Un G20 pour - presque - rien ?

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Quelques engagements mais peu de mesures concrètes, un "dossier grec" qui a vu s'éloigner le spectre d'un référendum sans pour autant régler tous les problèmes, une Italie en crise... ce G20 de Cannes n'a rassuré ni les marchés ni les acteurs.

Le sommet du G20 à Cannes s'est efforcé d'éviter une propagation de la crise grecque, en plaçant l'Italie sous la surveillance du FMI, sans toutefois se décider sur de nouveaux moyens financiers censés éviter au monde une nouvelle récession.

"Après avoir écouté nos partenaires européens ces deux derniers jours, je suis certain que l'Europe est en mesure d'être à la hauteur de ces difficultés", a déclaré le président américain Barack Obama à la clôture du sommet de ce club des principaux pays riches et émergents dans le sud-est de la France.

La Grèce a certes officiellement renoncé vendredi à son projet de référendum sur le plan destiné à la sauver, qui avait plongé lundi l'avenir de la zone euro dans l'incertitude et provoqué la stupeur des partenaires de l'Europe au sein du G20.

Mais entre-temps, la pression des marchés s'est accentuée sur l'Italie, troisième économie de la zone euro, quatrième emprunteur dans le monde, et principale cible des investisseurs en cas de propagation de l'incendie.

Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a donc fait appel, officiellement de son propre chef, au Fonds monétaire international (FMI) pour une "vérification publique" trimestrielle de la mise en oeuvre des mesures anti-crise de l'Italie. Il a ajouté avoir reçu, et refusé, une proposition d'aide financière du FMI, qui "n'est pas nécessaire".

L'écart entre le taux auquel empruntent l'Allemagne, bon élève de la discipline budgétaire, et l'Italie a atteint un nouveau record vendredi après-midi, signe de la perte de confiance des marchés dans Rome.

"Le problème", c'est "un manque de crédibilité des mesures qui ont été annoncées", a lancé la directrice générale du FMI Christine Lagarde pour justifier le rôle de son institution.

Les Européens espèrent par cette surveillance renforcer leur crédibilité, mise à mal par la crise grecque, face à leurs partenaires américain et des pays émergents.

Plus largement, les dirigeants des pays du G20, qui pèsent 85% de l'économie mondiale, ont examiné les moyens de renforcer les pare-feu indispensables pour éviter la contagion de cette crise de la dette qui mine l'Europe depuis près de deux ans.

Le G20 s'est ainsi engagé à "faire en sorte que des ressources supplémentaires puissent être mobilisées rapidement" par le FMI, selon la déclaration finale du sommet, qui renvoie une décision concrète à plus tard.

Plusieurs pays emmenés par les Etats-Unis sont réticents à graver un chiffre dans le marbre tant que la zone euro n'a pas ramené l'ordre chez elle, a relevé le membre d'une délégation. "Il y a beaucoup de pression sur la zone euro, de la part de nombreux pays", a expliqué de son côté un responsable britannique.

La chancelière allemande Angela Merkel a d'ailleurs reconnu que "pratiquement aucun des pays présents" n'avait encore "annoncé vouloir participer" au fonds de secours de la zone euro. "Cela dépendra de ses modalités", a-t-elle expliqué.

"Le G20, avec le vaudeville grec et italien et l'échec du FMI et de la Chine à venir au secours de l'Europe, a aggravé la crise de la zone euro", juge, sévèrement, Sony Kapoor, du think tank bruxellois Re-Define.

Les places boursières européennes ont d'ailleurs rechuté vendredi.

Les principales économies de la planète se sont engagées à ramener la croissance sur des fondements durables en s'efforçant de corriger les déséquilibres économiques mondiaux.

La Chine et l'Allemagne s'engagent ainsi à prendre des mesures pour soutenir leur demande intérieure afin de soutenir la croissance mondiale, en cas d'aggravation de la crise, selon le communiqué final du sommet du G20.

Le président Obama a de son côté salué la "détermination" de la Chine à augmenter la flexibilité du yuan, accusé d'être sous-évalué de manière articificielle pour favoriser les exportations chinoises au détriment des partenaires commerciaux de Pékin.

Sans avoir obtenu d'unanimité au sein du G20, en raison notamment de l'hostilité américaine, le président français Nicolas Sarkozy a souhaité qu'une taxe sur les transactions financières soit mise en place dans les pays de l'Union européenne (UE) "dès l'année 2012", une initiative qui se voit "reconnue" dans le communiqué final.

Il a assuré aussi que les "pays qui demeurent des paradis fiscaux" seraient "mis au ban de la communauté internationale". Une liste de onze pays qui ne respectent pas les normes internationales en la matière, dont la Suisse et le Liechtenstein, a été publiée.

Par ailleurs, les régulateurs ont identifié vendredi au total 29 banques dites d'importance "systémique", qui par leur taille représentent un danger pour l'ensemble de l'économie en cas de faillite, et vont leur imposer une série de mesures pour les renforcer.

Les dirigeants du G20 avaient tenté jeudi au premier jour de leur sommet sur la Côte d'Azur d'afficher un front uni face à la crise de la dette et aux soubresauts grecs qui risquent de déclencher, selon les termes de l'un d'eux, une "réaction en chaîne" pour l'économie mondiale.

Mais, même si le référendum a été finalement abandonné, l'issue de la crise politique et financière grecque restait vendredi soir incertaine avant un vote de confiance à haut risque au Parlement dans la nuit.

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Commentaires
a écrit le 21/12/2015 à 9:11 :
Qui bénéficie réellement des TAUX D'INTERETS des dettes PUBLIQUES des pays d'Europe et dans les autres Pays du MONDE.

En plus, qui doit quoi à qui.

A quand la remise à zéro de toutes les dettes PUBLIQUES.

Pour tous au 1er Janvier 2016.

Bravo.
a écrit le 06/11/2011 à 15:19 :
Les sbires d' Erard Corbin de Mangoux. seraient bien inspirés de lire les sites suisses suivants, menaçant la France:

http://www.cartonrougeducitoyen.ch/index.php/component/content/article/1-nouvelles-quotidiennes/1913-la-suisse-troisieme-bouc-emissaire-de-sarkozy-#comments

http://humoresques.blog.tdg.ch/archive/2011/11/05/europe-la-peur-des-peuples-libres-habite-sark
a écrit le 05/11/2011 à 16:03 :
Un sommet pour absolument rien! excepté pour les français: 30 à 40 millions ? à payer.
Merci, Sarkonaparte 1er ! Chers concitoyens; demandez à vos minables médias de calculer combien tous les rassemblements concoctés par notre malade mental président ont coûté depuis son élection en 2007? Tout cela pour sa grandeur et nous (peuple français) pour nous ridiculiser aux yeux du Monde Entier...
Jean-Claude Meslin: indigné et écoeuré depuis 30 ans
a écrit le 05/11/2011 à 12:45 :
pas tout a fait pour rien ce G20!!!! vous avez vu comme moi la SUPER prèsence de notre ministre alain juppe vous voyez même dans les grands évenements notre prèsident à besoin d'un véritable stratège !! Moi je vous dis que si les sondages sont au même niveau fin janvier il proposera à JUPPE de prendre sa place pour les élections de 2012 et cela cela serait une très bonne nouvelle pour la france ce que l'on à vu à cannes aucun journalistes n'en parle est pourtant moi cela ne m'a pas échappé quand pensez vous Mrs Mmes les journalistes ???
Réponse de le 05/11/2011 à 15:52 :
skippaco.
Un repris de justice à la tête de l'état ! Etes-vous tombé sur la tête! Pourquoi pas: Dominique-nique-nique Strauss-Khan! Jean-Claude Meslin: indigné depuis 30 ans
a écrit le 05/11/2011 à 8:25 :
Honte et colère
En tant que simple citoyenne n'ayant pas les compétences suffisantes pour donner un point de vue technique, ce très coûteux G vain qui devait nous « sauver » de la catastrophe qui plane sur nous depuis des années, me met mal à l'aise. Je suis partagée entre la honte et la colère. J'ai l'impression que nous venons de se voir imposer un One Man Show, écrit et réalisé par et pour Sarkozy passant tour à tour par le rôle de Merkozy, de Papandrézy, de Berluscozy et enfin de Obamazy. A aucun moment, ni les Grecs, ni les Espagnols, ni les Italiens, ni les Français et j'en passe, n'ont été pris en compte en tant qu'humains. Le plus choquant, a été cette privatisation des deux chaînes de télévision, au cours de laquelle la question cruciale a été de savoir si Obama éprouvait de l'amitié pour Sarkozy ou pas (Pujadas) ! Le summum de la honte ! Comment ramener la souffrance des peuples, la situation du monde à une question d'entente entre deux ambitieux qui n'étaient là que pour essayer de plaire et d'impressionner ! Les ego des dirigeants n'ont plus de bornes et la lucidité, l'humilité, la profondeur des actes, la sincérité, la simplicité, la force, qui devraient leur servir d'accoudoirs en tant que Chefs d?États respectables et rassurants, ont complètement disparus ! Quand les repères se perdent, l'anarchie est à craindre...
Réponse de le 05/11/2011 à 10:00 :
tout a fait..
Réponse de le 05/11/2011 à 10:45 :
entièrement d'accord sur la forme et le fond rien de nouveau sous le soleil la comedia d'el arte dans tout sa splendeur
a écrit le 04/11/2011 à 23:09 :
les marchés qui écrasent les politiques qui n'ont même plus de voix-en plus le peu qu'ils ont sont contradictoires-c'est donc les mafias internationales qui gèrent tout zvec de l'argent blanchi dans les pays qui les acueillent
a écrit le 04/11/2011 à 21:49 :
la gagnante c'est Christine qui voit le FMI recevoir de nouveaux moyens . Elle ferait une présidente de la république très convenable en ...2017 .
Sarko avait l'air crevé dans son show avec Obama .
Réponse de le 04/11/2011 à 23:12 :
Heu.... c'est à dire que c'est le bon vouloir des australiens, anglais, chinois, etc...
qui mettent au pot du fmi pour avoir un peut plus de poids au niveau internationnal qui pour le momment donne un pouvoir plus grand au fmi et donc à son chef!!
Mais les chefs, il partent un jour ou l'autre !!!!
a écrit le 04/11/2011 à 21:31 :
Et le fait que le G20 ait eu lieu à Cannes est tout un symbole : le G20, ce n'est que du cinéma !!!
a écrit le 04/11/2011 à 21:28 :
Un G20 pour rien, comme d'habitude. Les premiers G20 ont abouti à des annonces fracassantes ; fin des paradis fiscaux, promesses de régulation financière... Cela a donné de l'espoir... On a vu que ces promesses n'étaient que du vent, n'ont pas été tenues, donc on n'y croit plus. Et maintenant, le G20 n'est même plus capable de formuler des promesses... Il n'y a plus aucun contenu !
a écrit le 04/11/2011 à 21:03 :
Peut-être vais-je paraître bizarre, mais, pourquoi aurait-il dû "rassurer"...? Pour qui existe-t'il un péril?
Réponse de le 04/11/2011 à 21:51 :
Mais oui voyons, vous n'entendez pas ? Nous sommes en crise ! Si si, ce sont les marchés et les agences de notation qui l'ont dit !!!
a écrit le 04/11/2011 à 20:58 :
Qui bénéficie réellement des taux d'intérêts des dettes des pays d'Europe et dans les autres Pays. En plus, qui doit quoi à qui.

A quand la remise à zéro de toutes les dettes. Pour tous au 1er Janvier 2012.

Bravo.
Réponse de le 04/11/2011 à 21:30 :
Vous délirez. Remise à zéro de toutes les dette signifierait écroulement de toutes les banques, disparition de toutes les économies de tous les particuliers et de toutes les entreprises, écroulement total de tout le système financier. Une catastrophe sans précédent.
Réponse de le 04/11/2011 à 23:09 :
La catastrophe, ce ne serait pas la fin du système bancaire, et pas non plus celle des banquiers !!! Mais c'est que leur fin entraine la fin de l?économie réelle !
Et là c'est autre chose !
Réponse de le 04/11/2011 à 23:18 :
@gg : certes mais sans système bancaire, tout s'arrète, l'argent ne circule plus assez; un peu comme quand le sang ne circule plus dans un corps humain. Je suis d'avis de réformer très profondément le système bancaire et monétaire, mais de façon ordonnée, pas en démolissant tout brutalement, car alors ce serait le chaos.
Réponse de le 05/11/2011 à 12:48 :
Supression arbitraire des dettes = effondrement de tout le système financier = chaos, puis paralysie économique = pénuries variées = colère populaire = appel aux partis de l'ordre = régime politique autoritaire = répressions des déviants.
La Terreur, dans la France révolutionnaire, est en grande partie née de la famine causée par la contamination du système financier par les assignats sans valeur.
a écrit le 04/11/2011 à 20:51 :
Pour presque rien ce n'est pas vrai, ils ont fait beaucoup de vent, et déclenché d'épouvantables tempêtes dans le Midi de la France et dans le Nord de l'Italie. Dommage qu'ils n'aient pas eu le temps d'aborder l'éradication des déficits publics et des dettes publiques ! C'était le point le plus important, ce sera pour 2012...
a écrit le 04/11/2011 à 20:49 :
les pays riches et emergents dansle sud -est de la france???????

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