L'euro décroche face au dollar et au yen

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La monnaie européenne a chuté sévèrement ce jeudi et s'affiche à son plus bas depuis seize mois face à la devise américaine, et depuis dix ans par rapport au yen, en raison d'inquiétudes persistantes au sujet des finances des pays européens. L'euro s'est arrimé sous 100,50 yens, un plancher inédit et tombé à 1,2866 dollar.

La crise de la zone euro fait chuter la monnaie unique. L'euro a glissé jeudi à son plus bas niveau depuis près de seize mois face au dollar, et à un nouveau plus bas depuis plus de dix ans face au yen, alors que le marché digérait les résultats d'une émission de dette très attendue en Italie et réussie de justesse.

Vers 12 heures GMT (13h à Paris), l'euro est tombé à 1,2866 dollar, son plus bas niveau depuis le 14 septembre 2010. A la même heure, il descendait à 100,11 yens, un niveau plus vu depuis juin 2001.

La monnaie unique creusait ses pertes après avoir violemment décroché la veille face à ces monnaies-refuge que constituent le dollar et le yen, pâtissant d'un regain de craintes sur la zone euro, et en particulier sur l'Italie, dont les perspectives budgétaires inquiètent.

Mais l'Italie se finance toujours au prix fort. Le Trésor italien a réussi jeudi à placer pour 7 milliards d'euros d'obligations à moyen et long terme et le taux de l'emprunt de référence à 10 ans (échéance 2022) a reculé sous le seuil critique des 7% (6,98%) par rapport à un record lors de la dernière émission de ce type fin novembre (à 7,56%). Mais Rome a limité volontairement les volumes placés sur le marché obligataire alors qu'il avait planifié de lever jusqu'à 8,5 milliards d'euros, et l'opération n'a pas semblé convaincre les cambistes.

"Les résultats de l'émission sont décevants, puisque la demande (des investisseurs) s'est avérée moindre qu'attendu, et que le montant émis n'a même pas atteint l'objectif visé initialement", a commenté Anita Paluch, analyste de la société financière Gekko Global Markets. "Cela n'aide pas l'euro, d'autant que de nombreux opérateurs sont absents des marchés cette semaine" en raison des fêtes de fin d'année, a-t-elle indiqué à l'AFP.

De faibles volumes d'échanges accentuent les moindres fluctuations sur le marché des changes, rendu ainsi beaucoup plus volatil. "Etant donné l'aggravation de la crise en zone euro, cette émission s'est relativement bien passée, mais les taux de la dette italienne à 10 ans reste à presque 7% et ce taux très élevé, déjà ingérable, devrait grimper si la crise persiste", a estimé de son côté Manoj Ladwa, courtier de ETX Capital. "L'Italie est un gros pays qui a plus de marges de manoeuvres que la Grèce n'en avait pour supporter un tel taux, mais désormais, on ne peut plus exclure un plan de sauvetage international pour l'Italie, si la situation (financière) du pays dégénère et que les ministres européens n'agissent pas plus activement" pour contrer la crise de la dette, a-t-il indiqué à l'AFP.

De son côté, le chef du gouvernement italien Mario Monti a, lui, jugé "plutôt encourageants" les résultats de ces deux dernières émissions obligataires du Trésor italien cette année, tout en soulignant que les "turbulences financières" ne pouvaient "pas être considérées comme terminées".

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a écrit le 07/01/2012 à 6:58 :
Un Euro fort ne profite qu'aux très grandes entreprises (donc surtout allemandes) qui ont énormément réinvesti les bénéfices réalisés dans la Zone Euro en dehors de celle-ci et surtout dans les anciens pays satellites de l'Union Soviétique et qui ne font pas partie de l'Union Monétaire Européenne.
Les coûts de la production dans ces pays étant avec un Euro fort moindre que dans la Zone Euro, ces entreprises ne font souvent qu'assembler, quelque fois même seulement dessiner les produits en Allemagne, ces produits soit disant « Made in Germany » sont par conséquent très concurrentiels et, grâce au sigle « Made in Germany » vendus cher, permettant ainsi de réaliser des gros bénéfices.
Le chômage des jeunes de 40% dans plusieurs pays de la Zone Euro en est le résultat.
Un Euro faible, par contre, rend ces produits importés plus cher, diminuant ainsi les marges de bénéfices de ces grandes entreprises et pénalisant la délocalisation.
L'augmentation éventuelle du prix du pétrole qui se paye en Dollars, serait, par rapport aux avantages d'un Euro justement évalué, négligeable. (Positif pour la protection de l'environnement, n'en déplaise aux constructeurs allemands de grosses cylindrées)
Je pense qu'un cour de change de 1 pou1 vis-a-vis du Dollar américain serait souhaitable.
L'inflation modérée qui pourrait en résulter devrait faciliter le désendettement des pays de l'UE en difficulté et permettre aussi un réajustement des salaires des fonctionnaires souvent trop élevés (pas d'augmentation malgré l'inflation).
a écrit le 29/12/2011 à 21:08 :
Le grand avantage du retour de l'Euro à un cours raisonnable c'est que les grandes entreprises seront moins tentée de délocaliser!
Les dégâts causé par un Euro surévalué, avec un chômage des jeunes de plus de 40% en Espagne et Portugal, 28% en Italie, un déficit de la balance commerciale française énorme, sont considérables.
Un Euro surévalué ne convient qu'à l'Allemagne parce-que beaucoup de produits "Made in Germany" sont en fait seulement assemblés en Allemagne, les composants sont importés de l'extérieur de la Zone Euro, en Euro donc plus chers.
a écrit le 29/12/2011 à 17:34 :
Bon nouvelle,une euro egale à une dollar c'est encore mieux,il y à encore le chemin à faire!
a écrit le 29/12/2011 à 12:41 :
l'euro baisse contre TOUTES les monnaies.....
il y a encore 2 ans, un euro valait presque 1.85 Dollar australien, aujourd'hui l'euro vaut 1.29 AUD.
il achetait presque 2.20 dollars néozélandais, auhourd'hui il achète péniblement 1.70 NZD. Il achetait 1.55 franc suisse, aujourd'hui il vaut 1.23 FS... contre le Yen japonais, plus de 100 Y contre un euro, aujourdh'ui 77Y,....contre la livre, une euro valait 90p, aujoud'hui on se dirige vers 80 p.....et oui, cela ne sert à rien de comparer l'euro contre le dollar car par rapport au Greenback, la baisse n'est que relative. Par contre contre TOUTES les autres devises, la baisse est réelle et constante depuis 2 ans....tiens, tiens, date à laquelle les Européens ont commencés à montrer au monde leur impuissance!
Réponse de le 29/12/2011 à 14:26 :
Artificiellement gonflé jusqu'à présent, l?euro trouve tout simplement sa place face aux dures réalités.
Réponse de le 29/12/2011 à 17:53 :
Certes, par rapport au dollar US, un cours de 1.25/1.30 me semble juste mais par rapport aux dollars antépodiens ( j'ai la chance de me rendre 1 fois l'an en OZ et NZ), je peux vous dire que le cours "'convenable à ppa) est de 1.75 pour l'OZ et 2 pour le kiwi... à ces taux là, la vie y est très chère pour l'européen moyen; très chère!
Réponse de le 29/12/2011 à 19:38 :
Et après?... c'est bien en dollars US que se font les échanges internationaux, non? pas en dollars australiens, néozélandais ou autres.

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