Europe recherche croissance désespérement

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Les chiffres de la croissance pour le deuxième trimestre, annoncés ce mardi, sont en berne. Revue de détail.

La croissance n'est pas au rendez-vous de ce deuxième trimestre, d'après les chiffres parus ces derniers jours. Et les politiques d'austérité menées pour éviter une contagion de la crise grecque risquent d'aggraver la situation. Les gouvernements vont de Charybde en Scylla.

Zone euro

La croissance en deuxième trimestre atteint seulement 0,2%, soit 1,7% sur un an. Selon Eurostat, ces chiffres en dessous des prévisions ont été tirés vers le bas par la France et l'Allemagne. Les économistes attendaient plutôt 0,3%. Au trimestre précédent, la croissance annuelle ressortait à 2,5%.

Quant à la production industrielle, elle a reculé de 0,7% en juin par rapport à mai après une hausse de 0,2% le mois précédent (0,1% en première estimation). La production de biens durables et non-durables, elle, est en baisse de 2,5% et 0,5% respectivement d'un mois sur l'autre.

En revanche, les ventes au détail ont plus augmenté que prévu en juin par rapport à mai. Selon Eurostat, les ventes au détail ont progressé de 0,9% en juin d'un mois sur l'autre. Sur un an, elles ressortent en baisse de 0,4% (contre -1% escompté).

France

La croissance a été nulle au deuxième trimestre, selon l'Insee, après une hausse du PIB de 0,9% au premier. C'est la consommation des ménages (-0,7% sur le trimestre) qui a été le maillon faible de l'activité économique. L'acquis de croissance ressort à 1,4%. Par ailleurs, les prix à la consommation ont baissé de 0,4% en juillet par rapport au mois précédent, ce qui ramène leur progression à 1,9% sur un an.

Quant à la prévision de croissance économique pour la France en 2012, elle sera vraisemblablement revue à la baisse, rapporte mardi le quotidien Les Echos en citant l'entourage de Nicolas Sarkozy.

Allemagne

L'économie allemande a elle aussi marqué le pas au deuxième trimestre, affichant une croissance limitée à 0,1% en première estimation alors que les marchés anticipaient 0,5%. Ce niveau est un plus bas sans précédent depuis le premier trimestre 2009.

Sur un an, la croissance ressort à 2,8%, une performance là encore inférieure aux 3,2% prévus. Au trimestre précédent, l'économie allemande avait progressé de 1,3% (chiffre révisé de 1,5%) d'un trimestre sur l'autre et de 5,0% l'an (révisé de 5,2%).

Autre surprise : la baisse de la production industrielle de 1,1% en juin. Les économistes qui avaient anticipé une progression de 0,1%, selon les chiffres publiés par le ministère de l'Economie. Le chiffre du mois de mai a en outre été révisé à la baisse, la hausse étant ramenée de 1,2% à 0,9%. Le ministère de l'Economie a précisé que le mois de juin avait été caractérisé par un nombre inhabituellement élevé de week-end prolongés, ce qui a pesé sur la production.
Il a ajouté que la production industrielle restait sur une tendance favorable, portée par un niveau élevé de commandes.

En, revanche, les commandes à l'industrie ont, contre toute attente, augmenté en juin par rapport à mai, selon les données officielles publiées jeudi. Ces commandes ont augmenté de 1,8%, alors que les économistes interrogés par Reuters avaient anticipé en moyenne une baisse de 0,5%. Après un bond de plus de 10% en mai, la demande intérieure a sensiblement baissé en juin (-10,8%), alors que les commandes en provenance de l'étranger ont connu une évolution inverse, avec une hausse de 13,7% en juin après une baisse de 5,8% le mois précédent, précise le ministère de l'Economie.

Portugal

L'économie portugaise s'est contractée de 0,9% du PIB au deuxième trimestre par rapport à la même période de 2010, selon une estimation provisoire publiée mardi par l'Institut national des statistiques (Ine).

Ce recul "est lié à une nette diminution de l'investissement et des dépenses de consommation des ménages, surtout en ce qui concerne les biens durables", a expliqué l'Ine dans un communiqué. Le Produit intérieur brut (PIB) du Portugal est en revanche resté stable par rapport aux trois premiers mois de l'année.

L'économie portugaise est entrée en récession fin 2010, avec un recul du PIB de 0,6% au dernier trimestre de l'an dernier et encore de 0,6% sur les trois premiers mois de l'année.
 

Espagne

La croissance espagnole a également ralenti  : +0,2% contre 0,3% au premier trimestre selon l'Institut national de la statistique. Sur un an, elle s'établit à 0,7%, après une année 2010 en légère baisse (-0.1%) et une année 2009 catastrophique (-3.9%). Pour 2011, la Banque d' Espagne espère une croissance de 0,8%. Le gouvernement, plus optimiste, mise sur +1,3%.

Angleterre

Le 10 août, la Banque d'Angleterre a annoncé qu'elle prévoyait une croissance autour de 1,4% à court terme. C'est moins que ce qu'elle prévoyait en mai (+1.8%). Pour 2012, elle attend une croissance située entre 2 et 3%, puis au-dessus de 3% vers la mi-2013.

Ce mardi, la Banque d'Angleterre a également communiqué un objectif d'inflation élevé de 2%. La hausse des prix devrait s'assagir en 2012 mais le gouverneur de la Banque d'Angleterre s'est montré incapable de dire quand et dans quelles proportions. Pour l'heure, en juillet, les analystes anticipent en moyenne une baisse des prix à la consommation de 0,1% en rythme mensuel et une inflation de 4,3% l'an.

Grèce

Le PIB grec a reculé de 6,9% entre les deuxièmes trimestres 2011 et 2010. Ce recul atteignait 8,1% au premier trimestre 2011, selon les chiffres publiés ce vendredi par l'institut national de statistiques EL.STAT.

"Ne laissons pas le coup de frein budgétaire bloquer la reprise mondiale"

Malgré cette situation de crise, Christine Lagarde défend la croissance. La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) a appelé les Etats du monde entier, et en premier lieu les "économies avancées" à ne pas tuer la croissance en luttant contre la dette. "Le rééquilibrage budgétaire doit résoudre une équation délicate en n'étant ni trop rapide ni trop lent", écrit Christine Lagarde dans une tribune publiée par le Financial Times et intitulée "Ne laissons pas le coup de frein budgétaire bloquer la reprise mondiale".

Pour Christine Lagarde, "l'effervescence actuelle des marchés [...] a ébranlé la confiance dans l'économie à travers le monde et a incité beaucoup de gens à conclure que toutes les possibilités politiques avaient été épuisées", mais "cette impression est fausse et pourrait conduire à la paralysie". La directrice générale du FMI, qui a pris ses fonctions en juillet, assure ainsi la continuité du message de son organisation.

La tribune de Christine Lagarde dans le Financial Times paraît alors que les plans d'austérité votés ou en cours de préparation dans un certain nombre de pays européens nourrissent des inquiétudes du fait même de leur ampleur.

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Commentaires
a écrit le 17/08/2011 à 0:51 :
Pas d'accord avec John Galt. C'est la consommation qui fait fonctionner les entreprises et favorise la croissance. Et ce ne sont certainement pas les riches qui consomment le plus, car ceux ci ont la facheuse manie d'engranger (d'économiser) contrairement aux autres.
Il faut que les riches cessent leur chantage comme quoi ils qui quitteraient la France si on ne leur passe pas tous leurs caprices. Puisqu'ils sont si peu patriotes, je suggère qu'on retire la nationalité française à ceux qui délocalisent ou ceux qui cachent l'argent qu'ils ont gagné en France dans les paradis fiscaux.
a écrit le 16/08/2011 à 14:05 :
Le coup de frein budgétaire, autrement dit l'austérité ne bloque la croissance que dans un cas : quand on équilibre le budget en augmentant els impôts.

Si on diminue les dépenses publiques, cela donne un coup de boost à la croissance (vérifié économiquement dans tous les pays où cela a été appliqué)
a écrit le 16/08/2011 à 12:00 :
"Les économistes qui avaient anticipé une progression de 0,1%, selon les chiffres publiés par le ministère de l'Economie. Le chiffre du mois de mai a en outre été révisé à la baisse, la hausse étant ramenée de 1,2% à 0,9%. Le ministère de l'Economie a précisé que le mois de juin avait été caractérisé par un nombre inhabituellement élevé de week-end prolongés, ce qui a pesé sur la production."
Bonnet d'âne aux économistes! Ils n'avaient pas tenu compte dans leurs prévisions les week-ends prolongés! Heureusement que Super FB a l'oeil à tout...
a écrit le 16/08/2011 à 11:42 :
raisonnement peut être simpliste mais pour avoir de la croissance, il faut consommmer. Pour consommer, il faut de l'argent, pour avoir de l'argent, faut travailler.. et y'a pas assez de travail...je crois que la solution est là.. comment faire pour que les entreprises créent des emplois??je propose que les plus hautes rémunérations des entreprises soit revue à la baisse et que le surplus dégagé serve à financer des embauches..idem pour notre gouvernement.. 1 mec de l'assemblé national, ça doit bien valoir une 10zaine de prof??
Réponse de le 16/08/2011 à 12:42 :
1 mec a l AN...... 10 prof.. EGAL 11 charges
Réponse de le 16/08/2011 à 14:02 :
Ce n'est pas un raisonnement simpliste, c'es un raisonnement keynésien, matiné d'une vision marxiste de l'économie...
Alors, pour faire simple, pour avoir de la croissance, il faut investir. La consommation n'ammène pas de croissance, ou de façon tout à fait ponctuelle.
La politique de la demande appliquée en France depuis 30 ans nous a ruiné dans les grandes largeurs, c'était la politique de l'offre qu'il fallait faire ...
Et enfin, ce sont les riches qui amène la croissance, tapez sur les riches, vous aurez la misère et la guerre ...
a écrit le 16/08/2011 à 11:03 :
Ah le mythe de la croissance sans fin, comme ceux qui pensent que les prix immobiliers ne cesseront de monter, que les arbres montent jusqu'au ciel et au dela. Retour a la realite, ca va secouer.
Réponse de le 16/08/2011 à 13:59 :
pour le mythe de la croissancesans fin, ce n'est pas un mythe, mais uneréalité, il faut relire Aristote (ethique à Nicomaque) pour comprendre que la crosisance est liée à la nature même de l'homme.
Quand à Mr Grenspaan qui affirmait que les arbres ne montent pas au ciel quand on lui parlait du niveau atteint par le Dow Jones, et qui s'est complétement trompé dans a politique monétaire (il l'a lui même reconnu), il faut lui dire que le DJ ne mesure pas le potentiel de croissance en taille du monde végétal, mais est un représentant assez fiable du génie humain.
Et le génie humain, il monte au ciel, et il va bien plus loin, il a même marché sur la Lune !!!
Réponse de le 16/08/2011 à 14:48 :
On marche sur la Lune et on laisse mourir de faim des millions de personnes chaque annee, en effet, quelle belle preuve de "genie" humain, quel "progres" ... On a toujours pas trouver la solution a la famine mais on envoie des gens sur la lune
Réponse de le 16/08/2011 à 15:26 :
"on laisse mourir de faim des millions de gens" : affirmation culpabilisante bien bobo qui ne veut rien dire économiquement.
Ce n'est pas nous qui les faisons mourir de faim, ils le font très bien tout seul !
Mais accessoirement, jamais la Terre n'a été aussi peuplée, et c'est la première fois depuis 1 siècle que le nombre de gens qui souffrent de la faim est passé sour le milliard d'être humain... c'est un sacré progrès !! merci à qui ? au génie humain... et au libéralisme qui permet à ce génie de s'exprimer...
Réponse de le 16/08/2011 à 15:28 :
la solution à la famine, cela s'appelle le libéralisme, qui n'est possible qu'en démocratie.
Regardez bien le monde qui nous entoure, la pénurie et la misère n'existe que dans les pays totalitaires et/ou socialistes... (L'Inde étant encore un cas à part avec son régime de caste)
Réponse de le 16/08/2011 à 16:44 :
tu devrais aller faire un tour aux US je crois... Parce que a priori eux ils ne sont ni socialistes ni totalitaire et pourtant niveau misere ils en connaissent un rayon...
Réponse de le 19/08/2011 à 5:41 :
La production dépend du capital humain;la croissance de la production sera nulle quand la dépense de capital humain sera égale à la moitié de la production et elle décroit lorsqu'on se rapprohe de cette valeur?
a écrit le 16/08/2011 à 10:57 :
Pour avoir de la croissance, il va peut-être falloir se mettre vraiment à TRAVAILLER!!!!!!!!
Réponse de le 16/08/2011 à 14:33 :
oui à condition qu'on arrête les délocalisations ! créons de l'emploi en France !
sur l'autoroute ma carte bleue en panne j'ai cherché désespérément quelqu'un pour me permettre de payer mon péage autrement qu'avec un automate ! ce fut très long...il n'y a plus de service et personne s'insurge...
Réponse de le 16/08/2011 à 16:46 :
Je travaille et peste de devoir entretenir les roms les polygames qui affluent sur notre territoire parce que la soupe y est bonne.

Des associations (qui vivent à nos crochets) distribuent allègrement de l'argent que nous n'avons plus. A côté de cela il faudrait ne plus partir en retraite, il faudrait une augmentation de la CSG entre autres... et quoi encore ! s'ils s'imaginent que nous allons , nous autres majorité silencieuse jusqu'à ce jour, ne pas finir par réagir et de manière forte ils se trompent !
a écrit le 16/08/2011 à 10:24 :
Pays européens surendettés, croissance nulle. Tous les économistes le savent, la seule solution est une annulation de la dette des états, mais aucun n'ose l'annoncer le premier. Il faut guetter le moment où un homme politique va oser aborder le sujet. Ce sera, enfin, le moment de regarder l'avenir avec sérénité.
Réponse de le 16/08/2011 à 10:42 :
jl melenchon à oser aborder le sujet .

il y a déja plus d'un an qu'il en parle ( mais bon comme les médias le caricature et prefere parler de la forme plutot que du fond ! )
Réponse de le 16/08/2011 à 11:03 :
Celà parait un peu trop facile, non !!!

Je verrais plus la BCE reprendre la dette des pays de la zone euro, pays qui devront toujours remboursés mais sans intérêt !!

a écrit le 16/08/2011 à 10:13 :
Pour croître il faut croire,pour croire il faut espérer,pour espérer il faut avoir confiance.Cherchez les erreurs:les gens n'ont plus confiance,ils désespèrent der nos dirigeants et ne croient plus en eux.Alors....nous ne sommes pas là de croître!!!!

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