La zone euro reporte à nouveau le sauvetage de la Grèce

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La zone euro a décidé lundi de reporter à nouveau les décisions concernant un prêt crucial à la Grèce, à laquelle elle a demandé des efforts budgétaires supplémentaires mais dont elle a exclu un défaut de paiement et la sortie de la monnaie unique.

L'Eurogroupe envisage aussi d'accroître la force de frappe de son Fonds de secours pour pays en difficulté (FESF) afin de le rendre plus "efficace", mais sans augmenter son volume, a indiqué le président de ce forum des ministres des Finances de l'Union monétaire, Jean-Claude Juncker, à l'issue d'une réunion à Luxembourg. "Nous demandons à la Grèce d'accepter des mesures supplémentaires" en terme d'économies pour 2013 et 2014, allant donc au-delà de celles qui viennent d'être annoncées pour cette année et la prochaine, a averti Jean-Claude Juncker.

Malgré un projet de budget 2012 passant par une réduction drastique du secteur public, Athènes a déjà alimenté les craintes de défaut de paiement en annonçant dimanche que son déficit public serait ramené à 8,5% du PIB en 2011 mais resterait du coup au-delà de l'objectif initial de 7,4%. Craignant une faillite grecque avec de graves répercussions en Europe et dans Le Monde, les Bourses mondiales ont terminé lundi en forte baisse, Wall Street tombant même à son plus bas niveau depuis plus d'un an, tandis que l'euro a chuté sous 1,32 dollar pour la première fois depuis janvier. Les bourses asiatiques ont également ouvert mardi en forte baisse, Tokyo dévissant de 1,39%.

Jean-Claude Juncker a expliqué qu'une réunion de l'Eurogroupe, envisagée un temps pour le 13 octobre afin de débloquer une tranche de prêts internationaux de 8 milliards d'euros dont la Grèce a absolument besoin pour éviter la faillite, avait été "annulée", faute de pouvoir disposer de tous les éléments d'évaluation nécessaires à cette date.

"L'Eurogroupe prendra une décision finale dans le courant du mois d'octobre" sur la base des conclusions de la mission en cours des créanciers de la Grèce, la troïka (UE, Banque centrale européenne et Fonds monétaire international), actuellement à Athènes pour vérifier les progrès réalisés par le gouvernement. Néanmoins, Jean-Claude Juncker s'est voulu rassurant, affirmant que le pays serait "en mesure de remplir ses obligations" financières. "Un défaut de la Grèce sera évité", a-t-il encore assuré, ajoutant que "personne n'envisage une sortie de la Grèce de la zone euro".

De fait, la Grèce a indiqué qu'elle n'aurait pas besoin de financement pour éviter la faillite avant "la deuxième semaine de novembre", a précisé le ministre belge des Finances, Didier Reynders. "Il n'y a pas besoin d'une décision maintenant, ce qui fait qu'on attend le rapport complet de la troïka" pour décider du déblocage des 8 milliards d'euros.

Quant au deuxième plan d'aide à la Grèce, de 109 milliards d'euros, promis le 21 juillet, il a vu tomber un obstacle à sa concrétisation lundi: les membres de la zone euro sont parvenus à un compromis sur les garanties demandées à Athènes par la Finlande en échange de nouveaux prêts, sujet qui bloquait le dossier depuis des semaines. Au final, Helsinki obtiendra bien des garanties, mais assorties de conditions dissuasives pour tout autre pays qui voudrait suivre son exemple.

La réunion de lundi a également permis de préciser la position de l'Eurogroupe sur un autre outil essentiel pour éviter la contagion de la crise de la dette: le Fonds de secours pour pays en difficulté (FESF), qui a servi à aider l'Irlande puis le Portugal. La zone euro envisage d'accroître sa force de frappe afin de le rendre plus "efficace", comme le réclament avec insistance les Etats-Unis, mais refuse en revanche d'augmenter son volume, a indiqué Jean-Claude Juncker.

Un des moyens envisagés serait de recourir à l'effet de levier, un mécanisme financier fondé sur l'endettement de démultiplier sa capacité d'action. Plusieurs scénarios circulent : le FESF pourrait se transformer en banque et s'approvisionner auprès du guichet de la Banque centrale européenne BCE) sans aucune limite. Il pourrait également jouer le rôle d'assureur auprès des détenteurs de titres de dette et couvrir leurs pertes à hauteur de 20-25% si un Etat faisait défaut ou encore, servir à garantir les rachats de dette publique de la BCE, une mission qu'elle remplit à contrecoeur et qu'elle souhaite vite abandonner.

Les options impliquant la BCE ne devraient pas être celles privilégiées par la zone euro, a précisé lundi soir Jean-Claude Juncker, sans donner plus de détails.

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Commentaires
a écrit le 05/10/2011 à 11:25 :
et si le peuple grec ne tenait pas à etre sauve dans les conditions imposees?
a écrit le 04/10/2011 à 13:01 :
nos eurodirigeants ne comprennent toujours pas:la Grece est dans l'impossibilité matérielle de faire face a ses obligations.Tout le monde connait la solution(inéluctable)mais personne n'en touchera un mot:on ne parle pas de corde dans la maison d'un pendu
a écrit le 04/10/2011 à 7:56 :
La cour du roi Pétaud!
Les Grecs avaient absolument besoin des 8 milliards courant octobre, et maintenant c'est novembre... Seraient-ils menteurs?
Quant à l'acceptation des garanties pour les Finlandais, c'est une faute que l'Europe n'aura pas fini de regretter: on est solidaires ou on ne l'est pas.
a écrit le 04/10/2011 à 6:20 :
Blablabla, blablabla, c'est déjà fait en catimini !

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