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ÉconomieInternational

Merkel ne peut plus compter sur un plan B avec les verts

Romaric Godin, à Francfort

Publié le 29 novembre 2010 à 15:08 - Mis à jour le 29 novembre 2010 à 15:26

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L'implosion de la coalition CDU-Verts à Hambourg ce week-end est le symptôme d'un virage à droite de la chancelière qui met fin au rapprochement entre les deux partis entamé voici quelques années.

La chancelière Angela Merkel va devoir faire face à un test électoral supplémentaire l'an prochain. La coalition entre son parti, la CDU, et les Verts locaux - le GAL - a implosé ce week-end, ouvrant la voie à de nouvelles élections à Hambourg, métropole d'un million d'habitants, qui comme Berlin ou Brême, constitue à elle seule un Land. Les membres écologistes de l'exécutif de la ville hanséatique ont en effet annoncé leur retrait du gouvernement. Le maire CDU Christoph Allhaus est donc désormais en minorité face aux trois partis de gauche SPD, Verts et Die Linke. Un projet de dissolution de l'actuelle chambre législative régionale a été déposée pour le 15 décembre. Cette péripétie peut sembler anecdotique. Elle ne l'est pourtant pas.

Cette alliance CDU-Verts de Hambourg, née en mai 2008 sous l'impulsion de l'ancien maire Ole van Beust, était en effet la première coalition du genre au niveau d'un Land allemand. Elle avait pu apparaître à certains observateurs comme le précurseur d'un rapprochement plus général entre une CDU recentrée par Angela Merkel et des Verts de plus en plus modérés et cherchant à prendre des responsabilités politiques.

En août 2009, le ministre président de la Sarre, Peter Müller, avait suivi le mouvement, en mettant en place une coalition entre la CDU, les Libéraux et les Verts. La coalition "noire-verte" ou "noire-jaune-verte" (aussi appelée "Jamaïque" en référence au drapeau de l'île caraïbe) pouvait alors apparaître comme une alternative au niveau fédéral pour l'élection de 2013.

Depuis, pourtant, la donne à changer. Les Verts se sont envolés dans les sondages et font jeu égal dans les sondages avec les Sociaux-démocrates. Dans certains Länder clés de la CDU, comme le Bade-Wurtemberg, ils peuvent même apparaître comme une menace sérieuse pour la CDU. Par ailleurs, les dissensions entre les Chrétiens-démocrates et les Verts se sont multipliées : sur les grands projets, comme celui de la nouvelle gare de Stuttgart, où les Verts ont soutenu les manifestations parfois violentes des opposants, sur la réduction des subventions aux énergies "vertes", sur le transport de déchets nucléaires Castor et surtout sur le prolongement de la durée de vie des centrales nucléaires décidées par le gouvernement fédéral.

Sur tous ses sujets, les positions des deux partis se sont révélées irréconciliables. Enfin, Angela Merkel a dû remobiliser son parti autour d'elle. Fragilisée par les critiques du camp conservateur, elle a durci son discours pour refaire l'unité autour d'elle. Et les verts sont devenus les moutons noirs idéaux pour cela. Lors du congrès de la CDU à Karlsruhe le 15 novembre dernier, elle a donc visé prioritairement le parti écologistes, rejetant toute alliance fédérale avec lui et fustigeant le "parti contre tout". Une semaine plus tard, elle répétait l'exercice à la tribune du Bundestag.

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L'implosion de la coalition à Hambourg semble donc symptomatique de ce regain de tensions entre Verts et conservateurs au niveau fédéral. Certes, le GAL n'a pas exclu de revenir à une alliance avec la CDU après les élections régionales, mais la bonne entente générale qui semblait régner entre les deux partis voici encore quelques mois n'est plus que souvenir. Le président du groupe Verts au Bundestag, Jürgen Trittin, a d'ailleurs affirmé que la décision du GAL de sortir de la coalition hambourgeoise avait été "renforcée" par l'ambiance politique au niveau fédéral et que la chancelière avait "fermé la porte" aux Verts.

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Mais si Angela Merkel a renforcé sa position au sein de son parti et de sa coalition, elle doit faire face à une autre difficulté : avec l'émergence des Verts dans la cour des grands et l'effondrement actuel des Libéraux, les possibilités de coalition de la CDU sont réduites à peau de chagrin. Mais elle a encore jusqu'en 2013 pour y songer.

Romaric Godin, à Francfort

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