Chine : la baisse des exportations a pénalisé l'activité manufacturière en mai

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Alors que la Banque mondiale a abaissé mercredi sa prévision de croissance pour la Chine en 2012, la banque HSBC a publié mercredi son indicateur de l'activité manufacturière dans le pays, en baisse pour le septième mois consécutif.

En Chine, la saison humide vient à peine de commencer mais les mauvaises nouvelles ne cessent de pleuvoir sur le pays. En mai, l'activité manufacturière s'y est de nouveau contractée, selon un indice provisoire publié jeudi par la banque HSBC, qui confirme une détérioration sur le plan des exportations. Il s'agit du septième mois de recul consécutif de cet indicateur. "L'indice PMI (Purchasing Managers Index) des directeurs d'achat de HSBC s'établit provisoirement à 48,7, contre 49,3 en avril et 48,3 au mois de mars", a indiqué la banque dans un communiqué. Un indice supérieur à 50 indique une expansion, et un chiffre inférieur à ce seuil une contraction.

La situation "appelle des mesures d'assouplissement économique plus audacieuses"

Cette nouvelle érosion de l'activité "reflète la détérioration dans le domaine des exportations", a commenté Qu Hongbin, principal économiste de la banque pour la Chine. "Cela appelle des mesures d'assouplissement économique plus audacieuses, étant donné que l'inflation continue à ralentir", a-t-il ajouté. Pour lutter contre le ralentissement de l'économie, Pékin devrait d'ailleurs accélérer le processus d'approbation des investissements d'infrastructure. La Fédération chinoise de la logistique et des achats (CFLP), une organisation proche du gouvernement, mesure de son côté son propre indice PMI des directeurs d'achat, qu'elle publie au début du mois suivant. Cet indice officiel avait lui noté une expansion de l'activité manufacturière en Chine en avril (53,3), contrairement à HSBC. Le chiffre pour mai ne sera disponible que dans une semaine. L'indice PMI de la CFLP fait la part plus belle aux grandes entreprises et sous-estime le poids des PME, avancent les analystes pour expliquer la différence entre les deux mesures.

La croissance à un plus bas en près de trois ans

Au premier trimestre, la croissance de la Chine est tombée à 8,1%, son niveau le plus bas en près de trois ans, en raison de la morosité de ses grands marchés à l'exportation que sont les Etats-Unis et l'Europe. Pékin table sur une croissance de 7,5% pour 2012, soit un taux bien inférieur aux deux années précédentes. En avril, la croissance de la production industrielle, des importations, des exportations, des investissements en capitaux fixes ainsi que le volume des nouveaux prêts avaient tous diminué. De son côté, la Banque mondiale a abaissé mercredi sa prévision de croissance pour le pays. En 2012, l'institution prévoit une progression du PIB chinois de 8,2%, contre 8,4% précédemment. L'économie continue donc de décélérer après une croissance de 9,2% en 2011 et de 10,4% en 2010.

Le gouvernement maintient ses mesures pour éviter les surcapacités

"La faiblesse de la zone euro a pour l'instant été le principal facteur tirant vers le bas le secteur des exportations en Chine", selon Zhu Haibin, de la banque J.P. Morgan. "Au plan intérieur, le ralentissement de la demande est principalement dû aux efforts du gouvernement pour répondre aux déséquilibres de l'économie", poursuit l'économiste, expliquant que ces déséquilibres se reflètent notamment dans la part très élevée des investissements par rapport à la consommation en Chine. Le gouvernement chinois garde pour l'instant en place des mesures restreignant l'investissement dans le secteur immobilier, craignant la formation d'une bulle spéculative. Il veut aussi limiter les projets dans l'automobile et la sidérurgie, où pourraient apparaître des surcapacités. "Tout ceci freine significativement l'économie à court terme", selon l'analyste de J.P. Morgan.

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Commentaires
a écrit le 24/05/2012 à 14:06 :
Là, en principe, si tout se passe selon la crise actuelle, le China dream va se casser la figure comme son équivalent American. Le concours est ouvert pour savoir ce qui est le plus dérangeant pour un pouvoir : un Américan armé d'automatiques ou dix ouvriers et paysans chinois armés de fourches...
a écrit le 24/05/2012 à 12:47 :
A mettre trop de temps à émerger, on coule.
Je sais c'est un peu exagéré mais la route a l'air d'être de moins en moins droite et la pente de plus en plus raide.
Réponse de le 24/05/2012 à 15:06 :
Je confirme, sans compter l'opacité des comptes chinois et de sa dette, pas mal de monde rêve de la chine, ils perçoivent la chine comme un pays sans prob, toujours dans le vert etc, elle jouit surtout de l'export et seule elle tiendra pas longtemps avec son maigre marché intérieur, c'est un monstre à l'international mais à l'intérieur elle est pauvre.
Réponse de le 24/05/2012 à 18:07 :
faux, il y 5 ans, tout les industriels revent de vendre en europe ou au usa. Mais le marché intérieur chinois s'est tres tres bien developper au point que c'est devenu le premier marché mondiale dans l'utomobile, la téléphonie mobile, etc

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