Aide à la Grèce : l'Espagne prédit un accord, l'Allemagne résiste

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(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
La situation demeure tendue entre les pays de l'Union européenne, qui débattent - ce jeudi et vendredi - de l'aide à apporter à la Grèce. L'Espagne, qui préside l'Union, s'est dit confiante en un accord proche. La solution qui se dessine mêlerait prêts bilatéraux et aide du FMI.

Le chef du gouvernement espagnol José Luis Rodriguez Zapatero, dont le pays préside l'Union européenne (UE), s'est dit ce jeudi "confiant" dans la capacité des Européens à parvenir à un accord sur un mécanisme d'aide à la Grèce, lors de leur sommet de jeudi et vendredi.

Cet optimisme ne sera pas de trop tant la situation semble politiquement sensible entre les pays européens. Au milieu de la cacophonie des petites phrases et des tractations diplomatiques, on retiendra que le débat porte essentiellement sur le type d'aide à apporter à la Grèce : aide financière directe ou soutien politique fort - qui permettrait à la Grèce de bénéficier de taux d'emprunt moins assassins - ; recours au FMI (Fonds monétaire international) ou prêts bilatéraux de pays de la zone euro.

Des discussions bilatérales se tiendront sur ces points d'achoppement, dès ce jeudi, entre la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy, en marge du sommet, a rapporté un responsable gouvernemental allemand.

Vers une aide "à deux têtes" : FMI et prêts bilatéraux

La balance semblait pencher, mercredi, du côté de prêts bilatéraux européens, auxquels s'ajouterait, en complément, une aide du FMI. "Je pense qu'il y aura un mélange entre l'instrument FMI et des prêts bilatéraux", a confirmé ce jeudi le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker.

La présidence espagnole avait jugé un peu plus tôt dans la journée qu'une participation du FMI, était "recevable".

Cependant, l'Allemagne continue d'exclure les aides directes pour privilégier un recours exclusif au FMI. De plus, pour l'Allemagne, une aide à la Grèce quelle que soit sa forme ne pourra intervenir "qu'en dernier ressort". "Nous travaillerons très étroitement avec la France sur ce sujet", a indiqué la chancelière allemande, Angela Merkel.

Dans une déclaration livrée quelques heures avant la rencontre des dirigeants européens à Bruxelles, la chancelière a notamment rappelé aux députés allemands que la Grèce n'était pas insolvable actuellement, Athènes ayant mis en place un "programme ambitieux de réductions des dépenses", et ayant "dernièrement placées avec succès ses obligations d'Etat sur les marchés".

La position allemande sous le feu des critiques

La position allemande fait l'objet de nombreuses critiques. "Ne pas pouvoir régler le problème par nous mêmes est une mauvaise solution", a estimé le président du parti socialiste européen (PSE), le Danois Poul Nyrup Rasmussen. Le PSE veut convaincre les dirigeants de l'UE d'étendre aux pays de la zone euro la possibilité d'obtenir des prêts européens garantis (à taux avantageux), à l'instar des prêts consentis par la Commission européenne à des pays hors zone euro.

La Commissaire à la justice et vice-présidente de la Commission européenne, la Luxembourgeoise Viviane Reding a également lancé un appel à Angela Merkel en ce sens : "Angela, un peu de courage. Tu as de graves problèmes chez toi, à la maison, parce que le populisme veut que tout ton peuple, ou une grande partie, soit contre la solidarité. Dis-leur que nous avons été solidaires quand l'Allemagne s'est réunifiée. Nous avons tous payé pour que cela puisse se faire et nous ne le regrettons pas", a-t-elle déclaré.

Mais Angela Merkel semble déterminer à ne pas céder d'un pouce. "Un bon Européen n'est pas nécessairement un Européen qui offre tout de suite de l'aide. Un bon Européen, c'est quelqu'un qui respecte les traités européens et les droits nationaux afin que la stabilité de la zone euro ne soit pas endommagée", a-t-elle déclaré ce jeudi.

Le taux de change de la monnaie commune chute du fait ces divergences.  L'euro est ainsi passé jeudi sous le seuil des 1,33 dollars pour la première fois depuis le 7 mai 2009.

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a écrit le 25/03/2010 à 13:42 :
L'épreuve grecque actuelle est la preuve directe de notre artifice européen. Déjà que l'Europe d'hier n'intéressait pas grand monde, voilà qu'à l'heure de vérité, elle est sur le point d'imploser. Il faut bien finir par oser le mot. Résultat d'une Europe du chacun pour soi, de l'?uro faible, du chômage de masse (bientôt 20 millions de chômeurs inscrits et reconnus!), de l'Allemagne nostalgique du DM, de la BEI impuissante, de l'absence de toute stratégie économique, industrielle, scientifique, financière ou toute autre......
Oui la Grèce n'est qu'un simple test face à ce qui nous attend demain, car l'Espagne, l'Italie, le Portugal ou même la France ou le Royaume Unis ça sera une autre histoire. Malheureusement.

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