Syrie : neuf mois de révolte et plus de 5.000 morts

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Soulignant le nombre de victimes de la répression en Syrie, Navi Pillay, haut commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, a également pointé du droit la communauté internationale et déploré son inaction. France, Royaume-Uni et Allemagne semblent prêts à agir, mais pas la Russie.

"Aujourd'hui, j'ai rapporté le fait que le nombre (des morts) excède 5.000", a déclaré Navi Pillay, haut commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, lors d'un point de presse à l'issue d'une réunion du Conseil de sécurité. 5.000 personnes tuées depuis le début du mouvement de contestation du régime de Bachar al-Assad en mars dernier. Ce dernier aurait, toujours selon l'ONU, tué plus de 200 personnes rien que ces dix derniers jours.

Selon des diplomates interrogés par l'AFP et présents à la réunion du Conseil, la haut commissaire a dénoncé l'usage de la torture. "Des informations crédibles réunies par mon personnel démontrent une tendance à l'usage systématique et étendu de la torture lors des interrogatoires". Les violences visent également les enfants. "Tuer des enfants en les frappant ou en leur tirant dessus pendant les manifestations" est une pratique "largement répandue" tout comme "la torture et les mauvais traitements", a-t-elle ajouté.

Plus de 14.000 personnes ont en outre été arrêtées et 12.400 ont fui le pays depuis le début des troubles.

Pour elle, il est grand temps pour la communauté internationale d'intervenir. Mais le Conseil de sécurité ne parvient pas à trouver un consensus sur une résolution qui condamnerait la répression en Syrie. Une telle résolution prise le 4 octobre dernier a dû être jetée aux oubliettes après le veto le 4 octobre dernier de la Russie et de la Chine. Alliée du régime syrien, la Russie n'a toujours pas fléchi depuis. Bien que "troublé" par les propos de Navi Pillay sur l'étendue de la tragédie, Vitali Tchourkine, ambassadeur russe à l'ONU a réaffirmé sa position : "ce que la Russie a demandé, c'est le dialogue. Malheureusement nous avons vu certains membres-clés de la communauté internationale et du Conseil de sécurité changer de vitesse et se tourner vers le mode "changer de régime" (en Syrie), décourageant le dialogue à l'intérieur de la Syrie et entre la Ligue arabe et la Syrie" prévenant combien cela pouvait être "dangereux".

A l'inverse, le camp français, britannique et allemand semblent prêts à bouger.  "La France et d'autres membres du Conseil de sécurité considèrent que le silence du Conseil est un scandale", a déclaré l'ambassadeur de France à l'ONU. "Nous pensons maintenant que le Conseil de sécurité doit agir", a affirmé l'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant. "Il est intolérable que le Conseil soit condamné à demeurer silencieux", a renchéri l'ambassadeur allemand aux Nations unies Peter Wittig, dont le ministre des Affaires étrangères Guido Westerwelle s'était auparavant dit "choqué" par ce qu'il avait entendu de la situation en Syrie.

Elections municipales

C'est dans ce contexte de violence  que se sont déroulées lundi des élections municipales organisées par le régime de Damas. Plus de 14 millions d'électeurs étaient ainsi appelés aux urnes pour désigner leurs représentants. Selon les autorités, les élections municipales se déroulent en vertu de la nouvelle loi électorale pour "renforcer le principe de décentralisation", et se tiennent "à la date prévue conformément au programme de réformes". Damas s'est opposée à la présence d'observateurs internationaux.

Les pro-démocaratiques ont pour leur part appelé au boycott. Un opposant sous couvert de l'anonymat s'est dit "étonné" que des élections puissent se tenir dans un tel contexte. "Ces élections n'intéressent pas les villes qui se sont soulevées", a-t-il dit, en évoquant en particulier les habitants "terrés chez eux" dans certains quartier de Homs. Selon lui, le scrutin n'a pu se tenir que "dans des régions qui ne se sont pas encore soulevées contre le régime", en particulier à Alep (nord) et dans de nombreux quartiers de Damas.

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Commentaires
a écrit le 14/12/2011 à 1:07 :
et oui et la core de nord et on ne fait rien
a écrit le 13/12/2011 à 15:31 :
La Syrie n'y touchons pas, laissons les dans leur merde, on a vu le résultat ailleurs, évitons de faire le lit aux frères musulmans aujourd'hui qui demain seront des durs et purs de la charia...
a écrit le 13/12/2011 à 12:01 :
Il fallait dire 50.000 morts, de toute façon personne n'ira compter
a écrit le 13/12/2011 à 11:28 :
oui sur le papier c est pas mal aller liberer un peuple et tout ça mais la Syrie c est pas le Magreb si on frappe la Syrie on frappe l'Iran et par ricochet la Russie et la Chine attention la géostratégie ce n est pas une histoire de paladins à la blanche armure la réalité risque de nous entrainer dans une guerre potentiellement globale

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