La Cedeao lance un ultimatum à Laurent Gbagbo

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La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest a annoncé jeudi l'envoi en Côte d'Ivoire d'un émissaire pour faire savoir au président sortant, Laurent Gbagbo, qu'il doit céder le pouvoir, faute de quoi il s'expose au recours à une "force légitime".

Nouvel ultimatum pour Laurent Gbagbo, cette fois de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao). Les chefs d'Etat de la Communauté économique de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) ont menacé vendredi de recourir à la force pour contraindre le président ivoirien sortant de quitter le pouvoir au profit de son rival Alassane Ouattara.

Réunis à Abuja au Nigéria pour discuter de la situation ivoirienne, les dirigeants de la Cedeao ont annoncé l'envoi d'un émissaire pour informer Gbagbo qu'il devra faire face à "une force légitime" s'il refuse de démissionner. Un proche conseiller du président sortant a indiqué à l'agence Reuters vendredi que ce dernier tenait une réunion avec son gouvernement pour discuter de la position adoptée par les Etats de la Cedeao.
"A quoi aboutira une intervention militaire ? Qui vont-ils attaquer ? Est-ce qu'ils prévoient d'assassiner le président Gbagbo ?" s'est indigné Alcide Djédjé, ministre des Affaires étrangères du gouvernement Gbagbo.
Les puissances mondiales et les Etats africains ont accentué leurs pressions politiques et financières sur Laurent Gbagbo estimant que le résultat du second tour ne laisse place à aucun doute, Ouattara l'ayant emporté avec huit points d'écart.

"Dans l'hypothèse où M. Gbagbo ne se rendrait pas à la demande de la Cedeao (de démissionner), la communauté n'aura pas d'autre choix que de recourir à d'autres mesures, y compris la force légitime", affirme un communiqué de l'organisation.

Gbagbo ne veut rien entendre

Les 15 Etats du bloc économique régional précisent qu'ils vont organiser une réunion des chefs d'état-major des pays membres en vue d'une action en cas de refus de Gbagbo.
Etats-Unis et l'Union européenne ont imposé des restrictions sur les déplacements de Laurent Gbagbo et de ses proches tandis que la Banque mondiale et la Banque centrale de l'Afrique de l'Ouest ont bloqué les fonds destinés à la Côte d'Ivoire.

"Les Etats-Unis soutiennent fermement le rôle joué actuellement par la Cedeao pour s'assurer que les résultats de l'élection en Côte d'Ivoire sont respectés et que l'ancien président Gbagbo démissionne", a déclaré Ben Rhodes, conseiller adjoint de la Maison blanche à la sécurité nationale, qui accompagne Barack Obama à Hawaï.

Malgré la multiplication des pressions, Laurent Gbagbo ne montre aucune intention de se soumettre et soutient qu'il a remporté le second tour de la présidentielle comme l'a affirmé la Cour constitutionnelle dirigée par l'un de ses proches.

L'impasse politique a pris un tour violent la semaine passée lors de fusillades entre les troupes gouvernementales loyales à Gbagbo et des partisans qui soutiennent Ouattara. Le Conseil de l'Onu pour les droits de l'homme a publié une déclaration, à l'initiative des Etats membres africains, pour condamner les violations commise dans le pays et pour appeler à la réconciliation afin d'éviter une nouvelle guerre civile.

Un pays au bord de la guerre civile

Les restrictions imposées par les institutions financières internationales pèsent également sur le gouvernement de Laurent Gbagbo qui pourrait se trouver à court de liquidités pour payer les soldes de l'armée. Les ministres de la Banque centrale de l'Union économique et monétaire de l'Ouest africain ont décidé jeudi de ne plus reconnaître l'autorité du président sortant. L'accès aux fonds que détient l'institution est désormais réservé au "gouvernement légitime" de Ouattara.

Ahoua Don Dello, porte-parole du gouvernement Gbagbo, a déclaré vendredi sur la télévision d'Etat, que la décision de reconnaître l'autorité de Gbagbo est illégale et qu'elle aura de graves conséquences sur l'union monétaire. Mercredi, la Banque mondiale avait gelé quelque 800 millions de dollars destinés au financement de la Côte d'Ivoire, laissant augurer des difficultés pour les autorités d'acquitter les salaires des fonctionnaires et des soldats. Pour l'instant, l'armée demeure fidèle au président sortant. Charles Blé Goudé, chef de file des Jeunes patriotes, organisation favorable à Gbagbo, a prévenu que l'envoi d'une force militaire d'intervention risquait de replonger le pays dans un conflit civil semblable à celui de 2002-2003.

"Lorsqu'un pays se trouve en difficulté, une organisation comme la Cedeao ne se lance pas dans une guerre contre ce pays, mais elle l'aide à trouver une solution", a dit Blé Goudé.
"Je ne comprends pas quel serait l'objectif d'une telle force d'intervention. Tuer des Ivoiriens ?" s'est-il interrogé dans un entretien accordé à RFI.

A New York, les 192 membres de l'Assemblée générale des Nations unies ont reconnu à l'unanimité Ouattara comme le président de la Côte d'Ivoire en acceptant la liste de diplomates que celui-ci a présentée auprès de l'organisation comme celle des seuls représentants officiels du pays. Face à la dégradation de la situation, la France ancienne puissance coloniale a appelé cette semaine ses 13.000 ressortissants présents sur place à quitter le pays.
 

 

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a écrit le 02/01/2011 à 5:12 :
Partez Mr Ghagbo, vous seul serez responsable d'un éventuel bain de sang ! Vous ne représentez plus ce que les ivoiriens désirent. Tenir tête au monde entier ne sert à rien à part enflammer les hordes de personnes mécontentes qui risquent d'y laisser leur (s) vie (s). Puis Roland Dumas, et Verges, du pipeau pour vous faire gagner du temps. Admettez votre défaite, vous n'avez rien apporté de positif au peuple, partez dignement au lieu de vous comporter comme un gamin de maternelle 1ère section.
a écrit le 25/12/2010 à 22:50 :
je suis français et chretien et j'ai honte de cette politique qui consiste à s'ingerer dans les affaires intérieures d'un pays et d'avantager les musulmans.on n'en voit le resultat en iraq....
Réponse de le 26/12/2010 à 11:33 :
D'une part là c'est pas un pays européen mais des États frontaliers qui décide cela et à mon avis ils ont raisons. Le seul moyen pour qu'un pays soit considéré comme démocratique est que ces élections soient ouvertes aux observateurs étrangers (en effet, qu'elle serait l'intérêt d'influencer les élections de l'extérieur ? aucun) or en l'occurrence l'opposant de Gbagbo était avait une marge suffisamment important pour gagner et les observateurs ne déclare pas de problèmes particuliers (du moins pas de problèmes suffisamment important pour compenser un tel décalage). Le Conseil constitutionnel est de plus dirigé par un proche de Gbagbo. Je ne sais pas comment chacun des membres de la communauté internationale pourrait dormir en laissant à la merci d'un président autoproclamé la majorité des électeurs de Ouattara.

L'ingérence devrait être ("est" à mes yeux) justifié dès lors qu'il en va du bien être de la population.
Réponse de le 26/12/2010 à 14:18 :
Tiens... Je n'avais pas compris que les élections en Cote d'Ivoire visaient a élire l'évêque du pays... A mon avis, vous mériteriez de faire partie du cabinet d'un certain ministre français chrétiens, en effet...

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