Référendum islandais sur la banque Icesave : "non" à plus de 93%

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(Crédits : © 2010 Thomson Reuters)
D'après des résultats quasi-définitifs publiés ce dimanche, les islandais ont répondu "non" à 93,3% au referendum portant sur le plan de remboursement à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas des 3,5 milliards d'euros de dettes de la banque islandaise Icesave.

Seul 1,7% des électeurs islandais est favorable au plan de remboursement à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas des 3,5 milliards d'euros de dette de la banque islandaise Icesave contre 93,3% de "contre". Tels sont les résultats quasi-définitifs publiés ce dimanche du referendum islandais de samedi sur la base de 130.575 bulletins dépouillés. Les résultats définitifs sont attendus en fin de matinée, des voix de localités isolées par le mauvais temps n'ayant pu être comptées.

Victime de la crise financière, Icesave a fait faillite fin 2008. Or, ses quelque 400.000 clients du Royaume-Uni et des Pays-Bas, vers lesquels ses opérations étaient tournées, ont perdu au total 3,5 milliards d'euros, que leurs gouvernements leur ont remboursés. Mais Londres et Amsterdam ont font pression pour que que Reykjavik leur reverse ce montant et un accord sur les modalités de remboursement avait été mis au point. Le Parlement avait même approuvé un projet de loi prévoyant que l'Etat islandais se porte garant des dettes d'Icesave et rembourse l'argent. Projet de loi que le chef de l'Etat a refusé de promulguer et  qui a imposé la tenue d'un référendum, le premier dans le pays depuis l'indépendance d'avec le Danemark votée en 1944.

Le référendum a donné aussi l'occasion aux Islandais, qui ont perdu 30% de leurs revenus depuis 2007, d'exprimer leur colère à l'égard des banques et de la classe politique de Reykjavik qu'ils jugent responsables de la situation.

Les discussions vont se poursuivre

En rejetant encore plus fortement que prévu l'impopulaire accord Icesave, les Islandais ont accentué selon les analystes la pression sur leur gouvernement pour trouver un nouvel accord avec Londres et La Haye.

Pour le président islandais Olafur Ragnar Grimsson, "Il y a toutes les raisons de féliciter le peuple islandais. Le référendum s'est très bien passé et le résultat a été clair". "Gordon Brown doit maintenant prendre l'initiative et assurer les prochaines étapes pour garantir une solution que tout le monde doit accepter (...)".

"Cela n'a pas d'impact sur la vie du gouvernement", a déclaré le Premier ministre islandais de centre-gauche, Johanna Sigurdardottir, à la télévision publique.  "Nous devons continuer et terminer le débat sur Icesave. Nous devons arriver à un accord." Ayant refusé de voter, elle a toutefois exclu de démissionner à l'issue du scrutin.

Le ministre des Affaires étrangères, Ossur Skarphethinsson, a déclaré pour sa part à Reuters qu'un nouvel accord sur les conditions de remboursement pourrait être trouvé avec les Pays-Bas et la Grande-Bretagne "dans les prochaines semaines, peut-être plus rapidement". En tout cas, avant les élections législatives prévues en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas en mai et en juin, a déclaré le ministre islandais des Finances, Steingrimur Sigfusson au cours d'une conférence de presse. "Il serait manifestement difficile (d'obtenir un accord) si nous nous approchions trop des élections lorsque les hommes politiques et les ministres seront en campagne". "Si nous n'arrivions pas à régler ça avant, cela prendrait du temps de former des nouveaux gouvernements et cela pourrait signifier de nouveaux retards(...) a-t-il expliqué.

"Le point fondamental pour nous est de revoir notre argent mais ... nous sommes prêts à être flexibles", a ajouté Alistair Darling, le ministre britannique des Finances, soulignant que le remboursement nécessiterait "beaucoup, beaucoup d'années". "Nous ne pouvons tout simplement pas nous rendre dans un petit pays comme l'Islande ... et lui dire: Remboursez-nous immédiatement".

Entrée dans l'UE

"La Commission prend note des résultats du référendum. C'est un sujet sur lequel il revient aux Islandais de se prononcer", a indiqué ce dimanche une porte-parole de la Commission. Interrogée sur d'éventuelles répercussions pour la candidature du pays à une entrée dans l'UE, la porte-parole a estimé que les négociations d'adhésion et le règlement de l'affaire Icesave "sont deux processus séparés". "La Commission a déjà donné son feu vert (à l'ouverture des négociations d'adhésion à l'UE), maintenant c'est entre les mains des Etats membres", a-t-elle ajouté.

 

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Commentaires
a écrit le 09/03/2010 à 15:20 :
Les islandais ont raison, quand tu va bien, ce sont les actionnaires qui touchent, et quand cela va mal ce sont les contribuables qui doivent payer, quelle moralité. Que les dirigeants et actionnaires de Icesave payent cela serait normal.
a écrit le 08/03/2010 à 7:36 :
Si la BANQUE Nationale d'Islande et l'état islandais ont mis en place avant la crise un fonds de garantie des dépots, ils doivent rembourser en fonction de la garantie donnée; tout le reste n'est que littérature...
En ce qui concerne l'adhésion de ce pays à l'U.E. : toute adhésion devrait faire l'objet d'un vote des parlements de l'union, un référendum étant trop lourd.
a écrit le 07/03/2010 à 20:11 :
Les islandais refusent de payer les pots cassés de la faillite de la banque en ligne.
a écrit le 07/03/2010 à 19:44 :
"Maintenant c'est dans les mains des états membres" lit-on!... Mais qui dit que les Islandais ont un désir impératif de rentrer dans la zone euro??? Des banquiers peu scrupuleux, ayant empochés 350000 euro par mois sont en fuite. Les Pays-bas et le Royaume unis avec Icesave prennent en otage la population Islandaise alors que ces gouvernements sont également responsables dans cette banqueroute. Les Islandais n'ont pas refusé de payer mais les exigences en terme de créances sont inadaptées et les intérets trop élevés. Non ce n'est pas pire que la Gréce. Le capitalisme mondial tente de contourner toutes les lois de la moralité pour continué de s'enrichir avec outrecuidance. Les Islandais pleurnichent??? Non. Ils ont la peau dur. C'est un peuple courageux et travailleur. Il en ont déjá vu d'autres. Et ce n'est pas le peuple mais le monde qui est pitoyable. Un Francais en Islande...
a écrit le 07/03/2010 à 15:38 :
Je pense plutôt qu'il vous faut changer vos lunettes, l'article mentionne 1,7% d'électeurs favorables au oui et non 17 % !!!!
a écrit le 07/03/2010 à 15:30 :
Au delà de toute question d'arithmétique sondagiaire, il s'agit plus ici de questions de Principes généraux de fonctionnement et d'organisation que d'autre chose. Voici un petit pays surendetté qui n'avait rien à faire de l'Europe ni de son Union, qui se fait berner par ses propres banques privées et publiques qui se désengagent à leur tour de toute responsabilité et qui en fin de compte veulent que ce soit les clients seuls à payer la note! Que Bjork me pardonne, mais c'est pire que la Grèce. Qui serait d'accord avec un tel scénario? Qui vaudrait de si mauvais élèves pour notre union? Adam des Halles
a écrit le 07/03/2010 à 13:57 :
Les islandais savent-ils compter ? 93% de non et 17 % de oui, c'est beaucoup pour cette petite ile en faillite! Particularité insulaire classique : les morts doivent là aussi voter. surtout les clients congelés d'ICESAVE... S'ils ne savaient pas bien compter (on les envoie très jeunes pêcher la morue), on comprend pourquoi leur système bancaire a sauté. A moins que le journaliste, au contact étroit avec les Islandais, ne sache pas lui-même très bien dépouiller une depeche congelante.
a écrit le 07/03/2010 à 13:51 :
3,5 milliards d'euros rapportés aux 320'000 habitants de l'Islande, c'est l'équivalent de 750 milliards pour la France. Voilà pour situer l'effort demandé aux Islandais. Alors, bien joué le peuple islandais ! En rejetant massivement le plan de remboursement, les Islandais renvoient les hommes politiques et les banquiers, chez eux mais aussi en Angleterre et aux Pays-Bas, à leurs errements et les contraignent à renégocier un accord plus conforme aux responsabilités de chacun. En 2008, après la faillite de Lehman Brothers, Alistair Darling avait gelé les avoirs de Landsbanki, la banque mère de Icesave en s'appuyant abusivement sur une loi anti-terroriste.
a écrit le 07/03/2010 à 12:23 :
Demander au peuple ce qu'il en pense était le meilleur moyen pour l'État Islandais de ne pas mettre en place de plan de remboursement.
C'est toujours la même histoire, quand tout va bien on snobe l'UE mais quand tout s'écroule, là on tape à la porte de l'Union et du FMI. Trop facile.
Les islandais pleurnichent, ils ne pourront pas continuer de rouler en Hummer en spéculant sur les marchés, trop pas de chance, ils ont joué, ils ont perdu.
J'espère bien que l'Islande paiera. Comme disait Gordon Brown, le non-remboursement ressemblerait étrangement à une déclaration de guerre.
a écrit le 07/03/2010 à 12:08 :
93.3+17=100 voilà une leçon d'arithmétique inconnue à ce jour!
a écrit le 07/03/2010 à 11:12 :
17% POUR + 93,3% CONTRE n'ont jamais fait 100% étonnant de la part de journal financier qui ne saurait pas compter
a écrit le 07/03/2010 à 11:03 :
Il faut détruire ce système d'escroc , voir l'argent dette 1 et 2 de Paul Grignon , les banques ne sont que des faussaires légalisés par la politique corrompue !!
Nous devons nationaliser toutes les banques , c'est la seule solution !!
a écrit le 07/03/2010 à 10:52 :
Il faut rappeler que les profits étaient interdits dans nos anciennes civilisations : sans doute pour éviter la faillite des état à cause d'actions privées.
a écrit le 07/03/2010 à 10:31 :
3 réflexions

1 ) comme écrit dans un autre commentaire, ce n'est pas au peuple de payer les magouilles des banquiers et spéculateurs. Une fois de plus, des petits porteurs ont été floués par la promesse de gros gains.

2 ) le vote du peuple islandais à 93 % de NON sera t' il respecté ou leur volonté sera t' elle bafouée comme pour les français, les irlandais, les hollandais pour le référendum de 2005 sur la constitution européenne.

3 ) Tenez bon les islandais et ne vous laissez pas intimider par un retard de votre entrée dans l'union européenne. Fuyez cette europe anti démocratique et complètement dévouée au néo libéralisme dont vous vivez actuellement un des travers (et la Grèce aussi).
a écrit le 07/03/2010 à 10:13 :
Désolés pour les anglais et les hollandais mais les citoyens islandais ne peuvent être rendus responsables des errements de sociétés privées, fussent elles islandaises.
Bon sang mais que les responsables assument enfin leurs responsabilités en vertu desquelles ils justifient leurs salaires et primes. Remarquez que toutefois la situation des us n'est pas si éloignée et qu'in fine ce sont bien les contribuables qui risquent de passer à la casserole alors que ces chers Golman, morgan et consort en auront plus que largement profité. Que faire d'autre si ce n'est 1/continuer à implorer le retour de la croissance miraculeuse 2/ opérer une "vraie révolution"
a écrit le 07/03/2010 à 10:12 :
Effectivement, cette dette n'est pas celle des islandais. Pas plus que celle des citoyens néerlandais ou anglais (dont on comprend qu'ils cherchent à se faire rembourser les fonds avancés). C'est une affaire strictement privée, entre les gérants et les clients d'Icesave. Les deux protagonistes du problème, que l'on ne voit citées strictement nulle part, ni dans cet article, ni dans aucun autre.
a écrit le 07/03/2010 à 10:07 :
Les pertes des banques privées n'ont pas a être remboursées avec l'argent public. Que je sache leurs bénéfices et leurs profits ne passent pas dans les caisses de l'Etat.
Si tous les peuples avaient la possibilité de s'exprimer contre la dictature des marchés financiers et des banques, ils voteraient comme les islandais.
a écrit le 07/03/2010 à 9:53 :
Mais après qui les Islandais peuvent-ils se permettre d'être en colère ? Qui a applaudi des deux mains au miroir aux alouettes du libéralisme et de son corollaire : la démission des États - c'est-à-dire, au final, des citoyens - des décisions économiques qui les concernent ?

Souvenez-vous, il y a quelques années, alors qu'ils préparaient activement la crise à venir, les libéraux fanfaronnaient et prétendaient faire de leur imposture une "science appliquée" :

http://www.libres.org/francais/conjoncture/archives/conjoncture_0206/economie_irlande_c0707.htm

Le "miracle" Islandais était bien sûr un mirage, et les Islandais paient sans doute un prix exorbitant pour leur propre bêtise ; sans doute peut-on les pardonner et chercher à se rembourser auprès des vrais responsables, à la condition de réformes solides et d'un retour d'un État véritable (pas du coquille vide qui aurait en prime le culot de leur demander ce qu'il faut faire par référendum chaque fois qu'il se trouve en difficulté). Mais s'ils tiennent à tous prix à rester libéraux au sens strict, il faut qu'ils en acceptent absurdes les principes jusqu'au bout. Ils ont joué, ils ont perdu, ils sont ruinés.
a écrit le 07/03/2010 à 9:48 :
Si on mutualise les risques, il faut mutualiser les profits.

Sinon, c'est comme au casino, quand on perds et bien personne ne rembourse. Ce n'est pas aux citoyens d'un pays de payer les risques pris par une banquet et encore plus par ceux qui y ont déposé des fonds.
a écrit le 07/03/2010 à 9:47 :
Quant on joue a un jeu d'argent, on doit admettre la possibilité d'y laisser des plumes.N'est ce pas messieurs les banquiers?
a écrit le 07/03/2010 à 9:39 :
Les Islandais doivent payer car les accords passés et signés doivent être respectés : c'est avant de signer de tels accords que le gouvernement islandais (démocratiquement élu...) devait y réfléchir... Il faut assumer ses erreurs et ses responsabilités lorsque l'on vote pour ses représentant puis lorsque l'on signe des accords par l'intermédiaire des ses représentants...
Enfin, je n'ai pas l'impression que le peuple islandais soit illettré au point de voter et de signer des accords à tort et à travers... Dura Lex sed Lex...
a écrit le 07/03/2010 à 9:36 :
anniques et les Bataves ont voulu speculer et ils ont perdu. Tant pis pour les speculateurs.
a écrit le 07/03/2010 à 9:30 :
Lorsqu'une entreprise fait faillite, ses actionnaires, ses créanciers, en général perdent de l'argent. Quelque soit leur nationalité.
Les banques échappent à cette règle capitaliste? On veut garantir les dépôts des particuliers faits dans une banque de détail alors même que la dite banque mélange dépôts, gestion, spéculation...
a écrit le 07/03/2010 à 9:16 :
Grave ce non à l'effort d'une gestion saine ! A suivre... A suivre aussi bientôt en France qui sera bientôt concernée de la même façon. Le laisser aller budgétaire a toujours une fin et plus on attend, plus la barre sera difficile à redresser.
a écrit le 07/03/2010 à 9:06 :
De toute façon c'était un référendum idiot. Si vous posiez aux Français la question "Etes-vous d'accord pour payer vos dettes" que croyez-vous qu'ils répondraient ? Excellent exemple des limites du référendum et de la démocratie.
a écrit le 07/03/2010 à 9:05 :
Merci en effet de revoir vos cours de calcul mental (niveau CM1 tout au plus) ainsi que les fautes d'orthographe qui retirent tout crédit à votre article.
Pour des journalistes (réputés détenir la source de l'info) votre niveau étonne !
a écrit le 07/03/2010 à 9:04 :
Ai -je le droit de ne pas rembourser la dette de l'état si je suis majoritaire dans un référendum?
a écrit le 07/03/2010 à 8:57 :
Islandais de payer les pots cassés Que la classe politique & les financiers responsablesremboursent les petits porteurs ! D'autant plus qu'ils ont sans doute reçu en plus de gras pourcentages sur les transactions effectuées avant la banqueroute du système. Le gouvernement actuel devraitfaire un audit sur la dette réelle puis aller voir du coté des paradis fiscaux ou ces vautours ont sans aucun doute planqué leur butin.


a écrit le 07/03/2010 à 8:48 :


93.3% qui disent non= 17% qui disent oui!! Ben voyons.

C'est si compliqué que ça une addition à 2 nombres?.
a écrit le 07/03/2010 à 8:47 :
93+17=110 erreur
a écrit le 07/03/2010 à 8:46 :
Bravo pour les islandais qui sont 110% à voter. Ce genre de bourdes jounalistiques de plus en plus fréquente décrédibilise la presse écrire.

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