Mitt Romney sauvera-t-il le parti républicain?
Robert Jules
Robert Jules
Est-ce un signe du ciel ? Le retard d'un jour pris pour l'ouverture de la convention républicaine à Tampa, en Floride, en raison de la tempête Isaac, serait-il de mauvaise augure pour Mitt Romney qui doit encore séduire une partie des membres du Grand Old Party (Gop)?
En effet, nombre de ses potentiels électeurs restent méfiants à l'égard de ce chef d'entreprise millionnaire non pas tant sur ses compétences - les sondages lui donnent l'avantage face au président Barack Obama sur les questions économiques - que sur les questions sociales et de m?urs. L'ex-gouverneur du Massachusetts est par exemple en faveur de l'avortement et du contrôle des armes.
Des positions auxquelles s'oppose la base populaire du parti républicain, qui reste dominée par le conservatisme en matière sociale, l'anti-immigration, et la méfiance à l'égard de l'Etat fédéral, et de son élite.
Mitt Romney, qui est de religion mormone, compte sur son ticket avec Paul Ryan comme vice-président pour les rassurer. Le très catholique élu du Wisconsin à la Chambre des représentants jouit d'une forte popularité au sein du Tea Party, ce mouvement populaire qui a modifié en profondeur le parti républicain.
Or, cette position tranchée qui agrège une large part de l'électorat blanc populaire risque d'éloigner définitivement les électeurs des minorités ethniques : Latinos, Noirs et Asiatiques et de reconduire le président sortant.
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En effet, le chroniqueur américain Ronald Browstein a calculé que Barack Obama pourrait engranger comme en 2008 quelque 80% des votes de l'ensemble de ces minorités. En conséquence, cela oblige Mitt Romney à devoir attirer au moins 61% du vote blanc pour avoir une chance de l'emporter. Lors de l'élection de 2007, le vote blanc représentait, selon Brownstein, 74% de l'ensemble du vote.
Fait parlant, en 2008, trois Etats acquis de longue date aux républicains ont basculé en faveur de Barack Obama : il s'agissait du Nouveau Mexique, du Nevada et du Colorado, où la population d'origine d'Amérique latine est nombreuse.
Pire, le risque d'un éclatement du parti républicain, notamment si Mitt Romney échoue, est réel. La radicalisation qu'il connaît sous l'aiguillon du Tea Party, qui redoute le prix à payer pour l'intégration des immigrés, en particulier des « Latinos », va l'affaiblir en raison de l'évolution démographique.
Car si aujourd'hui les Blancs représentent quelque 63% de l'ensemble de la population des Etats-Unis, les projections prévoient qu'à l'horizon 2040 cette part descende à 50%.
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Aussi, pour le parti républicain, il est vital que son programme intègre des mesures qui peuvent attirer les minorités sous peine de se marginaliser ou d'éclater. La convention de Tempa ne semble pas en prendre le chemin.
Robert Jules
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