L'Islande ouvre des négociations d'adhésion à l'Union européenne

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Les dirigeants des pays de l'Union européenne ont décidé ce jeudi lors d'un sommet à Bruxelles d'ouvrir des négociations d'adhésion avec l'Islande, dont l'économie a été particulièrement malmenée par la crise financière.

Les dirigeants des pays de l'Union européenne ont décidé ce jeudi lors d'un sommet à Bruxelles d'ouvrir des négociations d'adhésion avec l'Islande, selon l'Agence France Presse (AFP). L' Islande avait déposé en juillet 2009 sa demande de candidature, dans l'espoir de stabiliser son économie malmenée par la crise de 2008 et d'adhérer à la zone euro.

De son côté, la Commission européenne avait déjà fait une recommandation en faveur de cette adhésion, fin février. Bruxelles estime le pays suffisamment avancé dans sa préparation à l'adhésion, au niveau politique, économique et législatif.

L'Islande peut ainsi espérer devenir le 29ème Etat de l'UE, après la Croatie qui en principe doit être le prochain pays à rejoindre le bloc en 2011 ou début 2012.

Elle participe au marché commun depuis plus de quinze ans par le biais de l'Espace économique européen. Membre également de l'espace Schengen sans passeport, l'île applique près des trois quarts des lois européennes nécessaires pour une adhésion, ce qui devrait accélérer le processus par rapport à d'autres pays candidats.

Conflit sur la faillite de la banque Icesave

Les discussions préalables à l'ouverture des négociations ont été ralenties par un conflit avec les Pays-Bas et le Royaume-Uni au sujet de l'indemnisation de leurs ressortissants victimes de la faillite de la banque islandaise en ligne Icesave. Londres et La Haye avaient avancé les sommes et souhaitent désormais être remboursées. Mais en mars, 94% d'électeurs Islandais ont rejeté massivement par référendum une loi d'indemnisation. L'autorité de surveillance de l'Association européenne de libre échange (AELE) a depuis lancé une procédure en infraction contre Reykjavik à propos d'Icesave. L'Islande a demandé l'aide du FMI pour rembourser les Britanniques et les Néerlandais.

A Bruxelles jeudi, le Premier ministre néerlandais Jan-Peter Balkenende a promis de ne pas bloquer l'ouverture des négociations avec l'Islande . "Mais avant qu'elle ne devienne membre, il faudra qu'elle réponde à ses obligations à l'égard du Royaume-Uni et des Pays-Bas", a-t-il souligné.

La pêche au coeur des futures négociations

Les pourparlers promettent aussi d'être difficiles sur la question de l'accès des pêcheurs européens aux zones exclusives de pêche islandaises, riches en cabillaud, sur lesquelles l'Islande veille jalousement. Européens et Islandais ont également des positions difficilement conciliables sur la chasse à la baleine : alors que les Islandais font valoir le caractère traditionnel de leur pratique, l'UE rejette la chasse des cétacés.

Les Islandais seront consultés par référendum au terme des négociations, mais le résultat des urnes pourrait surprendre : en effet, selon un sondage réalisé les 8-10 juin, 57,6% des Islandais sont  favorables à... un retrait de leur candidature à l'UE.

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