Guerres, déficits, croissance : le vrai prix du 11-Septembre

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Le coût des guerres en Irak et en Afghanistan, l'augmentation des budgets de la défense et de la sécurité auront atteint entre 1.200 et 3.000 milliards de dollars à ce jour. De quoi expliquer en partie l'amoindrissement de la puissance américaine.

Le 11 septembre 2001, l'Amérique bascule dans un autre monde. Elle avait émergé comme unique puissance incontestée de la période 1991-2001, après l'effondrement de l'Union soviétique. Au cours des dix ans qui suivent les attentats, les Etats-Unis vont connaître une "décennie perdue", leur autorité, leur confiance en eux et leur richesse s'étiolant inexorablement. Frappée au coeur de son Homeland (Wall Street, le Pentagone...), par un ennemi mal identifié, insaisissable et protéiforme, l'Amérique a expérimenté ce jour-là un choc d'une ampleur inouïe dont les conséquences se font encore sentir aujourd'hui.

Etait-ce inéluctable ? La nature même de ces attentats portait-elle, en germe, de telles conséquences, quelles qu'eussent été les réactions des dirigeants américains ? La réponse à cette question est difficile. Mais aux Etats-Unis, beaucoup de commentateurs s'arrêtent sur ce point. La réponse de George W. Bush aux attentats fut le déclenchement de deux guerres qui, dix ans plus tard, ne sont pas terminées.

Dans le même temps, Bush décidait d'un plan de baisse d'impôts pour les plus fortunés d'une ampleur inégalée, ce qui, mesuré à l'aune de la cohérence de la nation, peut être tout à fait contestable. Thomas Friedman, dans le New York Times, fait d'ailleurs remarquer à ce sujet que l'Amérique avait emprunté une tout autre stratégie durant la guerre froide en utilisant l'affrontement avec les Soviétiques pour cimenter la nation, conquérir l'espace, asseoir la domination technologique des Etats-Unis. Ce n'est pas ce projet que George W. Bush a proposé aux Américains. Au lieu de faire sa priorité de rebâtir l'Amérique en repartant de ses valeurs, il choisit la voie de l'empire conquérant, l'ambition utopique de changer le monde et le projet de réorganiser, selon son propre schéma, l'ensemble du Moyen-Orient. Les révolutions arabes sont là pour illustrer l'aspect chimérique de cette entreprise.

Dix ans après, le rêve d'un consensus bipartisan sur les grands choix de société, que Barack Obama a brièvement incarné au cours des premiers mois de son mandat, s'est évaporé. Le défaut de projet est patent, y compris à la Maison-Blanche, sauf à ce que le président puisse convaincre les Américains que son grand plan pour l'emploi et les infrastructures, aux accents rooseveltiens, peut aider la nation à se reconstruire durablement.

La Tribune a choisi de traiter cet anniversaire au travers de ses conséquences économiques, en tentant d'évaluer le coût réel des attentats, en analysant leurs conséquences sur les budgets de la défense et de la sécurité, mais aussi sur les cours du pétrole et sur la ville de New York elle-même. Ces analyses confirment le sentiment exprimé par Dominique Moïsi dans le Herald Tribune ces jours-ci : "le 11 Septembre n'est pas le signe de la naissance d'un nouveau monde mais a accéléré la fin du siècle américain..."

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Commentaires
a écrit le 10/09/2011 à 12:34 :
Aucune mention faite de la perte extraordinaire des libertés individuelles qui s'en est suivi. Ce ne fut pas seulement une conséquence des attentats, mais une utilisation opportuniste de la situation qui a poussé l'état fédéral à lancer des programmes par milliers, au détriment du respect de la constitution et au mépris de ses propres lois.
On en voit encore les effets aujourd'hui avec des scandales comme "fast and furious", dont malheureusement aucun média français ne se fait l'écho.
a écrit le 09/09/2011 à 22:47 :
Les guerres ns coutent tres cher alors a quoi bon en faire , pr les marchands d'armes , les compagnies d aviations etc ... qui paie tout cela ????
Réponse de le 10/09/2011 à 7:59 :
... sans compter les rétro-commissions sur ventes d'armes, la corruption et les financements par la drogue... le coût humain est extrordinairement plus élevé que la dette qui nous occupe.
Réponse de le 10/09/2011 à 10:31 :
Tout à fait !
Réponse de le 10/09/2011 à 10:44 :
Quand va-t-on faire le nettoyage qui s'impose en Amérique, comme en Europe et plus particulièrement en France...Jean-Claude Meslin

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