Déficit public : la Cour des comptes remet en cause les objectifs de Bercy

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La Cour des comptes doute de la capacité du gouvernement à atteindre ses objectifs en matière de déficit public
La Cour des comptes doute de la capacité du gouvernement à atteindre ses objectifs en matière de déficit public (Crédits : reuters.com)
En 2015, le ministère des Finances compte abaisser de 4,4% à 4,1% du PIB le déficit public. Est-ce envisageable ? Trop ambitieux ? La Cour des comptes est inquiète. Pas le ministère des Finances.

Le ministère des Finances est-il trop ambitieux ? La loi de finances 2015 table sur une baisse de 0,3 point du déficit public à 4,1% du PIB. Dans un document de 25 pages intégré à son rapport annuel, la Cour des comptes remet en cause cet objectif dont la réalisation est jugée « incertaine ». Pour deux raisons

La prévision du gouvernement "repose sur une prévision de croissance des recettes qui présente des fragilités et sur un objectif d'évolution des dépenses en valeur qui peut se révéler difficile à atteindre".

Précisément, l'institution présidée par Didier Migaud regrette que le gouvernement n'ait pas pris en compte assez vite l'atonie de la croissance et la très faible inflation en 2014, notamment lors de la présentation du projet de budget rectificatif de l'été. Résultat, le déficit public a augmenté entre 2013 et 2014 alors que l'inverse était prévu en loi de finances initiale.

" La France est avec la Croatie, le seul pays de l'union européenne dont le déficit public était supérieur à 3% du PIB en 2013 et a augmenté en 2014 ", répètent les Sages de la rue Cambon à plusieurs reprises.

Un montant de recettes surestimé cette année ?

En 2015, le ministère des Finances ferait-il la même erreur ? La Cour des comptes en est persuadée. Son rapport conteste le montant des recettes prévu cette année par le gouvernement en raison notamment d'une prévision d'inflation à 0,9% qu'elle juge trop forte.
" Comme en 2014, cette baisse de l'inflation est de nature à entraîner une réduction significative des recettes publiques", estime-t-elle.

La Cour remet également en cause la manière dont le gouvernement entend arriver à faire 21 milliards d'euros d'économies dans la dépense publique en 2015, soit une croissance des dépenses de 1,1% en valeur. Rappelant qu'"une croissance en valeur aussi faible n'a pas jamais été réalisée", la Cour identifie néanmoins plusieurs risques de ne pas y arriver.

Le problème Ecomouv'

Elle cite notamment une sous-estimation des dépenses pour les opérations de défense et la rupture du contrat Ecomouv' qui donne lieu à une indemnisation de 400 millions d'euros en 2015. Elle relève également que le comité d'alerte de l'Ondam (prévisions de dépenses de l'assurance-maladie) "a souligné dans son avis du 7 octobre 2014, que le respect de l'objectif pour 2015 serait rendu plus difficile que les années précédentes".

La Cour rappelle en outre le rôle que jouerait une moindre inflation dans la maîtrise des dépenses. Pour en tenir compte, " l'estimation des économies aurait dû être réduite de deux milliards d'euros " estime la Cour qui critique également la baisse des ressources aux opérateurs de l'Etat annoncée à 1,1 milliard et qui ne sera selon elle que de 600 millions.
Quant aux baisses de dotations aux collectivités territoriales, le rapport de la Cour avance rien ne permet d'assurer qu'elles se traduiront automatiquement en économies. Bref, la Cour regrette les "approximations" et les "imprécisions" qui émaillent le programme d'économies de 21 milliards d'euros tel qu'il est décrit dans les documents budgétaires du gouvernement.

L'objectif de 2017 sera-t-il atteint ?

Ces erreurs ne seraient pas si graves si ce nouveau dérapage du déficit public était circonscrit à l'exercice en cours. Or, il pourrait entraîner un décalage pour les années suivantes. Pour l'instant, après avoir décalé à plusieurs reprises cet objectif, le gouvernement espère toujours réduire son déficit public à moins de 3% du PIB en 2017.

Qu'en pense-t-on à Bercy ? Dans sa réponse à ce rapport, le ministère de Finances renvoie la Cour des comptes dans ses filets: "le rythme de l'assainissement des finances publiques doit être adapté aux conditions économiques actuelles caractérisées par une faible croissance et une inflation basse", assure-t-il, assumant le choix pour 2015 d'"une réduction du déficit public moins marquée que celle constatée les années précédentes".

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Commentaires
a écrit le 11/02/2015 à 18:14 :
C’est comme pour le COR les prévisions sont farfelues. Si on compte le déficit, certains parlent de 15 à 20 de déficit annuel dans les retraites plus 15 milliards de plus au déficit cet année… qui paiera. Quid du hors bilan annoncé à 2500 milliards ? Dans le même temps, depuis 1984 les revenus ont stagné et en disponible on est à la baisse… la productivité globale étant nulle. Les profs n’ont pas été augmentés depuis 1995… le chômage augmente surtout chez les jeunes, y aura-t-il de l’indignation ?
a écrit le 11/02/2015 à 17:47 :
Nous sommes en guerre économique , en guerre aux frontières orientales de l' Europe , en guerre contre le terrorisme et Monsieur Migaud compte ...Il est vrai que pour ses petits soucis de commis et de donneur de leçons , tout va bien .
a écrit le 11/02/2015 à 17:43 :
il est tout de même à noter que le déficit 2014 fut inférieur aux prévisions du gouvernement et de la cours de compte. Qui est une belle institution mais plus infaillible que les autres
a écrit le 11/02/2015 à 15:11 :
Avant de voter la prochaine fois. Critiquer, on sait faire. Lire les programmes des candidats de manière attentive et sensée, c'est déjà un plus. Voter pour un parti de changement conforme à nos idées (pour moi ni PS ni UMP ni FN ni modem), mais UPR, et assumer son vote, c'est encore mieux. Arrêtons de bêler et si on veut du changement (du vrai) et faisons en sorte de voter différemment, sans faillir devant l'obstacle que cela représente pour quelques uns d'entre nous. De toute façon, quel choix à t'on ? Voter pour ces rentiers de droite ou de gauche qui s'accaparent nos impôts, nous ont ôté notre souveraineté électorale et nous prennent pour des tartes, tout en sachant qu'en les réélisant ça continuera ? Agissons.
a écrit le 11/02/2015 à 13:59 :
J'avais aussi remarqué qu'ils tablent tous sur une croissance que nous n'auront jamais.

Je ne comprend pas que le budjet soit validé avec des chiffres aussi optimistes et éloignés de la réalité.
Quand on fait presque 0, ils tablent sur du +3% l'année suivante! Et ça passe!

A j'oubliais, c'est pas de l'économie, c'est de la politique. Faut bien sauvegarder son postes et ses amis, la gamelle est trop bonne.
Décidément trop de monde dans se gouvernement corrompu (parfois ils ne s'en rendent pas compte) et clientéliste.
a écrit le 11/02/2015 à 13:31 :
Les balivernes des socialistes, on les connait, c'est leur métier de les dire. La parole de ces gens est sans valeur et elle démontre leur mépris complet du public. S'ils ont des enfants, comment peuvent-ils les regarder en face? Quel exemple leurs donnent-ils? Plutôt mourir que de ressembler à ces gens sans honneur ni amour propre...
Réponse de le 11/02/2015 à 13:45 :
Merci d'avoir témoigner du fait que seul l'UMP sera capable de redresser enfin les finances publiques de la France. Votre contribution pleine de nuance était indispensable
a écrit le 11/02/2015 à 13:26 :
ça sent vraiment vraiment mauvais!
a écrit le 11/02/2015 à 13:16 :
NOUS MENT
a écrit le 11/02/2015 à 13:15 :
des comptes sait-elle compter ?
a écrit le 11/02/2015 à 12:47 :
Tout le monde se fiche éperdument de ce que peut bien dire la Cour des Comptes/
C'est tout.
Réponse de le 11/02/2015 à 13:53 :
Vous avez grandement tort de penser ça car l'avenir prouvera que la CDC avait raison, comme à chacune de ses interventions. Mais tous les gouvernements s'en moquent malheureusement !!!!
Réponse de le 11/02/2015 à 17:54 :
elle s'est trompé cette année.....
a écrit le 11/02/2015 à 12:21 :
Déficit public : la Cour des comptes A PLEINEMENT RAISON.

Depuis 15 ans de façon aggravée, la France connaît un déclin de son industrie et la disparition des commerces, ceux qui restent végètent.

De ce constat, il convient d'écraser le mille feuille sans aucun regret,

en particulier de supprimer tous les crédits et financements aux CCI Chambres de déclin de l'Industrie et de la disparition des petits Commerce.

Allons les Français, cessons d'être masos et de laisser persister ces CCI squattées par des stagiaires amateurs qui sont le symbole des échecs des plus monumentaux de l'économie Française.

Au surplus, idem pour toutes ces agences bals blas banquets bourrées de fonctionnaires nationnaux, régionnaux, départementaux, agglomérationnaux, métropolationnaux, etc et tous ces faux centres peuplés de faux experts autoproclammés.

C'est urgent, cela doit être la priorité des priorité.
Réponse de le 11/02/2015 à 17:52 :
Moi j'aime bien les CCI,ils sont toujours serviables,prets a vous renseigner et font souvent de petites sauteries fort sympathiques.Leur mécénat artistique est un plus!
a écrit le 11/02/2015 à 12:18 :
La cours des comptes joue avec Bruxelles contre la France et son retour possible a toute décision souveraine! La "collaboration" va bon train avec la finance!
Réponse de le 11/02/2015 à 12:36 :
Bah exact!
a écrit le 11/02/2015 à 12:00 :
...et la collusion des lites qui se délitent est toujours au pouvoir, la preuve...par la Cour de Comptes...d'ici qu'un jour on lui règle ses comptes comme on dit, et ouste Migaud, un socialo qui en fait un peu trop...et c'est pas cocasse de le rappeler nommé à ce poste par Sarkozy...qui de ceux là finalement est le plus autoritaire et le plus manipulateur ou le plus irresponsable: Sarkozy, Fillion, Hollande, Valls?
a écrit le 11/02/2015 à 11:58 :
Le déficit public continue de croître à un taux plus élevé que la croissance. Cela ne fait que plomber la croissance, Tout le monde économique connaît les solutions : avoir une administration favorable aux entreprises. Or les entreprises continuent de fermer en masse parce qu'elles ne peuvent pas adapter leurs effectifs à la demande.
Réponse de le 11/02/2015 à 12:09 :
Bravo ! Tout est dit !
a écrit le 11/02/2015 à 11:51 :
une économie importante à réaliser de suite : SUPPRESSION DE LA COUR DES COMPTES !!!

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