépare une journée de lutte pour le printemps.

On le dit « pas commode » et « sûr de lui », doté d'un caractères en acier trempé - normal pour un métallurgiste - mais sachant faire preuve de pragmatisme. Philippe Martinez, 53 ans, est donc le nouvel homme fort de la CGT, succédant à Thierry Lepaon au poste de secrétaire général de la première confédération syndicale française qui revendique près de 700.000 adhérents. Philippe Martinez et l'ancien « patron » de la fédération de la métallurgie (59.000 adhérents) de la CGT. Lui-même a fait sa carrière chez Renault où il a été délégué syndical central.
Mais changement de tête ne rime absolument pas avec changement de ligne. D'entrée de jeu, recevant les médias, Philippe Martinez a prévenu, la CGT est là « pour porter des idées alternatives aux politiques d'austérité » et il voit dans la victoire de Syriza en Grèce « un vote porteur d'espoir ». Le gouvernement est prévenu, la CGT façon Martinez ne sera pas un partenaire social facile. Ce n'est pas avec lui que la CGT va se précipiter sur un stylo pour signer le premier accord venu. « La CGT d'aujourd'hui n'est pas différente de celle d'hier » prévient-il.

Un journée interprofessionnelle de lutte au printemps

Pour marquer son arrivée, Philippe Martinez a même décidé de lancer au printemps prochain une « journée interprofessionnelle de lutte » qu'il espère la plus puissante possible et, surtout, la plus large possible. C'est sur ce point qu'il y aura, peut-être, une légère inflexion par rapport à la période précédente. Le nouveau secrétaire général semble en effet décidé à faire sortir la CGT de son splendide isolement dans lequel Thierry Lepaon l'avait plongée. Philippe Martinez a d'ailleurs déjà pris contact avec ses homologues des autres confédérations. Et l'on sait Jean-Claude Mailly, le secrétaire général de Force Ouvrière, également demandeur d'une action au printemps contre la politique » de l'offre » menée par le gouvernement de Manuel Valls. Une convergence entre centrales est donc possible."Regardez chez les routiers, même la CFDT a rejoint le mouvement" constate Philippe Martinez"

Et si le front se fait plus large que le simple duo CGT/FO, ce serait alors une grande première depuis le début du quinquennat de François Hollande. De fait, le président de la République n'a pas eu jusqu'ici, c'est le moins que l'on puisse dire, à pâtir d'un activisme syndical très virulent. Et pour cause, les centrales syndicales avaient quasi ouvertement appelé à battre Nicolas Sarkozy en 2012... Difficile dans ces conditions de se déchainer sur son successeur. Du moins dans un premier temps. Mais le vent est peut-être en passe de tourner.

A cet égard Philippe Martinez prévient « Face à n'importe quel gouvernement, il y a besoin d'un mouvement syndical fort ». Il compte dans les mois à venir rappeler les revendications de la CGT : hausse du pouvoir d'achat, mise en place d'un véritable pôle financier public, reprise du mouvement de réduction du temps de travail, réflexion sur le « coût du capital », etc.


Changer les règles du jeu du dialogue social

Pour autant, Philippe Martinez ne dit pas non au dialogue social, il précise même que, pour lui, le mot « compromis » n'est pas tabou. Mais il veut voir les règles évoluer. Il ne veut plus que les négociations se passent systématiquement au Medef, à partir d'un texte élaboré par le patronat et selon des modalités (horaires, interruptions, etc.) fixées par ce même patronat.
L'autre grande priorité de Philippe Martinez va être tout le travail en interne afin de recoller les morceaux cassés au sein de la CGT. Déjà, il a nommé un groupe de travail chargé de déterminer les « responsabilités » qui ont conduit aux dysfonctionnements sous l'ère Lepaon. Il s'agit de comprendre pourquoi les «alertes » n'ont pas fonctionné quand la décision a été prise de financer les travaux de rénovation de l'appartement de fonction et du bureau de l'ancien secrétaire général.

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Et à un an du congrès de la CGT, le nouveau secrétaire général tient absolument à ce que les syndiqués pèsent davantage et soient force de proposition. Philippe Martinez a très bien compris que le principal reproche adressé à Thierry Lepaon fut celui de s'être coupé de sa base et de diriger la centrale avec sa petite équipe sans assez prendre le pouls des troupes.
Beaucoup de travail donc pour Philippe Martinez, surtout avec un congrès en 2016 qu'il se doit de réussir pour garder son poste.

Ultime petite précision que le nouveau secrétaire général a confié à la presse. S'il a bien été membre du Parti communiste français, il ne l'est maintenant plus !

Jean-Christophe Chanut

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