Le sentiment de déclassement progresse aux Etats-Unis... une bonne nouvelle pour Obama

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<b>Focus</b> : La proportion d'Américains qui se disent issus des classes moyennes inférieures et défavorisées a nettement augmenté sous la présidence de Barack Obama. Une épine dans le pied pour le président candidat américain ? Pas si sûr.

Le climat social n'est pas au beau fixe outre-Atlantique. D'après un sondage publié par le Pew Research Center et reposant sur le témoignage de 2.508 personnes adultes, 32% des Américains se placent spontanément dans les catégories classe moyenne inférieure et classe défavorisée. Il y a quatre ans, ils n'étaient que 25%. Signe que le sentiment de déclassement des Américains a continué de progresser depuis l'accession de Barack Obama à la fonction suprême. Alors, bonne nouvelle pour Mitt Romney, son opposant dans la course à la Maison Blanche ? Pas sûr... Car, plus que les espoirs de toucher du doigt le rêve américain, ce sont les attentes en matière de politique sociale qui ressortent de cette étude.

Le « Parti des pauvres »

Bien sûr, ces statistiques pourraient être vues comme un constat d'échec du point de vue du bilan pour Barack Obama. Mais sur le plan électoral, cela pourrait bien être un atout. En effet, un tiers des sondés, toutes catégories sociales confondues, considère que le Parti démocrate est le « Parti des pauvres », contre seulement 3% pour le Parti républicain. Un constat sans appel qui montre que lorsqu'ils rencontrent des difficultés financières, les Américains ont tendance à miser sur les démocrates.

Barack Obama, plus légitime sur les questions sociales

D'autant plus que la stratégie de Barack Obama sur la question est bien huilée. La semaine dernière, lors de la convention démocrate, la très populaire First Lady, Michelle Obama, a souligné le passé de travailleur social du président américain, et a rappelé qu'il avait lui-même connu des difficultés financières dans sa jeunesse. Un plan de communication qui vise à démontrer qu'il a connu les problèmes que rencontrent les Américains, et, qu'en défendant par exemple un système de santé qui permet aux plus démunis d'accéder à des soins, il n'a pas non plus oublié d'où il vient.

Le grand écart impossible de Mitt Romney

Jugé plus crédible par les Américains que Barack Obama sur les questions économiques, Mitt Romney, chef d'entreprise, milliardaire, et partisan de la rigueur budgétaire, fait cependant pâle figure sur les questions sociales face au "champion" du rêve américain. Et il ne pourra pas espérer rattraper son retard en cédant à son aile droite, qui désigne la population issue de l'immigration comme responsable de voler leurs emplois et leurs richesses aux « vrais Américains ». Pourtant, la part des blancs qui se disent pauvres a progressé de 23% à 31% ces quatre dernières années. Et celle des républicains est passée dans le même temps de 13% à 23%. Mais ce qui pourrait être perçu comme une aubaine pour le candidat républicain a tout du piège électoral. De fait, si Mitt Romney s'attaque aux immigrés, il se privera du vote des minorités, essentiel pour remporter cette élection.

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a écrit le 05/10/2012 à 18:39 :
Quand l'écart se creuse entre (pour simplifier), les riches et les pauvres, c'est la demande de protection qui l'emporte sur les considérations économiques, que ce soit aux US ou en France. Les démocrates américains ne sont pas des socialistes, mais comme en France, ils prennent en compte la réalité de la misère, et ils vont gagner les élections.Le rêve américain des républicains a du plomb dans l'aile, encore une décharge et l'aigle américain volera bientôt aussi bien qu'une poule de batterie.
a écrit le 05/10/2012 à 18:39 :
Quand l'écart se creuse entre (pour simplifier), les riches et les pauvres, c'est la demande de protection qui l'emporte sur les considérations économiques, que ce soit aux US ou en France. Les démocrates américains ne sont pas des socialistes, mais comme en France, ils prennent en compte la réalité de la misère, et ils vont gagner les élections.Le rêve américain des républicains a du plomb dans l'aile, encore une décharge et l'aigle américain volera bientôt aussi bien qu'une poule de batterie.

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