Le Royaume-Uni se prépare à son tour à la rigueur

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Le nouveau gouvernement britannique doit présenter mardi un budget d'urgence, estimé comme le plus austère depuis 30 ans. Londres envisage notamment une taxe sur les banques.

A l'image de ses voisins européens, le Royaume-Uni se prépare à des mois de rigueur budgétaire. Le nouveau gouvernement britannique doit présenter ce mardi 22 juin un budget qui s'annonce comme le plus austère depuis au moins 30 ans.

Les marchés, ébranlés par la crise grecque et ses prolongements, attendent de Londres une action rapide et déterminée pour réduire un déficit qui atteint 11% du produit intérieur brut (PIB), un niveau sans précédent.

Les agences de notation ont prévenu que la note "triple A" de la Grande-Bretagne, la plus élevée de leurs échelles, pourrait être remise en cause s'il s'avérait que le budget Osborne n'était pas à la hauteur de la situation.

"Vous pouvez considérer la Grèce comme un exemple de pays qui n'a pas fait face à ses problèmes et c'est le sort que je souhaite éviter", a déclaré dimanche le ministre des Finances, George Osborne, dans une interview accordée à la BBC, précisant que les mesures d'austérité seraient échelonnées sur cinq ans.

Les conservateurs et les libéraux démocrates, qui forment la coalition au pouvoir depuis le mois dernier, s'entendent sur la nécessité de réduire le déficit mais divergent sur les moyens.

Le ministre des Finances s'est engagé à réduire l'essentiel du déficit structurel dans les cinq ans à venir et s'est fixé pour objectif d'économiser six milliards de livres (7,2 milliards d'euros) dès l'exercice budgétaire en cours.

Dimanche, il a confirmé que le taux d'imposition des plus-values financières et immobilières, aujourd'hui de 18%, serait augmenté - sans toutefois préciser de combien - ce qui risque de faire grincer les dents de bien des parlementaires conservateurs et de la presse de droite.

Vers une taxe sur les banques

Il a également laissé entendre que la Grande-Bretagne pourrait imposer de manière unilatérale une taxe bancaire pour récupérer une partie des coûts générés par la crise du crédit.

"Le gouvernement précédent ne voulait pas d'une taxe bancaire car il voulait que chaque pays dans le monde en créé une avant de donner son accord pour qu'il y en ait une en Grande-Bretagne. Je ne pense pas que cela soit juste et je vais demander aux banques de verser une taxe bancaire", a-t-il dit à la BBC.

De sources proches du Trésor, on explique que le budget aura deux objectifs: la sincérité sur l'ampleur des difficultés et le volontarisme pour relancer l'esprit d'entreprise et la croissance dans le secteur privé.

Le défi est de taille: si les projets budgétaires du précédent gouvernement, travailliste, s'annonçaient, en terme de réduction des dépenses, plus austères que ceux de l'ère Thatcher au début des années 1980, la coalition emmenée par David Cameron s'est engagée à aller plus vite encore.

"La présentation du budget de la semaine prochaine va sans doute mettre en branle 100 milliards de livres de mesures d'austérité budgétaire; la croissance va en souffrir inévitablement", dit James Knightley, économiste d'ING.

George Osborne a déjà fait savoir que le resserrement du budget se ferait par une réduction des dépenses, à hauteur de 80%, et par une hausse des impôts pour les 20% restants. Il annoncera la semaine prochaine le montant global des dépenses inscrites au budget, dont la répartition par ministères ne devrait pas être connue avant la fin octobre toutefois.

Une hausse de la TVA en vue

Dans la mesure où certains postes comme la santé seront épargnés, d'autres risquent des coupes claires pouvant atteindre 20%, au risque de voir les syndicats de la fonction publique lancer une contre-offensive.

George Osborne a annoncé sur la BBC qu'il avait mis en place une commission sur les retraites de la fonction publique qui sera présidée par un ancien ministre du Labour. Elle présentera un rapport d'étape en septembre puis un rapport définitif au moment de la préparation du prochain budget.

Pour ce qui est des recettes, le gouvernement s'est, à plusieurs reprises, refusé à exclure une hausse de la TVA et beaucoup d'analystes s'attendent à ce qu'elle soit relevée de deux points et demi, à 20%, ce qui rapporterait 11 milliards de livres à l'Etat et constituerait l'une des plus importantes dispositions du nouveau budget.

Londres s'est contenté de dire qu'il voulait porter cette taxe à un niveau "similaire ou proche" de l'impôt sur le revenu, qui est de 20%, 40% ou 50% selon les tranches. Certains observateurs disent qu'il vaudrait mieux abaisser le seuil d'imposition de cette taxe plutôt que l'augmenter.

Parmi les questions en suspens figure celle d'une éventuelle réduction du taux de base de l'impôt des sociétés (IS), actuellement à 28%, George Osborne ayant affirmé souhaiter à terme que le Royaume-Uni ait le taux d'IS le plus bas du G20.

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