Dette américaine : deux propositions, zéro compromis

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Alors que la date butoir du 2 août se rapproche, les élus démocrates et républicains du Congrès ont proposé chacun de leur côté une solution au relèvement du plafond de la dette des Etats-Unis. Barack Obama appelle républicains et démocrates à trouver un "compromis juste".

Les élus démocrates et républicains du Congrès ont proposé chacun de leur côté une solution au relèvement du plafond de la dette des Etats-Unis, ce qui laisse peu de place à un compromis à une semaine de la date butoir du 2 août.

A une semaine de cette échéance qui, faute d'accord, placera la première puissance économique mondiale en situation de défaut technique, Barack Obama a appelé, lundi 25 juillet, républicains et démocrates à trouver un "compromis juste" sur la dette et les déficits américains pour éviter un défaut de paiement "risqué et irresponsable".

Lors d'une allocution à la nation prononcée à la Maison Blanche, le président américain a détaillé les graves conséquences économiques que provoqueraient un défaut voire un abaissement de la note souveraine si les élus du Congrès ne parvenaient pas à s'entendre d'ici à la date butoir du 2 août. "Nous risquerions de déclencher une grave crise économique, une crise provoquée presque entièrement par Washington", a déclaré Barack Obama.

"J'ai dit aux dirigeants des deux partis qu'ils devaient parvenir à un compromis juste dans les prochains jours, qui serait susceptible d'être adopté par les deux chambres du Congrès, un compromis que je puisse promulguer, a déclaré Obama. Le peuple américain a peut-être voté pour un gouvernement divisé, mais il n'a pas voté pour un gouvernement qui ne fonctionne pas."

Malgré la perspective d'une nouvelle crise financière évoquée au fil des semaines par des responsables économiques et politiques en cas de l'absence de compromis permettant à Washington de relever le plafond de sa dette, actuellement de 14.300 milliards de dollars, les investisseurs semblent pour l'instant ne pas céder à la panique.

Certes Wall Street a cédé plus de 0,5% lundi, effaçant une partie des gains accumulés la semaine dernière, le dollar a touché un nouveau plus bas face au franc suisse et l'or a atteint un nouveau plus haut, mais il n'y a pas encore de mouvements de vente frénétiques.

"Malgré la poursuite des discussions, les intervenants du marché ont le pressentiment que le gouvernement fédéral ne se retrouvera pas en situation de défaut le 2 août", a déclaré Robbert Van Batenburg, chargé de la recherche actions chez Louis Capital.

Pourtant, au vu de l'acrimonie des échanges entre les camps républicains et démocrates, cet optimisme n'est peut-être plus de rigueur.

Plus tôt dans la journée, le Fonds monétaire international (FMI) a estimé que les Etats-Unis devaient relever rapidement le plafond de leur dette et maintenir celle-ci sous contrôle pour le bien de l'économie mondiale.

"GADGETS" ET "EXTREMISTES"

- Les républicains, qui contrôlent la Chambre des représentants, ont été les premiers à présenter leur proposition visant à sortir de l'impasse, fondée sur une réduction des dépenses de 1.200 milliards de dollars sur dix ans. Mais, dans le cadre de ce texte, le plafond de la dette n'est relevé que de 1.000 milliards de dollars, ce qui ne couvre les besoins de financement du gouvernement fédéral que pendant quelques mois. Or Barack Obama a dit à plusieurs reprises qu'il voulait un relèvement du plafond suffisamment conséquent pour que le pays ait le temps de souffler sur le moyen terme.

- De leur côté, les démocrates ont proposé des baisses des dépenses de 2.700 milliards sur la prochaine décennie avec l'assurance que les besoins de refinancement de Washington seraient assurés jusqu'à la fin de 2012, année électorale.

John Boehner, chef de file des républicains à la Chambre des représentants a estimé que le plan démocrate n'était qu'une accumulation de "gadgets" tandis que Harry Reid, leader démocrate au Sénat, a souligné que les "extrémistes" au sein du parti républicain ne devaient pas être autorisés à donner le la dans les discussions sur la dette et le budget.

La Maison blanche a, sans surprise, apporté son soutien au plan démocrate en disant que "la balle était dans le camp" des républicains. Pour l'instant, ces derniers ne semblent pas vouloir céder, John Boehner disant après la présentation du plan des républicains qu'il "serait irresponsable que le président oppose son veto à ce texte". Harry Reid a précisé que sur les 2.700 milliards de dollars d'économies prévues par le projet démocrate, 1.200 milliards ont déjà été approuvés par les républicains.

Quoi qu'il en soit, il est possible qu'aucun des deux plans ne suffise à éviter une baisse de la note des Etats-Unis, actuellement à "AAA", le niveau le plus élevé possible. Les analystes estiment en effet qu'un plan d'économie de 4.000 milliards sur dix ans serait nécessaire pour maintenir la dette à un niveau gérable.

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Commentaires
a écrit le 26/07/2011 à 16:53 :
Et un retour du "Glass Steagall Act" ?
C'était une loi votée au lendemain de la crise de 1929, qui a prouver son utilité. Et comme par hasard, cette loi a été doucement mais sûrement vidée de son contenu à partir des années 80...
En France, il y avait le même type de loi créée en 1945, permettant à l'Etat de reconstruire le pays.
Mais évidemment elle déplait aux banquiers. Imaginez, elle donne trop de pouvoir à l'Etat sur l'économie, et elle sépare les activités bancaires !...
Séparation des activités bancaires kézako ? En résumé on sépare banques de dépôts et banques d'affaires : et on interdit aux banques de dépôts (comptes courants, prêts) d'acheter/vendre des titres (celles-là, qui jouent en Bourse, sont alors des banques d'affaires et ne prêtent pas d'argent).
Avec une telle séparation, on aurait pu laisser faire faillite celles qui avaient "perdu" à leur jeu virtuel en Bourse, sans que les Etats n'aient à leur prêter des liquidités à des taux ridicules...
Réponse de le 04/08/2011 à 8:47 :
Tout a fait d accord avec vous, ajoutons a cela le retour a "bretton Woods" et l etalon Or, ca evitera de faire jouer la planche a billet a tout va.... En gros retour a l economie Reelle.

Parce que je suis sur que si on faire le rapport entre l'argent physique en circulation (billet, or, diamant; les trucs qu on peut toucher quoi) et la valeur de ce qui est joue en bourse et par les Etat, le premier ne represente meme pas la moitie du second
a écrit le 26/07/2011 à 15:40 :
L`etat de non paiement pour les usa serait une catastrophe pour tous les pays qui utilisent la future monnaie de singe. L`euro est deja dans une impasse. Est il possible que le vieil adage de Jeha, se verifie. C`est adire Chaque nation agira pour sauver ses propres meubles.
Réponse de le 04/08/2011 à 8:50 :
L'euro n est absolument pas dans une impasse, justement grace ou a cause de la rigueur de la BCE cela en fait une valeur refuge, que croiyez vous que les chinois achetent??? de l'or et de de l euro.... c'est bien pour ca que l euro flirt toujours avec les 1,5 dollars... donc deja nos importations nottement de carburant sont bien moins cher (et pas repercuté par les petrolier mais la ca n est pas un probleme de monnaie..)

a écrit le 26/07/2011 à 15:39 :
Ils ont jusqu'au 15 Août, date de la première levée. Toutefois, les emprunts de toutes gammes venant ces 3 jours prochains seront déterminants pour les positions politiques des uns et des autres : s'ils passent, Obama aura réussi à imposer un semblant de confiance au marché, la coupe sera haute; s'ils butent, c'est le choc, l'amérique ne fait plus rêver, le dollar non plus et Obama aura échoué ou sur la pente de le faire, la coupe sera basse. Il est temps pour lui de prouver la pertinence de son slogan.
a écrit le 26/07/2011 à 14:36 :
Pour rééquilibrer leur budget il ferait mieux d'augmenter,l' imposition des hauts revenus et de réduire leur dépenses liés à l'armée pour financer les guerres...
a écrit le 26/07/2011 à 14:05 :
Et les G8 G20, brillamment présidés par la France depuis 7 mois, ils disent quoi dans ce bazar ? Ça mérite bien un sommet d'urgence pour calmer ces matamores et faire en sorte que l'on se penche sur les millions de mort annoncés dans la corne de l'Afrique!
a écrit le 26/07/2011 à 13:49 :
De toute façon même si il n'y a pas de signatures les affaires continueront comme d'hab (d'ailleurs c'est deja arrivé cette histoire dans un passé récent ! Faut le dire !) .
Là c'est le cas typique du journalisme "Comment faire monter un soufflet"...(méthode de cuisine au départ)
Réponse de le 26/07/2011 à 14:42 :
non ca j en doute parce que au 2 aout il n'y aura plus d argent pour payer les fonctionnaires ,les militaires , les pensions publiques le Medicare... Bien sur tout ca c est la théorie je ne peux que ça puisse aller jusque là
a écrit le 26/07/2011 à 13:45 :
La crise des subprime est venue des USA et on voit ce que çà a donné en europe.
Vont-ils étre assez conscients pour ne pas ajouter une crise à la crise !!!
a écrit le 26/07/2011 à 13:29 :
Obama veut peut-etre aller un peu trop vite dans le changement de mentalité Américaine. Les Gays dans l'armée, une couverture sociale plus grande pour le peuple, il semble oublier qu'il est dans le pays le plus capitaliste de la planète!!!Ca va lui couter très cher, voir pire!!!!!!!!s'il réussi BRAVO mais ce n'est pas gagné
a écrit le 26/07/2011 à 13:19 :
Ils aiment bien faire durer le suspens aux USA, mais vous verrez, ils le signeront cet accord, au dernier moment, dans la nuit du 02 au 03 août.
a écrit le 26/07/2011 à 13:17 :
Quel est le problème aux Etats Unis? Le même quand Europe et dans le monde? Des privés immencement RICHES et des états en FAILLITE? Malheureusement l'issue est irréversible...L'équilibre ne sera pas encore pour cette fois ci!!!!!!!!!!
a écrit le 26/07/2011 à 13:00 :
Si seulement une bonne leçon économique et financière pouvait être donnée à ce pays de plus en plus nauséabond !
a écrit le 26/07/2011 à 11:10 :
Quand la politique fait perdre la raison aux politiques...
Je trouve les membres de différentes chambres (congrès, sénat) bien légers dans leur comportement, voire même carrément irresponsables, qu'ils soient démocrates ou républicains.

Ils donnent vraiment cette image, peu flatteuse, à l'ensemble du monde.

Quand comprendront 'ils que les Etats Unis ne sont plus le centre du monde?

S'ils ne s'entendent pas, certes cela aura des effets négatifs sur l'économie mondiale, mais certainement bien moins que ceux annoncés par certains prévisionnistes (mais les prévisions sont faites pour être démenties, non?), mais cela aura surtout un effet dévastateur pour les Américains.

Bon, mais ça, les représentants des différentes chambres ne semblent pas s'en inquiéter...
a écrit le 26/07/2011 à 9:08 :
le cas échéant il reste la carte de l'article 4 de la Constitution américaine que permettra à Obama de passer outre les négociations avec les républicains et les débiles du "tea party" ( et le mot est faible croyez moi quand on les entend parler !!!) Cet article permet au président de prendre des décisions arbitraires si la continuité ou la sécurité du pays en dependent . Les demandes republicaines visant a demolir ce qu il reste du Medicare sont completement ridules surtout que c est leur politique qui a creusé ce gouffre
a écrit le 26/07/2011 à 8:34 :
une telle situation économique internationale, 65 ans en arrière aurait provoqué une guerre mondiale !!!!!
vous proposez quoi pour sortir de ce marasme ????
Réponse de le 26/07/2011 à 10:44 :
la reponse est dans votre question: une guerre...ca reglera le problême de la dette du marasme economique de la surpopulation et du chômage ..Cynique? même pas malheureusement
a écrit le 26/07/2011 à 6:49 :
"Les analystes estiment en effet qu'un plan d'économie de 4.000 milliards sur dix ans serait nécessaire pour maintenir la dette à un niveau gérable."
Cela fait 400 milliards d'économie par an. Quand on sait que le déficit us est de 1500 milliards par an c'est une pantalonnade! Ceci signifie que les us ne seront jamais en équilibre et surtout seront incapables de rembourser leurs dettes. Quand les marchés cesseront-ils leur autisme en refusant d'acter la faillite de ce pays? Et d'ores et déjà pourquoi les agences de notation ne dégradent-elles pas immédiatement de 3 crans la note des us???
a écrit le 26/07/2011 à 6:09 :
les states notés AAA !!!! ah ah ah ah super gag pour super ex-géant mdr
a écrit le 26/07/2011 à 5:50 :
Se donne des règles et s'en affranchir au premier coup de pétard..On se croirait en Europe avec le non respect généralisé des critères de Maastricht. Nous sommes dans une situation dangereuse où les états ne sont plus financés par l'impôt mais quasi exclusivement par la dette. Cela doit trouver sa fin, d'une manière ou d'une autre. Il est donc bien dommage que la Grèce ne soit pas partie au tapis pour servir d'exemple.
a écrit le 25/07/2011 à 22:41 :
ça sent la pyramide de ponzi tout cela !

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