Les femmes bientôt plus puissantes en Malaisie
Céline Tcheng

Kuala Lumpur
Photo DR
Céline Tcheng

Kuala Lumpur
Photo DR
A premier abord la décision du gouvernement malais de faire occuper 30% des postes de décision du secteur privé d'ici 2016 par des femmes pourrait surprendre. La Malaisie a en effet pour religion officielle l'Islam, une confession qui n'a pas pour réputation d'accorder une place centrale à la femme. Mais l'éxécutif malais n'en est pas à son premier coup d'essai en la matière.
Le Premier ministre, Najib Abdul Razak, explique en effet que cette plus grande place faite aux femmes n'est que la continuation naturelle d'une précédente initiative en 2004. A l'époque, Kuala Lumpur s'était donné pour objectif "au moins 30% de femmes aux postes de décision dans le secteur public".
L'émancipation des femmes, une clé pour le développement économique du pays
Le bilan de cette politique depuis 2004 est globalement positif : la participation des femmes aux postes de décision dans le secteur public a augmenté à 32,2% en 2010 contre seulement 19% en 2004. La Malaisie considère que les femmes ont un rôle "essentiel" pour le développement économique du pays. "Les progrès dans l'avancement de la cause des femmes en Malaisie doivent être considérés dans le cadre global des politiques de développement nationales. Les efforts et les plans visant à améliorer le statut des femmes sont intégrés et incorporés dans les plans sectoriels à long terme et le Plan Quinquennal de Développement National", explique Aminah Ahmad, professeur à l'université Putra Malaysia. Dans l'objectif d'une croissance économique durable, depuis les années 70, le gouvernement met en place des lois pour encourager "l'accès et la participation des femmes à l'éducation, à la science et aux technologies [qui] sont essentiels au développement d'un pays", selon la délégation de la Malaisie aux Nations Unies.
A titre d'exemple, la proportion des femmes au parlement national est passé de 5,1% en 1995 à environ 10% dans les années 2005-2009, selon la Banque de développement asiatique. Ainsi, la place de la femme a globalement progressé en Malaisie ces dernières années dans le secteur du travail notamment grâce à un meilleur accès à l'enseignement supérieur.
Des progrès à faire dans le monde entier
À lire également
Cependant, il reste de nombreux progrès à faire. Cela explique aisément ce nouveau coup de pouce du gouvernement malais. Seulement 7,6% des femmes sont en effet membres d'un des 200 conseils d'administration de sociétés cotées à la Bourse de Malaisie, selon le Premier Ministre. La sous-représentation des femmes dans les conseils d'administration n'est bien évidemment pas un problème limité à la Malaisie. D'après le rapport 2010 du Forum économique mondial, les femmes représentent un peu moins de 5% des PDG parmi les soixante pays étudiés. La Finlande (13%), la Norvège (12%) et la Turquie (12%) sont les pays qui ont le pourcentage le plus élevé de femmes PDG. Les Etats-Unis et la France font piètre figure avec un pourcentage qui dépasse à peine 0%. Heureusement que Christine Lagarde nous sauve un peu la face.
Alertes en temps réel sur les informations économiques majeures.

Céline Tcheng
Après chaque consultation médicale, le gouvernement veut afficher la facture de la Sécu par SMS
Transparence salariale : la France accélère la transposition sous pression européenne
Budget : le gouvernement pris dans un scénario noir
Moins nombreux et plus diplômés : le profil des nouveaux immigrés en France