Bruxelles et le FMI en désaccord sur ce qu'il faut exiger d'Athènes

 |  | 782 mots
Lecture 4 min.
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Pour le FMI, la Grèce doit faire de nouvelles économies en plus de celles déjà adoptées fin juin. La Commission européenne, elle, exige qu'Athènes mette en œuvre ces mesures rapidement sans en demander d'autres. Pendant ce temps, la France clame une fois de plus son soutien au pays en difficulté.

La Grèce doit-elle faire plus d'efforts? En amont de la téléconférence qui doit réunir à 18 heure (heure française) le ministre des Finances grec et les inspecteurs de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), ces deux créanciers d'Athènes marquent une fois de plus leur désunion sur les moyens de sortir de la crise.

Pour le FMI, le pays a fait des progrès mais il "doit encore en faire". Pour l'instant, "la balle est dans le camp grec", a ainsi lancé le représentant du Fonds, Bob Traa, lors d'un colloque organisé à Vouliagmeni près d'Athènes par le magazine britannique The Economist. Bien que son programme d'austérité "ne soit pas un échec", la Grèce doit, selon lui, prendre des mesures d'économies budgétaires supplémentaires.

Ces mesures qualifiées de "nécessaires" par le représentant du FMI touchent en particulier au système fiscal. "La Grèce doit améliorer le système de collecte de taxes, lutter davantage contre l'évasion fiscale", a-t-il demandé tout en mettant en garde contre une trop forte hausse des impôts. Il a aussi évoqué des réformes structurelles, s'inquiétant des retards pris sur le programme de privatisations. Des retards qui seraient susceptibles de déboucher sur un "défaut". Le représentant du FMI a regretté l'absence de consensus politique nécessaire pour procéder à ces dénationalisations et dégager cette année les 5 milliards d'euros prévus par ce programme.

Bruxelles : "Pas de nouvelles mesures d'austérité sur la table"

La Commission européenne, quant à elle, a fait savoir qu'elle n'exigerait pas plus d'efforts de la part de la Grèce que ceux qui sont déjà prévus dans le programme d'austérité voté au parlement en juin. "Il n'y a pas de nouvelles mesures d'austérité sur la table. Ce qui est en jeu, c'est le respect des objectifs convenus", a ainsi affirmé Amadeu Altafaj Tardio, porte-parole de la Commission.

En France, le ministre de l'Economie, François Baroin a insisté sur le fait qu'un défaut d'Athènes "n'est pas une hypothèse de travail". "La Grèce sait ce qu'elle a à faire" a-t-il ajouté, précisant que la "stratégie" du gouvernement français, consiste pour le moment à "rendre opérationnel l'accord du 21 juillet". Cet accord porte sur un deuxième plan d'aide au pays, de 160 milliards d'euros, venant s'ajouter au premier, de 110 milliards d'euros, décidé en 2010, ainsi que sur l'extension des attributions du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

Paris n'acceptera pas "l'écroulement de la zone euro"

"Nous n'accepterons pas l'écroulement de la zone euro. Cela signifierait l'écroulement de l'Europe", a affirmé Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères au nom du couple franco-allemand. L'ancien premier ministre, qui s'exprimait en marge d'une réunion à New York, réitère le discours d'apaisement déjà lancé par Paris depuis que les craintes d'une faillite d'Athènes a refait surface.

Malgré des messages visant à rassurer les marchés, l'Allemagne s'est montrée ferme vis-à-vis de la Grèce. Elle conditionne le déblocage d'une sixième tranche d'aide internationale, d'un montant de 8 milliards d'euros, au jugement de la "Troïka" - composée du FMI, de l'Union européenne et de la Banque centrale européenne. La décision ne devrait -être rendue qu'en octobre, comme l'a indiqué le Commissaire européen aux Finances, Olli Rehn.

Une "semaine très difficile"

Face aux demandes de ses créanciers, le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos, s'est dit, "confiant" concernant ce versement. Il s'attend tout de même à  "une semaine très difficile pour le pays, pour la zone euro" mais aussi pour lui-même.  Le ministre grec a ajouté : " il faut prendre maintenant des décisions de caractère historique", faute de quoi, "on sera obligé de les prendre prochainement dans des conditions incontrôlables et douloureuses".

Rappelant l'objectif de réduire le déficit grec à 1,8 milliard d'euros en 2011, alors qu'il a atteint 24 milliards en 2009 et 11 milliards en 2010, Evangélos Vénizélos espère retrouver un excédent budgétaire en 2012.

Or, les perspectives sont mauvaises concernant les rentrées d'argent en Grèce. Avec une chute de la production estimée à 5,5% à fin 2011, "le programme (d'austérité) traverse un moment difficile", a reconnu le représentant du FMI. Ce dernier prévoit cependant un ralentissement de la récession en Grèce en 2012, tablant sur un recul du produit intérieur brut de 2,5% l'année prochaine. Le FMI attend même une reprise de la croissance pour 2013. 

 

 

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 20/09/2011 à 8:21 :
Et après.Si Papandréous organise son référendum sur le renforcement de l'austérité
et que les Grecs répondent "non",Fillon devra bien convenir que DSK a raison...
à retardement;même si ce "coup politique ne vise actuellement qu'à calmer les ardeurs des fonctionnaires du FMI...
a écrit le 19/09/2011 à 14:13 :
Une grandes parties des maisons grecquues ont été construites illégalement pour ne pas payer d'impôts :
pourquoi l'état grec ne les nationaliserait il pas (sans indemnisation ), après soit leurs ex-propriétaires les rachètent (au prix du manque à gagner fiscal), soit l'état grec les revends à d'autres, par exemple des retraités allemands ...
les fonctionnaires du fisc fraudaient allègrement (et encore c'est peut-être pas un passé révolu ), alors faire :
une prime pour les fonctionnaires qui dénonceraient les turpitudes de leurs collègues
une amnistie pour les fonctionnaires corrompus : ils auront seulement à rembourser l'argent utilisé pour les acheter s'ils se dénoncent eux mêmes, sinon, ce sera tout le manque à gagner pour le fisc,
et évidemment redressements fiscaux impitoyables pour tout ceux qu'on découvrira, particuliers et entreprises, qu'ils ont acheté des fonctionnaires
Réponse de le 19/09/2011 à 15:30 :
1- Pour nationaliser quelque chose, il faut savoir que ça existe ! Sans cadastre pas de preuve, pour faire un cadastre, il faut des fonctionnaires par les licencier etc...
2- Vous lancez simplement un appel à la délation, comme autant de l'occupation. Sauf que cette fois-ci "l'occupant" s'est les spéculateurs et les investisseurs étrangers...
3- Pourquoi l?Église ne paye pas d'impôt en Grèce, pourquoi les Armateurs ne payent pas d'impôts etc... La solution passe par l'équité contributive et la justice fiscale
a écrit le 19/09/2011 à 13:27 :
Nous avons laissé les généraux nous acheter assez d'armement pour refaire les conquêtes d'Alexandre le Grand, nous n'avons rie (voulu) voir, maintenant, en quelques années le Grec moyen doit économiser ce que les généraux ont dilapidé en des décennies?
Et le Père Noël, tu y crois?
a écrit le 19/09/2011 à 13:02 :
Soyons honnête, qui a vraiment envi d'aider la Grèce en sachant que c'est une pure perte assurée.
a écrit le 19/09/2011 à 12:38 :
Y a-t-il une différence entre des mesures supplémentaires à prendre pour compléter celles prises effectivement et le respect des engagements pris ? Le jeu de mistigris autour de l'irresponsabilité et de la défausse de la patate chaude entre FMI et UE est révélateur des lâchetés des élites pour faire payer leurs assujettis.
a écrit le 19/09/2011 à 11:50 :
Désormais les gréques doivent nous vendre des olives a trés bon prix sans les noyaux ,faut dire que jusqu'a présent ils nous vendaient des noyaux en nous faisant croire que c'était des olives...
a écrit le 19/09/2011 à 11:27 :
On l'a déjà dit et répété, la priorité c'est de mettre par terre l'économie souterraine grecque qui représenterait 25% au moins du PIB. La baisse du PIB qu'enregistre actuellement la Grèce, il n'est pas du tout certain que l'économie souterraine l'enregistre également. Donc il faut taxer les stocks (foncier, immobilier, commerces) à défaut de pouvoir taxer tous les flux. Et pas question d'épargner l'Eglise Orthodoxe, si elle ne peut pas payer eh bien qu'elle vende des biens. Par ailleurs, on attend toujours le résultat des mesures permettant de récupérer sans doute plusieurs dizaines de milliards d'euros qui ont été placés dans les paradis fiscaux par les fraudeurs.
Réponse de le 19/09/2011 à 12:00 :
+1
a écrit le 19/09/2011 à 11:21 :
Tout à fait d'accord ! Tous ces politicards et ces donneurs de leçons économico-financières sont incontrôlables et dangereux ! La parole au peuple !

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :