Barack Obama cède sur les avantages fiscaux des plus riches

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Le président américain a accepté un compromis avec les républicains visant à étendre toutes les déductions fiscales accordées sous la présidence Bush.

La "lame duck session" pourrait finalement déboucher sur un compromis fiscal entre démocrates et républicains. Un compromis qui aura cependant été long à dessiner, si bien que de nombreux observateurs commençaient à douter que des mesures puissent être adoptées au cours de ces semaines séparant les élections de mi-mandat du 2 novembre et la prise de fonction, début janvier, du nouveau Congrès. Mais la remontée inattendue du taux de chômage, à 9,8% de la population active, a placé les deux camps devant leur responsabilité: les temps ne sont plus aux tergiversations et aux tractations politiques mais à l'action.

La principale mesure de ce paquet fiscal concerne l'extension pour deux ans des tous les avantages fiscaux accordés sous la présidence de George Bush, qui arrivaient à leur terme en fin d'année. Les républicains ont tout fait pour que les ménages les plus aisés, gagnant plus de 250.000 dollars par an, conservent ces déductions, insistant notamment sur l'impact négatif qu'aurait eu une décision inverse sur la croissance. Dans un premier temps opposé à poursuivre cette politique, dans un contexte de déficit budgétaire galopant, Barack Obama a dû céder du terrain. Le président américain souhaitait au contraire concentrer l'effort fiscal sur les classes moyennes.

En contre partie, les démocrates ont obtenu la prolongation pour 13 mois des mesures d'urgence allongeant la durée des indemnisations chômage de 26 à 99 semaines, alors que plus de 40% des 15,1 millions de chômeurs - estimation officielle qui ne prend pas en compte les salariés subissant un temps partiel forcé et les sans-emplois découragés qui ont cessé leurs recherches-  sont sans emploi depuis plus de 6 mois (26 semaines). Une première loi avait été rejetée fin novembre par la Chambre des représentants, l'opposition républicaine se prononçant majoritaire contre. Officiellement, en raison du coût de la mesure, estimé à 12,5 milliards de dollars. Le 1er décembre, 800.000 chômeurs se sont ainsi retrouvés sans aucune allocation. Et ils auraient pu être 2 millions avant la fin de l'année.

Le coût de ces mesures s'élevera au minimum à 450 milliards de dollars l'an prochain, dans un contexte pourtant de lutte contre le dérapage incontrôlé du déficit budgétaire. "Sur le court terme, la priorité va être de soutenir l'économie, la question de la dette ne viendra que plus tard", explique Michelle Meyer, économiste chez Bank of America Merrill Lynch. D'ailleurs, la Commission bipartisane sur les déficits, dont les propositions avaient suscité la polémique, n'est pas parvenue à se mettre d'accord la semaine dernière. Son projet ne sera ainsi pas présenté au Congrès, repoussant de fait l'étude de la question par les parlementaires américains. La dette américaine s'élève à près de 14.000 milliards de dollars et pourrait encore se creuser de 8.000 milliards au cours des dix prochaines années.

"Nous ne pouvons pas faire de la politique politicienne au moment où les Américains attendent de nous que nous résolvions les problèmes", a expliqué Barack Obama à la presse, à l'issue d'une réunion avec les dirigeants du Parti démocrate. "J'ai bon espoir qu'au bout du compte, le Congrès agira dans le bon sens", a-t-il continué. Plusieurs responsables démocrates ont pourtant déjà fait part de leur réserve sur l'ensemble des mesures proposé dans ce plan. Mais leur marge de manœuvre semble bien étroite.

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Commentaires
a écrit le 08/12/2010 à 9:09 :
le père du "yes we can" après sa déconvenue des élections à mi-mandat touche du doigt ce qu'est la politique politicienne, faite de marchandages, de tractations pour faire passer ses réformes à minima. Dure réalité , brutal aterrissage pour celui qui croyait pouvoir réformer en profondeur son pays. les criantes injustices, les inégalités effarantes ne sont pas prêtes d'être gommées.
a écrit le 07/12/2010 à 13:26 :
"Yes we can" disait-il. Force est de constater qu'il recule sur tout, qu'il ne prend aucune initiative courageuse, qu'il ne fait que protéger les intérêts des plus riches, des banquiers, financiers, lobbys divers. Un échec total, une grande désillusion. Et sans doute une occasion ratée pour les USA, qui laissent passer une des dernières chances de se secouer, de s'adapter au monde actuel pour éviter de se faire dépasser par la Chine.
a écrit le 07/12/2010 à 11:17 :
L'Obamania de la majorité des Français devrait en prendre un coup. Les connaisseurs de la situation américaines ont toujours été étonnés de voir combien l'antisarkozysme primaire de toute une partie de la population française l'a rendu aveugle concernant Obama. Non seulement ses possibilités analysées avec réalisme, mais aussi ses liens avec le monde de la finance auraient dû rendre plus prudents les Français qui voient en lui une sorte de socialiste américain.
Réponse de le 07/12/2010 à 14:16 :
@ Lecitoyen: il ne faut pas tout confondre. Pourquoi Sarko serait-il plus pro-américain que les Américaisn, laors que, si je ne m'abuse, il est président de la France et devrait donc défendre les intérêts français et européens avant ceux des US. Obama a vécu et démontré par ce dernier acte qu'il faisait, comme les autres, de la politique politicienne. Je ne crois pas personnellement qu'il sera réélu.
Réponse de le 07/12/2010 à 14:49 :
L'anti sarkozysme des français a effectivement rendu aveugle ,générant une Obamania. Celui ci ayant toujours été un protectioniste
Réponse de le 07/12/2010 à 19:43 :
@ sauros: cela ressemble à du McCarthysme !!! Pourquoi les Français seraient-ils d'accord avec une politique pro-américaine ??? Doit-on rappeler que De Gaulle avait gagné notre indépendance ???

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