5.000 immigrants tunisiens sur les côtes de Lampedusa

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Quelque 5.000 clandestins sont arrivés à Lampedusa en cinq jours, pour la plupart des Tunisiens expliquant avoir fui un "pays à la dérive". L'Italie ne sait pas comment faire face et appelle l'Union européenne à la rescousse.

Un millier de réfugiés supplémentaires fuyant les tensions en Tunisie ont encore débarqué ce week-end sur l'île italienne de Lampedusa où le gouvernement a décrété l'état d'urgence humanitaire. Les jours précédents, plusieurs milliers de réfugiés venant de Tunisie étaient déjà arrivés à Lampedusa, incitant les autorités locales à lancer un appel à l'aide pour faire face à cet afflux. Cela porte à environ 5.000 le nombre d'immigrés clandestins arrivés sur l'île.

La situation inquiète le gouvernement de Silvio Berlusconi qui, à l'issue d'une réunion, samedi, a décrété l'état d'urgence humanitaire conférant aux autorités des pouvoirs spéciaux permettant de passer outre aux dispositions administratives habituelles, notamment en bloquant au large les bateaux s'approchant des côtes.

Dimanche, le ministre des Affaires étrangères, Franco Frattini, a réitéré des appels à l'aide à l'Union européenne après le naufrage, samedi au large des côtes tunisiennes, d'une embarcation dont au moins un occupant a péri. "Nous devons mobiliser les pays du pourtour méditerranéen disposant de bateaux, d'avions, d'hélicoptères", a déclaré le ministre dans une interview au Corriere Della Sera.

Des "infiltrations de terroristes" redoutées

Les autorités ont conduit des migrants sur un terrain de football de Lampedusa tandis que des centaines d'autres dormaient à la belle étoile sur le port, enveloppés dans des couvertures de survie. Des hôtels locaux et des églises ont aussi accueilli des immigrants.

L'Italie a demandé une réunion d'urgence de l'Union européenne afin de mettre au point une réaction efficace. Elle souhaite que des vedettes patrouillent près des côtes tunisiennes afin d'intercepter les migrants.

Le ministre de l'Intérieur, Roberto Maroni, a imputé le nouvel exode à l'incapacité des autorités tunisiennes à appliquer l'accord bilatéral sur le contrôle de l'immigration clandestine après les troubles qui ont précédé le renversement du président Ben Ali, le mois dernier.

Les autorités redoutent aussi que la crise en Egypte, où des manifestations ont abouti vendredi à la démission du président Hosni Moubarak, provoque un autre afflux d'immigrants.

Roberto Maroni, membre de la Ligue du Nord, hostile à l'immigration, a dit redouter des "infiltrations de terroristes" parmi les migrants et l'arrivée en Europe de délinquants se faisant passer pour des demandeurs d'asile politique.

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