Le parti d'Angela Merkel laminé par le SPD à Hambourg

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A Hambourg, la CDU (chrétiens-démocrates) a accusé un recul sans précédent aux élections régionales ce dimanche. Le SPD (sociaux-démocrates) récupère ainsi la deuxième ville d'Allemagne.

Les électeurs de la cité-Etat de Hambourg ont décidé de renouer avec le SPD.  Les élections régionales de ce dimanche, premier d'une longue liste en Allemagne, offre une victoire incontestable aux sociaux-démocrates. La CDU de la chancelière allemande Angela Merkel est la grande perdante de ce scrutin..

 

Le SPD, avec un score de 48,3% des voix, contre 34,1% aux précédentes régionales à Hambourg en 2008, s'assure 62 sièges au Landtag de la deuxième ville d'Allemagne, sur un total de 121. Il signe là son meilleur résultat à Hambourg depuis 17 ans, un an et demi seulement après sa déroute aux législatives fédérales de 2009. Les sociaux-démocrates, emmenés dans la ville hanséatique par l'ancien ministre du Travail Olaf Scholz, avait dirigé pendant 44 ans Hambourg avant d'y être battu voici dix ans par la droite.

De leur côté, les chrétiens-démocrates (CDU) du bourgmestre sortant Christoph Ahlhaus subissent une déroute avec seulement 21,9% des suffrages, leur pire résultat à Hambourg depuis la Seconde Guerre mondiale. Cela représente 20,7 points de moins qu'aux régionales de 2008. Les Verts, qui ont gouverné en coalition avec la CDU de 2008 à novembre dernier, sont stables avec 11,2%. Die Linke (La Gauche) obtient 6,4% et les Libéraux du FDP 6,6%.

"C'est un résultat historique, pas seulement pour nous mais aussi pour les autres. C'est un résultat impressionnant", s'est félicité dès dimanche soir le président du SPD, Sigmar Gabriel. Le secrétaire général de la CDU, Hermann Gröhe, a reconnu de son côté qu'il s'agissait "d'une lourde défaite".

Le Bundesrat clairement à gauche

Avec la perte de Hambourg et de ses trois élus à la chambre haute, la coalition de centre-droit de la chancelière Angela Merkel ne dispose plus que de 31 sièges au Bundesrat, sur un total de 69. Vingt-quatre autres sièges du Bundesrat seront remis en jeu par les six autres élections régionales prévues cette année, et, dans le pire des cas, la coalition au pouvoir au plan fédéral pourrait en perdre 13 autres d'ici la fin de l'année.

"Nous abordons des mois agités en politique si le SPD réussit à tirer parti de la dynamique de Hambourg dans d'autres Länder", écrit lundi Rolf Kleine, éditorialiste du journal à grand tirage Bild. "Cette victoire électorale est comme une inondation éclair. Le SPD qui était en plein désarroi en 2009 est de retour". Le prochain test d'envergure pour la chancelière Merkel sera le scrutin régional au Bade-Wurtemberg, tenu par la CDU depuis des décennies, et que le centre-droit pourrait bien perdre, à en croire les sondages. Des élections auront lieu également à Berlin, où les Verts pourraient devancer le SPD au vu des sondages.

 

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a écrit le 21/02/2011 à 15:28 :
Le résultat des dernières élections avaient été anormalement bons pour la droite allemande et avaient donc surpris plus d'un observateur averti. Car en fait, la déconfiture du SPD (de tendance centre gauche), s'expliquait davantage par des affaires de financement de parti politique et de scandales que parce que l'Allemagne avait viré à droite toute. L'Allemagne et la France comme d'ailleurs la plupart des pays européens sont au centre, majoritairement, tout simplement parce que la majorité des électeurs appartient aux classes moyennes et que le discours néo libéral a montré ses limites et sa réalité, c'est à dire: Avantager les riches et les hyperriches, c'est à dire 5 à 10% de la population soit 15% à 20% environ des électeurs compte tenu des forts taux d'abstention favorables à la droite et des non votants (les jeunes de moins de 18 ans).

Cela veut dire quoi? Que la majorité des européens, veut de l'efficacité assortie de justice sociale et de qualité de vie. Oui pour la recherche de la performance mais avec un souci constant d'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, de respect de l'environnement, de respect des générations futures, mais aussi de dialogue, de respect de la position de l'autre, et donc de rejet de la politique qui se caractérise par l'insuffisance de démocratie, par l'insuffisance d'ouverture, par l'insuffisance de probité et de sens des responsabilités.C'est aussi le refus de l'égocentrisme, le partage d'un idéal commun, de valeurs communes qui seront adoptées par le plus grand nombre à l'intérieur de l'Europe et à l'extérieur de l'Europe. Le non aux fascismes et autoritarismes manipulateurs quels qu'ils soient politiques, financiers, informatiques...Le non à ceux qui ne portent pas ces valeurs, constamment, en guise de décoration honorifique (autre chose donc que les gratifications de façade et d'arrangements entre petits amis)
Réponse de le 21/02/2011 à 17:17 :
« tout simplement parce que (...) le discours néo libéral a montré ses limites et sa réalité. (...) Cela veut dire quoi? Que la majorité des européens, veut de l'efficacité assortie de justice sociale et de qualité de vie. »
Et ça serait pour cela que les Allemands voteraient pour le SPD ? Euh, Gerhard Schröder, il était de quel parti, au fait ? Ne serait-ce point cet homme politique, si social et anti-capitaliste, qui a fait passer le fameux « agenda 2010 », « un paquet de réformes libérales de l'État providence qui provoque la colère de son électorat et une chute de sa popularité » (dixit Wikipédia). Ce qu'on peut dire, en fait, c'est qu'Allemands et Français (et autres Européens sans doute) sont tout aussi idiots : ils passent du parti A au parti B (et inversement) quand ils n'en sont pas contents... même s'ils ont grosso modo la même politique. Affligeant.
Réponse de le 22/02/2011 à 9:18 :
L'internaute du commentaire a dit "le Centre" pas les partis gauchistes, totalement à l'Est (enfin dans quelques coins perdus avant l'Asie), ni de libéralisme financier totalement à l'Ouest, mais pas seulement à l'Ouest.
Réponse de le 22/02/2011 à 11:13 :
les allemands font preuve de bon sens il en ont marre de se faire enfumé par la droite allemande espéreront que les francais auront la même clairvoyance .

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