Bruxelles réhausse ses prévisions de croissance

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La Commission européenne a revu en hausse sa prévision de croissance pour la zone euro cette année à 0,9%, contre 0,7% attendu en février, mais elle a en revanche révisé en baisse celle de la Grèce, qui devrait enregistrer une récession de 3%. Le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn, estime que "les niveaux des déficits publics sont à un niveau préoccupant" en Europe et se déclare favorable à un "renforcement" du Pacte de stabilité, comme le demande l'Allemagne et la France.

La Commission européenne a revu à la hausse ce mercredi ses prévisions de croissance pour la zone euro, anticipant désormais une augmentation de l'activité de 0,9% en 2010 et 1,5% en 2011. Pour l'ensemble de l'UE, l'exécutif communautaire prévoit désormais une croissance de 1% et 1,7% respectivement, avec des chiffres solides en France et en Allemagne.

L'économie française devrait ainsi croître de 1,3% en 2010 et 1,5% en 2011, contre 1,2% et 1,6% respectivement pour l'économie allemande. Le déficit français devrait quant à lui s'inscrire à 8% du PIB en 2010 et 7,4% en 2011, alors que la dette devrait augmenter à 83,6% et 88,6% du PIB respectivement.

En Grèce, où une récession de l'ordre de 3% est envisagée cette année, le déficit est attendu à 9,3% du PIB en 2010 et 9,9% en 2011, alors que la dette devrait exploser à 124,9% du PIB en 2010 et 133,9% en 2011.

La Commission européenne a aussi revu en légère hausse ses prévisions de croissance 2010 pour l'Espagne et le Portugal, pronostiquant pour la première une récession de 0,4% seulement et pour le second une progression de l'activité de 0,5%.

Plus généralement, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a jugé que l'état des finances publiques en Europe était inquiétant. "Les niveaux des déficits publics sont à un niveau préoccupant", a-t-il insisté lors d'une conférence de presse. "Tous les Etats membres de l'UE devront prendre des mesures concrètes et intensifier leurs efforts (d'assainissement des finances publiques)", a-t-il ajouté.

La Commission européenne a dit prévoir des déficits publics de 6,6% du PIB dans la zone euro en 2009 et de 6,1% en 2011, contre 7,2% et 6,5% respectivement dans l'UE.

Olli Rehn a aussi indiqué être favorable à un "renforcement" du Pacte de stabilité, l'instrument qui limite les déficits dans l'UE, comme le demande l'Allemagne et la France.

Concernant l'Espagne, "il n'y a pas de besoin d'assistance financière (...) Non, nous n'allons pas le faire", a-t-il commenté, en réponse à une question d'un journaliste lui demandant si la Commission européenne comptait demander l'activation d'un plan de prêts pour l'Espagne, dans le sillage de celui décidé pour la Grèce. Olli Rehn a critiqué les rumeurs de marchés sans fondement en ce sens. "Il n'y a pas de limite aux spéculations", a-t-il dit.

Par ailleurs, le secteur des services a connu en avril dans la zone euro une croissance un peu plus forte que prévu, ce qui laisse penser que la crise grecque et les craintes de contagion n'ont pas d'incidence dévastatrice sur l'activité économique dans son ensemble. L'indice Markit des directeurs d'achats du secteur tertiaire ressort à 55,6 contre 55,5 en estimation "flash" et 54,1 en mars. Il est au plus haut depuis octobre 2007.

L'indice composite, calculé à partir d'un échantillon de 4.500 entreprises tant du secteur secondaire que tertiaire, reste à 57,3 contre 55,9 en mars. S'il parvient à se maintenir à ce niveau, il attesterait d'une croissance économique robuste au deuxième trimestre, estime Markit.

Cette statistique laisse également penser que les pressions déflationnistes s'apaisent dans la zone euro, avec une composante des prix facturés révisée de 49,7 à 50,2. C'est la première fois qu'une trace d'inflation se retrouve dans cette composante depuis octobre 2008.

Enfin, les ventes de détail dans la zone euro sont restées stables en mars par rapport à février, a indiqué ce mercredi l'office européen des statistiques Eurostat.
En février, le commerce de détail avait baissé de 0,2% par rapport à janvier dans la zone euro. Sur un an, en mars 2010 par rapport à mars 2009, l'indice des ventes a reculé de 0,1% dans la zone euro.

Parmi les pays pour lesquels les données sont disponibles, les ventes de commerce de détail ont augmenté dans quinze Etats et baissé au Portugal (-2,8%), en Allemagne (-2,4%) et en Bulgarie (-1%). Les plus fortes hausses ont été observées au Danemark (+5,5%), en Lituanie (+4,6%) et en Roumanie (+3,7%). En France, les ventes de détail ont progressé de 0,7% en mars.

Dans l'ensemble de l'Union européenne, les ventes de détail sont également restées stables en mars comparé à février. Par rapport à mars 2009, elles sont en hausse de 0,3% dans l'ensemble de l'UE.

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