Au G8, les Etats-Unis veulent parler de la croissance

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Barack Obama estime que les dirigeants européens doivent adopter une "approche équilibrée" entre un soutien à court terme de la croissance et des réformes à long terme pour consolider les finances publiques.

Deux semaines après la victoire de François Hollande et en attendant les nouvelles élections législatives en Grèce, la crise européenne dominera le sommet du G8, qui s'ouvre ce vendredi soir à Camp David (nord-est des Etats-Unis), la résidence de campagne des présidents américains. Les dirigeants des principales économies mondiales (hormis la Chine) devraient notamment évoquer le débat sur la croissance qui agite l'Europe ces dernières semaines.

Cette rencontre sera donc l'occasion pour Barack Obama de prôner une "approche équilibrée" entre un soutien à court terme de la croissance et des réformes à long terme pour consolider les finances publiques. "Pas seulement de l'austérité mais aussi un soutien à la croissance et la création d'emplois", a résumé jeudi Jay Carney, le porte-parole de la Maison-Blanche. Le président américain partage ainsi "une vision assez similaire" avec son homologue français, note Heather Conley du Center for Strategic and International Studies.

Appels pour soutenir la croissance

Mais si les Etats-Unis saluent "l'évolution des discussions et du débat en Europe sur l'impératif de l'emploi et de la croissance", pas question de choisir "un camp ou un autre", souligne Tom Donilson, l'un des principaux conseillers du président américain. L'administration démocrate ne souhaite pas interférer sur les négociations entre les dirigeants européens, notamment entre Angela Merkel et François Hollande. Elle suit cependant de près l'évolution de la situation et ses éventuelles répercussions sur l'économie américaine, à moins de six mois du scrutin présidentiel.

"Les exportations vers l'Europe ne représentent que 15 % des exportations américaines, qui elles-mêmes ne constituent que 15 % du PIB", nuance Neil Dutta, économiste chez Bank of America. Reste que la reprise reste fragile aux Etats-Unis et que le marché de l'emploi montre des signes inquiétants de faiblesse. Sans compter l'impact de la crise européenne sur les marchés financiers, et donc sur la confiance des investisseurs.

La chancelière allemande pourrait se retrouver isolée au cours de ce G8, même si son entourage assure l'existence d'un accord entre les dirigeants européens "sur le fait que consolidation budgétaire et croissance ne sont pas contraires mais que l'une et l'autre sont nécessaires". David Cameron, le premier ministre britannique, et Stephen Harper, son homologue canadien, réclament en effet des actions plus fortes au sein de la zone euro. Et Mario Monti, le président du Conseil italien, se prononce également pour d'importantes mesures de soutien à la croissance et à l'emploi.  

Rencontre à la Maison-Blanche

Avant de rejoindre Camp David, François Hollande a été reçu ce vendredi midi à la Maison-Blanche, pour évoquer notamment sa volonté de retirer les troupes françaises d'Afghanistan d'ici à la fin de l'année. "Sur la croissance, le président Obama a pu marquer une convergence" de vues avec la France, a expliqué le président français. "Nous sommes d'accord sur le fait qu'il s'agit d'un problème extraordinaire important, pas seulement pour les Européens mais aussi pour l'économie mondiale", a renchéri Barack Obama.

Cet entretien de 45 minutes dans le Bureau ovale marquait le début d'un programme chargé: après un déjeuner avec Hillary Clinton, la secrétaite d'Etat américaine, le nouveau président français devait rencontrer la communauté française dans l'après-midi à l'Ambassade de Washington, avant de partir en fin de journée pour Camp David. Il s'envolera ensuite pour Chicago où il participera, dimanche et lundi, au sommet de l'OTAN.

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Commentaires
a écrit le 20/05/2012 à 22:05 :
Il y a peu de socialistes sur ce forum, mais je vais tout de meme essayer d'eduquer ceux qui y passent.
1 tout le monde veut la croissance
2 la croissance c'est la creation de richesse elle nee du travail, la croissance ne s'achete pas (dette) d'ailleurs la france l'a prouve pendat 30 ans

Donc l'idee stupide de faire de la dete ne fera que masquer temporairement les effets de la non croissance, mais le tas de dette sera de plus en plus important

Enfin, les US veulent que la France et surtout l'europe s'endettent... Pourquoi? (si vous ne savez pas ne votes plus jamais) deja car nos dettes nous permettront d'acheter leurs produits et donc creer leur croissance.... Et ensuite (plus complique mais essayez de rester avec moi) car si l'euro devenait une ou la monnaie de reserve les US s efondreraient completement et durablement.

Si vous avez tout compris ce que je souhaite, vous comprendrez a quel point ce cretin de Hollande pourrait nous mettre dans la merde si il n'etait pas si faible par rapport a angela
a écrit le 19/05/2012 à 19:58 :
Il serait intéressant de savoir si les membres du G8 ont la moindre idée de ce que la France dépense pour enrichir les riches grâce à un système de retraite dispendieux, ni la moindre idée non plus du nombre de semaines de congés payés à la charge des entreprises. Quand on veut de la croissance, on ne distribue pas le quart de ses dépenses sans aucune contre-partie et on se limite à un niveau supportable de réduction du temps de travail par rapport à ce qui se pratique dans la majorité des pays civilisés. Au cas où ils ne seraient pas au courant, on peut leur proposer de supprimer l'OCDE qui coûtr très cher et qui manifestement ne sert à rien.
a écrit le 19/05/2012 à 11:16 :
Mr Obama ne recherche en rien une réalité économique mais simplement de la relance démagogique aux frais des Européens surtout de l'Allemagne, seul pays ayant encore des fonds. Il en a désespérément besoin pour sa réélection et s'appuie sur un canard boiteux, le socialo François Le Normal qui commence mal son quinquennat en tentant de faire du chantage comme un petit mac sur la Chancelière. Celle ci est du bois trempé dont on fait les Thatcher et il se cassera ses petites mains à ce petit jeu. Il semble tout aussi mal conseillé que le fut Sarkozy. Comme un bleu qu'il est, il jouit de l'instant Obama mais les vrais problèmes l'attendent à Paris pas dans le Disney Obama World.
a écrit le 19/05/2012 à 11:09 :
Le mot croissance est à la mode, il s'agit d'un terme général dans lequel on peut mettre beaucoup de choses. Quoi qu'il en soit, la croissance de Obama et de Merkel est aux antipodes de celle de Hollande. De plus, celui-ci parle de croissance sans jamais nous dire comment il compte la réaliser, du flou comme d'habitude. Notons que le programme, qu'il espère appliquer en France est, plutôt, celui de la décroissance. La croissance est le fait de l'entreprise, à partir de ses bénéfices qui vont se réduire encore avec les taxes promises par le candidat Hollande...

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