Vent de révolte contre S&P aux Etats-Unis

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Trois municipalités en Californie et en Floride ont décidé de ne pas renouveler leurs contrats avec Standard & Poor's pour leurs fonds d'investissements locaux. Il s'agit de la première mesure de représailles envers l'agence de notation depuis la décision de dégrader la note souveraine américaine.

Excès de patriotisme ou clientes insatisfaites ? Trois municipalités américaines ont décidé de ne pas renouveler leurs contrats avec Standard & Poor's (S&P) selon un article paru vendredi dans le Financial Times. Pour le quotidien économique, il s'agit clairement de représailles, après la dégradation de la note souveraine des Etats-Unis de AAA à AA+ par l'agence de notation. S&P, déjà sous le coup d'une enquête de la Securities and Exchange Commission (SEC) et de la Justice américaine pour son implication dans la crise de 2008-2009, devrait donc maintenant se préparer à subir les foudres de ses clients aux Etats-Unis.

Les notes des fonds d'investissement des trois municipalités qui ont pris cette décision - la ville de Los Angeles, le comté de Manatee en Floride et celui San Mateo en Californie- ont en outre été dégradées la semaine dernière par S&P qui a justifié cette décision par des « expositions significatives » aux obligations souveraines et au Trésor américain.

Onze autres fonds d'investissement locaux ont également perdu leurs AAAf pour un AAf (le « f » signifiant qu'il s'agit de fonds d'investissement) sans pour autant refuser de prolonger leur contrat avec l'agence de notation, précise le Financial Times.

« Tout d'abord, nous sommes en profond désaccord avec la décision de dégrader la note des Etats-Unis », explique le directeur financier du comté de Manatee Dan Wolfson pour justifier la décision de couper les ponts avec S&P. « Et bien sûr, comme nous détenons de la dette américaine et par un effet d'entraînement, la notation de notre fond a suivi celle des Etats-Unis ». Dan Wolfson serait actuellement entrain d'étudier la possibilité que le fonds d'investissement du comté de Manatee, dont les actifs gérés représentaient entre 620 et 750 millions de dollars en 2010, soit noté par une autre agence.

Un comté comme celui de Manatee paye chaque année 16 000 dollars pour que la qualité de son portefeuille soit évaluée indique le Financial Times. Dan Wolfson rappelle cependant qu'il peut très bien se passer d'une notation. Pour lui, il s'agissait avant tout d'assurer les commissaires aux comptes et les citoyens du comté de la bonne gestion du fonds d'investissement local.

Du côté de Los Angeles, dont le portefeuille d'actifs de son fonds d'investissement est lui estimé à 7 milliards de dollars, le trésorier de la ville Steve Ongele indique, pour sa part, avoir perdu confiance dans l'agence de notation. Selon le Los Angeles Times, il aurait déclaré en pleine séance du comité chargé du budget au sein conseil municipal, que la deuxième plus grande ville des Etats-Unis devrait être fier de ne plus traiter avec S&P. «L'effondrement des marchés survenu avec la débâcle immobilière [de 2008 Ndlr] s'est produit parce que des types comme ceux de S&P ont noté AAA des entreprises qui ne valaient pas grand chose, qui ne sont plus là aujourd'hui», aurait déclaré Steve Ongele.

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Commentaires
a écrit le 19/08/2011 à 21:44 :
La dictature capitaliste est en marche ! A moins qu'elle ne crève...

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