Trichet prône une "fédération budgétaire" pour la zone euro

Le président de la Banque centrale européenne rompt le tabou du fédéralisme en Europe, au moins économique, dans un entretien accord au Monde. "Il s'agit d'une période difficile pour l'Europe et la BCE, a-t-il reconnu ce lundi lors d'une conférence à Vienne.
(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)

Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne (BCE) a accordé ce lundi un entretien au jounrla Le monde (daté du mardi 1er juin). Il y lance :  "nous avons besoin d'une fédération budgétaire", rompant ainsi le tabou du fédéralisme en Europe, au moins économique.

Il revient en détail sur son analyse de la crise de la zone euro et des déficits publics. Il estime aussi que l'euro reste "une monnaie très crédible". La monnaie européenne est stable ce lundi midi et se négocie un peu en-dessous de 1,23 dollar.

Jean-Claude Trichet s'est aussi exrimé ce lundi lors d'une conférence à Vienne. Il a déclaré que "l''Europe et la Banque centrale européenne (BCE) sont confrontées à une période difficile qui nécessite de la part des Etats des mesures rapides pour améliorer l'état de leurs finances,

"Il s'agit d'une période difficile pour l'Europe et la BCE, a-t-il reconnu. Nous sommes confrontés à des tensions sur les marchés financiers, une situation budgétaire difficile dans certains pays de la zone euro. Il a ajouté que les Etats ne devaient pas considérer les rachats de titres de dettes souveraine sde pays de la zone euro, effectués par la BCE - une concession  à ses dogmes - comme une incitation à ne pas réduire leurs dépenses ni restaurer les finances publiques. "Les mesures de la BCE ne peuvent se substituer aux actions nécessaires pour régler des problèmes fondamentaux".

Cette mesure ne fait d'ailleurs pas l'unanimité au sein de la BCE. L'Allemand Axel Weber , donné comme le prochain successeur de Jean-Claude Trichet, a répété ce lundi n'y être pas favorable : "la politique monétaire a pris de nouveaux chemins pour combattre la crise que je continue à considérer de façon critique étant donné les risques".

Par ailleurs, selon les données de la BCE, les crédits au secteur privé dans la zone euro ont augmenté de 0,1% en avril sur un an, après de long mois de recul (-0,2% en mars). Les crédits aux particuliers, dans l'immobilier surtout, ont progressé mais ceux aux entreprises ont encore baissé, en partie sans doute faute de demande.

Du coup, la masse monétaire M3, indicateur avancé d'inflation, a reculé de 0,1% sur un an. Les économistes s'attendaient toutefois à une baisse plus marquée. Mais cela devrait inciter la BCe à ne pas relever ses taux dans l'immédiat.

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Commentaires 2
à écrit le 31/05/2010 à 12:51
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Il ne peut y avoir d'euro sans état! Donc nous y voilà. au lieu d'avancer par petites touches pour ne froisser personne, ne vaudrait-il pas mieux aller franchement vers une fédération des états européens ayant l'euro comme monnaie? Comme se fédérer p...

à écrit le 31/05/2010 à 10:12
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Et oui l'argent facile et les taux bas ne profitent qu'à la spéculation immobilière et dans les matières premières. En bref, cette action est complètement improductive. La faute en incombe aux banques qui préfèrent ne prendre que peu de risques avec ...

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